Cannes 2017 : Sélection officielle et premières promesses

Jeudi 13 avril 2017 à 11h s’est tenue la fameuse conférence de presse de Thierry Frémaux et Pierre Lescure, le délégué général et le président du Festival de Cannes qui fête cette année sa 70ème édition. Soit une première vague d’annonces d’une cinquantaine de films alléchants. Retrouvez ici un premier point sur la Sélection Officielle, avec la liste complète des films en compétition, hors compétition, les séances spéciales, Un Certain Regard et les séances de minuit – mise à jour de cet article au fil de ajouts ultérieurs. Une conférence suivie sur internet.

Cette année, la première polémique a été lancée bien avant la conférence de presse annuelle, avec la découverte de l’affiche de cette 70ème édition présentant une Claudia Cardinale énergique mais drôlement amaigrie par rapport au cliché original. La toile s’est naturellement insurgée jusqu’à se retrouver perplexe face à la réponse de la comédienne, non mécontente d’avoir perdu plusieurs tours de taille pour représenter la légèreté, épouser un aspect aérien. Surprenante réponse à notre époque où le diktat de la maigreur maladive pousse des femmes aux pires souffrances…

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes depuis 2014, prend la parole en premier. Il évoque le changement de gouvernement – raison du décalage du festival –, mais offre aussi la parole rapidement à Thierry Frémaux, sans s’attarder sur les sponsors habituels du festival – une vraie nouveauté ! Alors que Thierry Frémaux a publié il y a quelques semaines Cannes Confidentielle, ouvrage nous conduisant dans les coulisses de la sélection 2016, Pierre Lescure annonce l’édition d’un nouvel ouvrage consacré au Festival de Cannes, Ces années là, composé de 70 chroniques de journalistes du monde entier.

Thierry Frémaux présente des programmes de la première édition du festival.

Thierry Frémaux signe sa 10ème sélection pour le festival, une sélection « bouclée la veille à 3h du matin » car les films achèvent leur post production au dernier moment, et, bien entendu, il y a certains « abonnés » qui répondent à l’appel – il faudra toujours répondre à ceux qui critiquent la présence de grands cinéastes dans ce grand festival, ce qui est absolument absurde !
Pour rappel, la présentation d’un long métrage est libre à tout cinéaste, et cette année, c’est encore un record puisque 1930 longs métrages ont été reçus. 29 pays sont représentés par la Sélection officielle, avec 9 premiers films et parmi la liste des 49 films présentés en ce jour, on compte 12 réalisatrices.

Les événements

Kyle MacLachlan retrouve le costume de Dale Dooper dans la saison 3 de Twin Peaks

Le festival de Cannes a été un précurseur du cinéma numérique dès 2002 et chercher à maintenir ce cap avec une place offerte à la réalité virtuelle. Ainsi, le court métrage en VR CARNE Y ARENA d’Alejandro G. IÑÁRRITU sera accessible au cours du festival. La saison 2 de la série TOP OF THE LAKE, de Jane CAMPION et Ariel KLEIMAN sera présentée, tout comme les deux premiers épisodes de la saison 3 de TWIN PEAKS de David LYNCH. Kristen STEWART présentera aussi son premier court métrage, COME SWIM, et la compilation de 24 courts métrages du regretté Abbas KIAROSTAMI, 24 FRAMES permettra de découvrir l’ultime oeuvre – expérimentale – du cinéaste iranien.

Séances spéciales

AN INCONVENIENT SEQUEL de Bonni COHEN & Jon SHENK
12 JOURS de Raymond DEPARDON
THEY de Anahita GHAZVINIZADEH (Premier film)
KEUL-LE-EO-UI KA-ME-LA (CLAIR’S CAMERA) de HONG Sang-soo
PROMISED LAND de Eugene JARECKI
NAPALM de Claude LANZMANN
DEMONS IN PARADISE de Jude RATMAN
SEA SORROW de Vanessa REDGRAVE
LE VÉNÉRABLE W. de Barbet SCHROEDER (ajout du 27 avril)
CARRÉ 35 d’Éric CARAVACA (ajout du 27 avril)

Séances de minuit

AK-NYEO (THE VILLAINESS) de JUNG Byung-Gil
BULHANDANG (THE MERCILESS) de BYUN Sung-Hyun
PRAYER BEFORE DAWN de Jean-Stéphane SAUVAIRE

Hors compétition

MUGEN NON JŪNIN (BLADE OF THE IMMORTAL) de MIIKE Takashi
HOW TO TALK TO GIRLS AT PARTIES de John Cameron MITCHELL
VISAGES, VILLAGES de Agnès Varda & JR
D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE de Roman POLANSKI (ajout du 27 avril)

