Critique : Knock Knock

Depuis Hostel – Chapitre II, Eli Roth a délaissé la réalisation au profit de la production et d’apparitions dans une poignée de films. 2015 marque son retour derrière les caméras avec les sorties consécutives de Knock Knock, un remake de Death Game, ainsi que The Green Inferno, tourné en 2013 et dont la sortie en France se limitera au territoire immatériel de la VOD. Ici, peu de place aux effusions de sang pour un thriller psychologique et sulfureux loin d’être désagréable malgré de vilaines lacunes.

Femmes fatales

Toc toc toc, voilà deux pépées trempées à la porte d’Evan (Keanu Reeves), un quadragénaire qui aurait pu quitter son domicile avec sa femme et ses enfants pour quelques jours de congés si seulement son travail d’architecte ne l’avait pas retenu au dernier moment. Serviable, Evan vient en aide sans arrière-pensée aux demoiselles qui se sont égarées en route pour une fête. D’emblée, une tension sexuelle se construit, car outre des vêtements taillés pour mettre en valeur leurs formes, Genesis (Lorenza Izzo) et Bel (Ana de Armas) draguent ouvertement ce mari privé de sexe par sa bien-aimée depuis trois semaines. Peu décidées à quitter les lieux, les deux filles parviennent à faire déraper Evan sous les yeux omniprésents des siens, les photos de famille occupant chaque pièce de la vaste demeure où règnent aussi les créations artistiques de l’épouse. Le lendemain de cette inattendue nuit torride, Evan retrouve les filles dans la cuisine sens dessus dessous. Alors qu’il les prie de partir, Genesis et Bel avouent être mineures et le menacent d’appeler la police pour viol. De l’argent, elles n’en veulent pas. Débute une bataille psychologique et physique où Evan se retrouve inexorablement dominé.

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Dans le sous-genre du « home invasion », Knock Knock est loin d’atteindre le niveau d’inconfort d’un Funny Games, mais sa faiblesse principale ne réside pas dans l’écriture mais son acteur central, Keanu Reeves, livrant une performance pour le moins médiocre et parfois risible – la scène du jeu télévisé où les filles s’attaquent à ses oreilles d’ancien DJ. Pour contrebalancer, les deux comédiennes qui lui tiennent tête campent parfaitement leurs rôles de diablesses sexy et détraquées, véritables poisons contaminant en l’espace de quelques heures la vie de l’architecte. Le duo blonde/brune touche parfois au délicieux trouble en abordant les intentions de chacune, mais le film n’effleure que trop peu cette ouverture. On pourra d’ailleurs regretter que dans sa lancée, ce thriller ne s’engage pas sur des routes plus tortueuses, campant son bras de fer initial où l’infidélité (forcée) d’Evan anime l’action jusqu’à son acte final où l’on retrouve le soupçon d’ironie cher à Eli Roth. Avec son atmosphère délétère et sa mise en scène soignée, Knock Knock se positionne comme un thriller relativement réussi où le créateur des Hostel recule sur le gore au profit d’un suspense résolu. Avec un premier rôle masculin plus solide, le film aurait sans nul doute décuplé son petit effet.

3 étoiles

 

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Knock Knock

Film américain
Réalisateur : Eli Roth
Avec : Keanu Reeves, Lorenza Izzo, Ana de Armas, Aaron Burns
Scénario de : , Nicolás López, Guillermo Amoedo
Durée : 99 min
Genre : Thriller
Date de sortie en France : 23 septembre 2015
Distributeur : Synergy Cinéma

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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