Test Blu-ray : Saint Laurent

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Fiche Technique :

Saint Laurent (2014) réalisé par Bertrand Bonello
Avec : Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel, Léa Seydoux, Aymeline Valade, Amira Casar, Helmut Berger, Valeria Bruni Tedeschi
Durée : 150 min
Genre : Biopic, Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Français DTS-HD Master Audio 5.1 et audiodescription en DTS-HD MA 2.0
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Format d’image : 1.85:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Fox Pathé Europa

 

Synopsis :

1967 – 1976. La rencontre de l’un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.

Le film :

Yves Saint Laurent par Bonello, ce sont des somptueux fragments de tissus, comme si chaque épisode, chaque anecdote – parfois en apparence anodine – furent choisis après un long travail de réflexion journalistique. Le film débute d’ailleurs sur Yves Saint Laurent se confiant au téléphone avec un journaliste et se conclue avec un groupe de reporters qui comprend dans leur rang Bertrand Bonello. Mais contrairement au biopic réalisé par Jalil Lespert, prévalant pour les belles performances de Pierre Niney et Guillaume Gallienne, ce long métrage n’a aucune volonté de retracer (platement) toute une vie. C’est un portrait concentré sur une dizaine d’années, la période faste d’Yves Saint Laurent, de 1967 à 1976. Dans le rôle titre, Gaspard Ulliel impressionne avec la modestie que l’on attend du personnage. Posture, intonation, gestuelle : Ulliel s’est glissé dans la peau du couturier comme dans un gant. Si d’aucuns peuvent préférer Gallienne et son jeu plus maniéré que Jérémie Renier pour camper Pierre Bergé, la retenue de l’acteur belge s’avère peut-être plus intéressante, notamment dans les moments d’intimité. L’intimité, probablement ce qui caractérise le plus ce long métrage, introspectif sans être replié sur son sujet – au contraire, il embrasse aussi son époque –, se déroulant sans itinéraire balisé, si ce n’est celui dicté par l’humeur et les actions de ses deux figures centrales. Saint Laurent sonde l’artiste, le mondain, le collectionneur et l’amant, au travers de ses rencontres, d’abord la muse, Betty (Aymeline Valade), une source d’inspiration et collaboratrice, Loulou (Léa Seydoux), et un amant fragilisant la relation avec Pierre Berger, Jacques de Bascher (Louis Garrel). On plonge dans ce film comme on s’enfonce dans la nuit, phrase susurrée lors d’une escapade nocturne de Saint Laurent : c’est à la fois beau et effrayant. Comme le couturier, Bonello cherche à innover, à ne pas s’enfermer dans son style, son identité. Dotée d’une photographie sublime et d’un sens de la mise en scène raffiné, Saint Laurent met en valeur l’œuvre du couturier au travers de ses créations mais aussi de ses petits gestes qui en font un grand. Loin de l’hagiographie, le film tourne parfois au cauchemar éveillé, à renfort de scènes de défonce, de sexe et de violence refoulée. Dans une dernière partie audacieuse, le film se libère de sa chronologie pour mettre en parallèle la collection de 1976, la préférée du créateur, avec ses derniers jours, où Helmut Berger succède à Gaspard Ulliel. Somptueux, lascif, crépusculaire et vibrant, Saint Laurent est une œuvre sur un amoureux des hommes et des femmes, des couleurs et des formes, de la matière et des souvenirs. Un artiste.

A lire aussi : la découverte du film durant le Festival de Cannes.

Bande annonce :

 

Le Blu-ray

– Image :

Tourné judicieusement en 35 mm, pour avoir une matière, un grain, Saint Laurent est une merveille plastique signée Josée Deshaies. Il fallait donc que ce blu-ray soit à la hauteur du travail effectué pour ce magnifique portrait du couturier, retrouver les couleurs de ses créations, embrassées par les projecteurs ou bien à la lumière vierge de l’atelier, retrouver l’atmosphère des boites de nuit, des errances nocturnes où les visages s’effacent dans les ténèbres, retrouver la précision du coup de crayon qui précède tout coup de ciseau. Eh bien tout est là, dans toute sa splendeur, sur un blu-ray qui ne flanche jamais sur ses hautes qualités techniques, dans chaque plan, quel que soit l’éclairage ou la dominance des couleurs. Sublime.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Complète, la partie audio propose un magnifique 5.1 en DTS-HD ainsi qu’une piste en audiodescription – et des sous-titres sont également disponibles. De quoi rendre le film accessible à tous. Et si les oreilles les plus attentives noteront parfois une faible présence des basses fréquences sur la piste principale, le dynamisme, la spatialisation équilibrée et la clarté du canal consacré aux voix font de Saint Laurent une expérience auditive souvent remarquable de finesse.

– Bonus :

– Rencontre avec Bertrand Bonello (1 min 37)
– Rencontre avec les personnages (2 min 24)

 

Film :
4 étoiles
Image:
5 étoiles
Son :
4.5 étoiles
Bonus :
1 étoile
Avis Global :
3.5 étoiles
Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Très belle critique et test alléchant. J’ai été totalement envoûté par l’élégante et mélancolique version de Jalil Lespert aussi après vous avoir lu je suis curieux de voir ce qu’en a fait le brillant cinéaste de L’Apollonide…

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