Séance des enfants

ZOMBILLÉNIUM d’Arthur DE PINS et Alexis DUCORD (ajout du 27 avril)

Un certain regard

« Wind River » de Taylor Sheridan

BARBARA de Mathieu AMALRIC (Film d’ouverture)
A NOVIA DEL DESIERTO (LA FIANCÉE DU DESERT / THE DESERT BRIDE) de Cecilia ATAN & Valeria PIVATO (Premier film)
TESNOTA (ÉTROITESSE) de Kantemir BALAGOV (Premier film)
AALA KAF IFRIT (LA BELLE ET LA MEUTE) de Kaouther BEN HANIA
L’ATELIER de Laurent CANTET
FORTUNATA (LUCKY) de Sergio CASTELLITTO
LAS HIJAS DE ABRIL (LES FILLES D’AVRI) de Michel FRANCO
WESTERN de Valeska GRISEBACH
POSOKI (DIRECTIONS) de Stephan KOMANDAREV
OUT de Gyorgy KRISTOF (Premier film)
SANPO SURU SHINRYAKUSHA (BEFORE WE VANISH) de Kiyoshi KUROSAWA
EN ATTENDANT LES HIRONDELLES (THE NATURE OF TIME) de Karim MOUSSAOUI (Premier film)
LERD (DREGS) de Mohammad RASOULOF
JEUNE FEMME de Léonor SERRAILLE (Premier film)
WIND RIVER de Taylor SHERIDAN (Premier film)
APRÈS LA GUERRE (AFTER THE WAR) de Annarita ZAMBRANO
LA CORDILLERA de Santiago MITRE (ajout du 27 avril)
WALKING PAST THE FUTURE de LI Ruijun (ajout du 27 avril)

Sélection officielle

« Radiance » de Naomi Kawase

LES FANTOMES D’ISMAEL de Arnaud DESPLECHIN (Ouverture, Hors compétition)
NELYUBOV (LOVELESS) de Andrey ZVYAGINTSEV
GOOD TIME de Benny SAFDIE & Josh SAFDIE
YOU WERE NEVER REALLY HERE de Lynne RAMSAY
L’AMANT DOUBLE de François OZON
JUPITER’S MOON de Kornél MANDRUCZÓ
A GENTLE CREATURE de Sergei LOZNITSA
THE KILLING OF A SACRED DEER (MISE À MORT DU CERF SACRÉ) de Yorgos LANTHIMOS
HIKARI (RADIANCE) de Naomi KAWASE
GEU-HU (THE DAY AFTER) de HONG Sang-soo
LE REDOUTABLE de Michel HAZANAVICIUS
WONDERSTRUCK de Todd HAYNES
HAPPY END de Michael HANEKE
RODIN de Jacques DOILLON, dans lequel joue Vincent Lindon
THE BEGUILED (LES PROIES) de Sofia COPPOLA
120 BATTEMENTS PAR MINUTE de Robin CAMPILLO
OKJA de BONG Joon-Ho
AUS DEM NICHTS (IN THE FADE) de Fatih AKIN
THE MEYEROWITZ STORIES de Noah BAUMBACH
THE SQUARE de Ruben ÖSTLUND (ajout du 27 avril)

Cannes Classics

Découvrez la liste des films projetés dans le cadre de Cannes Classics sur le site du festival.

Un premier constat

La conférence s’achève par quelques questions des journalistes, on y évoque l’absence de films chinois et indiens. Frémaux n’a pas vraiment de réponse à apporter – petit moment de flottement comique –, mais il reste un peu d’espoir pour ces pays avec les ajouts de dernière minute. A propos de la sécurité, le même dispositif que l’an passé sera reconduit – dispositif des plus solides pour l’accès aux bâtiments mais qui laisse un peu à désirer pour gérer les mouvements de foule aux abords du palais lors des montées des marches malgré la présence assez massive des forces de l’ordre.

La 70ème édition du Festival de Cannes, qui doit encore nous révéler ses sélections parallèles avec la Quinzaine des réalisateurs, La Semaine de la Critique et l’ACID dans une dizaine de jour, promet déjà d’être un événement particulièrement fort. L’éclectisme est toujours de mise, avec oui, ces cinéastes que l’on est habitué à voir dans telle ou telle sélection, mais comment bouder son plaisir de découvrir leurs nouvelles œuvres là-bas ? Impossible de ne pas trépigner d’impatience quant à l’utilisation de la réalité virtuelle par Iñárritu avec le court métrage Carne y Arena, le réalisateur mexicain étant déjà un maître de l’immersion avec ses œuvres telles que Birdman ou le plus récent The Revenant. La saison 3 de Twin Peaks est un événement majeur pour les fans de série et aussi de David Lynch, ce grand retour qui passe par la Croisette constitue également un moment fort de cette 70ème édition.

