Critique : The Green Inferno

C’est dans son genre de prédilection que l’on retrouve le réalisateur Eli Roth (Cabin Fever, Hostel – Chapitre I & II, et plus récemment Knock Knock) et plus particulièrement le film anthropophage, un cinéma que chérit le cinéaste américain. Le film est d’ailleurs dédié à Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust, Le Dernier monde cannibale, Amazonia : la jungle blanche) qui fit un petit caméo au sein de Hostel – Chapitre II où il incarne un anthropophage qui déguste de la chair humaine dans une ambiance raffinée avec des couverts d’argent.

Etripe-moi si tu peux

Pour The Green Inferno, Eli Roth porte plusieurs casquettes, celles de producteur, réalisateur et co-scénariste. La sortie du film a été repoussée de plus d’un an après les soucis financiers d’Open Road, le distributeur américain, alors que la promo était déjà lancée (bande-annonce, affiches, …)
Après moult rebondissements, The Green Inferno a fini par avoir une date de sortie pour les Etats-Unis. En France, le film fut présenté au Festival de Deauville en sélection officielle. Il faudra malheureusement se contenter d’une distribution en e-Cinéma à partir du 16 octobre pour découvrir le nouveau cauchemar d’Eli Roth !

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Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile, les considérant comme des envahisseurs…
Pour les besoins du film, l’équipe de tournage s’est rendue au Chili et au Pérou, durant l’automne 2012, au même endroit que Werner Herzog pour Aguirre, la colère de Dieu. Une autre partie du tournage s’est déroulée à New York. Eli Roth et son équipe ont proposé aux autochtones de participer au tournage en tant que figurants. Ils n’avaient jusqu’alors jamais vu la moindre caméra ni film de leur vie. Le réalisateur s’est alors doté d’une télévision et d’une copie de Cannibal Hollocaust et a entrepris de leur faire découvrir le cinéma. Ravis, les villageois ont accepté de se lancer dans l’aventure. Les conditions de tournage furent rudes. Il n’y avait ni eau courante, ni électricité. Le tournage eut recours à 3 caméras parfois à cause des conditions pénibles. Du coup, pas de place à la préparation et place au direct.

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Même si le pitch du film paraît minimaliste, le réalisateur réactualise l’histoire autour de ce groupe de jeunes étudiants, bons samaritains humanitaires qui adorent partager leurs louables actions sur les réseaux sociaux (facebook, twitter). Par pure vanité ils s’intéressent plus à la célébrité générée par la défense d’une cause que la cause elle-même. The Green Inferno est un contre-pied de Hostel où les héros partent à l’étranger pour aider les autres et non les exploiter. Mais les deux films débouchent sur un même final où ils se retrouvent plongés au cœur d’une horreur qui les dépasse. Avec The Green Inferno, le réalisateur parvient à ressusciter un genre disparu. Le film dans son ensemble reste inégal, ce qui lui empêche d’atteindre un statut culte. Après une première partie distendue avec la présentation des personnages, le film parvient enfin à trouver de la saveur en terre amazonienne au sein de la tribu grâce à un bon retournement de situation où le leader du groupe d’activistes révèle son véritable visage. Ironiquement, un crash s’en suit pour laisser place à une véritable boucherie où Eli Roth s’en donne à cœur joie. Dommage cependant que le film ne présente finalement que peu de séquences de carnage même si celles-ci restent sévèrement efficaces. L’aspect creux des personnages et de certains de ses interprètes ne sont pas vraiment convaincants. Ajoutons à cela une esthétique des plus négligées – la lumière est d’une platitude désolante et le point est de nombreuses fois perdu. Cela conforte l’amateurisme non assumé du film qui fait contre-pied au réalisme frappant des scènes gores et d’un genre que le réalisateur actualise efficacement tout en conservant sa touche personnelle avec une place à l’humour et le décalage dont une séquence totalement hallucinante durant laquelle une des filles est prise d’une crise de diarrhée aiguë. Au final, The Green Inferno se rapproche moins de Cannibal Holocaust que de Le Dernier monde cannibale ou Amazonia : la jungle amazonienne.

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Alors que le film n’est pas encore sorti chez nous, une suite est d’ores et déjà prévue. Cette dernière devrait s’intituler Beyond the Green Inferno avec Nicolas Lopez derrière la caméra.

3 étoiles

 

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The Green Inferno

Film américain
Réalisateur : Eli Roth
Avec : Lorenza Izzo, Ariel Levy, Aaron Burns, Kirby Bliss Blanton
Scénario de : , Eli Roth
Durée : 100 min
Genre : Horreur, Thriller
Date de sortie en France : 16 octobre 2015 (VOD)
Distributeur : Wild Side

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Jean-Christophe

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