Critique : La Prophétie de l’horloge

Eli Roth délaisse son penchant pour le gore en réalisant son premier film familial, La Prophétie de l’horloge, sous l’égide de la mythique société Amblin Entertainment. Adaptation d’un roman de John Bellairs, ces aventures d’un orphelin apprenti sorcier manquent cruellement de panache et d’ingéniosité pour séduire.

Mécanisme rouillé

Quand on compte dans sa filmographie des films tels que Cabin Fever, Hostel ou encore Green Inferno, le simple fait de s’essayer au film fantastique familial suscite la curiosité, et d’autant plus lorsque des comédiens comme Jack Black, Cate Blanchett et Kyle MacLachlan sont à l’affiche – bien que le comédien fétiche de David Lynch ne soit pas sur l’affiche, littéralement parlant !  Une œuvre dont le roman d’origine est adapté par le créateur de la série Supernatural Eric Kripke. Du beau monde, en somme. La Prophétie de l’horloge développe une histoire de malédiction autour d’un orphelin, Lewis (Owen Vaccaro), qui part vivre chez son oncle à la suite du décès de ses parents dans un accident. Son oncle, Jonathan Barnavelt (Jack Black), est un magicien qui vit dans une demeure peuplée de créatures fantastiques : un fauteuil se comportant comme un animal domestique, un arbuste qui n’est autre qu’une chimère, et d’autres créatures étranges dans un lieu à la fois inquiétant et enchanteur, sans animosité réelle. Il y a pourtant une affaire que doit régler Jonathan avec l’aide de Florence Zimmerman (Cate Blanchett), localiser une mystérieuse horloge dont le tic-tac pourrait annoncer le pire. Décédé dans d’étranges circonstances, l’ancien propriétaire et ami de Jonathan, le grand Isaac Izard (Kyle MacLachlan), ne peut pas apporter son aide… Récit initiatique, qui confronte un enfant ostracisé dans son nouvel établissement par son look et ses passions, La Prophétie de l’horloge s’avère tout d’abord poussif malgré l’application apporté à la direction artistique, avec de superbes décors de Jon Hutman et costumes soignés de Martha Stewart. Seule la musique de Nathan Barr pêche par sa banalité et Owen Vaccaro, la tête de l’emploi pour le rôle, se montre assez lisse face à un Jack Black toujours aussi bonhomme et une Cate Blanchett quelque peu égarée malgré la classe insufflée à son personnage.

L’aventure souffre d’abord par son mystère si chétif, sa menace si peu engageante tandis que le petit Lewis s’améliore dans son apprentissage de la sorcellerie, à défaut de former de vraies amitiés à l’école qui le conduiront à commettre une grave erreur. Lors de la libération de forces maléfiques, le film tourne alors au cirque désolant, dans lequel MacLachlan, horriblement grimé, trouve probablement le rôle le plus insipide de sa carrière. Les créatures s’emballent mais le plaisir cinématographique tend vers le zéro pointé : filmé avec une platitude que les effets numériques ne peuvent compenser, ce long métrage expose probablement les plus grandes lacunes d’Eli Roth comme metteur en scène. Sans aucune originalité sur les thématiques du deuil, de la famille et de l’amitié, La Prophétie de l’horloge tient de ses ratés qui n’ont guère leur place dans une salle de cinéma à l’heure des sorties directement en vidéo. Une œuvre d’abord insignifiante, avant de devenir tout à fait pénible dans son acte final. La Prophétie de l’horloge ou comment perdre 105 minutes au cours d’un tour tout mou !

1.5 étoiles

 

La Prophétie de l’horloge

Film américain
Réalisateur : Eli Roth
Avec : Owen Vaccaro, Jack Black, Cate Blanchett, Kyle MacLachlan, Renée Elise Goldsberry, Colleen Camp, Sunny Suljic, Lorenza Izzo
Titre original : The House with a Clock in its walls
Scénario de : Eric Kripke, d’après le roman éponyme de John Bellairs
Durée : 105 min
Genre : Fantastique, Famille
Date de sortie en France : 26 septembre 2018
Distributeur : Universal Pictures International France

 

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. pour les enfants non pour les ados peut être ; pour les adultes c’est complètement nul … Pauvre MacLachlan … !

    on a du sortir du ciné au bout de 20mn 🙁
    bizarre qu’il n’y ait pas d’avertissement sur l’âge limite …

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