Longtemps attendu, le Dunkerque de Christopher Nolan ne sera pas terminé à temps pour une première projection cannoise mais au lieu de regarder du côté des absents, quelle que soit la raison, penchons sur les présents, notamment en compétition officielle : le (très) palmé Michael Haneke se présente naturellement comme un prétendant à la récompense suprême avec Happy End, un drame évoquant la situation des réfugiés à Calais avec Isabelle Huppert, Mathieu Kassovitz et Toby Jones. La britannique Lynne Ramsay devrait nous gratifier de la présence de Joaquin Phoenix avec You were never really here, où un vétéran de l’armée américaine tente de sauver une jeune femme de la prostitution – un film encore à l’état de post-production. François Ozon nous avait fait découvrir Marine Vacth en 2013 avec Jeune & Jolie, le français revient avec la comédienne accompagnée par Jacqueline Bisset et Jérémie Renier dans L’amant double qui mêlera psychothérapie et sentiments amoureux.
Quelle joie aussi de voir en compétition pour la première fois Bong Joon-Ho avec le très attendu Okja à l’impressionnant casting (Tilda Swinton, Paul Dano, Jane Gyllenhaal, Seo-hyun Ahn, Giancarlo Esposito), qui n’aura vraisemblablement pas de carrière en salle, étant un film distribué par Netflix.
Les américains sont à l’honneur avec la présence des frères Safdie pour le film de braquage Good Time avec Jennifer Jason Leigh et Robert Pattinson, Noah Baumbach avec The Meyerowitz stories, comédie avec Adam Sandler, Emma Thompson et Ben Stiller, Todd Haynes qui conduira sur la croisette Michelle Williams et Julianne Moore avec Wonderstruck et enfin Sofia Coppola.

« Les proies » (The Beguiled) de Sofia Coppola

Sofia Coppola, après un passage par Un Certain Regard avec The Bling Ring retrouve la compétition avec The Beguiled, et Thierry Frémaux précise qu’il ne s’agit pas d’un remake du film éponyme de Don Siegel – l’inverse avait plutôt était entendu quelques mois plus tôt. Déçue et attristée par la réception de Marie Antoinette en 2006, la fille de Francis Ford Coppola renouerait-elle avec l’excellence pour se retrouver aux côtés de Yorgos Lanthimos, déjà de retour après le génial The Lobster avec Mise à mort du cerf sacré, et Naomi Kawase avec Radiance (elle-même présente à Un Certain Regard en 2015) ?

Une pléthore de stars foulera le tapis rouge, dont une Nicole Kidman très présente, au casting du film de Yorgos Lanthimos, How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell, du film de Sofia Coppola mais aussi la saison 2 de Top of the Lake de Jane Campion et Ariel Kleiman, l’autre série événement présente à Cannes. Une certitude, Steven Soderbergh conservera assurément sa position du plus jeune réalisateur à avoir obtenu la Palme d’Or – à 26 ans pour Sexe, mensonges et vidéo – puisque l’on ne trouve aucun premier long métrage en compétition.

« Le Redoutable » de Michel Hazanavicius

Autre source de bonheur, celle de retrouver Michel Hazanavicius avec la comédie Le Redoutable, qui nous plonge dans l’intimité de Jean-Luc Godard de la période 1967-68 où il tomba amoureux de l’actrice Anne Wiazemsky. Godard est campé par Louis Garrel tandis que Stacy Martin incarne la comédienne révélée par Bresson dans Au Hasard Balthazar. Il s’agit d’une comédie qui pourrait se rapprocher de l’esprit des OSS 117, et j’ai eu la chance et la joie de participer au tournage de ce film l’été dernier, étant figurant étudiant (et casseur) pour les scènes de manifestation de Mai 68 ainsi que les scènes d’assemblée générale à la Sorbonne.

On pourrait s’épancher sur chaque titre et Cannes n’a pas encore dévoilé toutes ses promesses : mais la fête s’annonce déjà mémorable. J’aurais d’ailleurs la chance immense d’être encore une fois présent, pour la 7ème année consécutive, et partager avec vous mes aventures, en différé ici mais en direct sur twitter.

Retrouvez également la liste des courts métrages en compétition officielle ainsi que les courts de la Cinéfondation. Vous pouvez aussi revoir l’intégralité de la conférence de presse sur dailymotion.

Article rédigé par Dom

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