Critique : Kong Skull Island

King Kong revient sur grand écran. Encore plus grand et plus puissant. Que vaut ce Kong : Skull Island réalisé par Jordan Vogt-Roberts pour son premier film à budget colossal ? Réponse au milieu d’une île inexplorée de l’Océan Pacifique.

Fureur de la nature

Il y a trois ans, Gareth Edwards livrait un Godzilla fort décevant par son scénario. Aujourd’hui, Jordan Vogt-Roberts (The King of Summers) se retrouve aux commandes d’un blockbuster mettant à nouveau en lumière King Kong, le but ultime étant de réunir les deux créatures dans un film prévu pour 2020. La belle idée de Kong : Skull Island est d’abandonner le sérieux de pape du film d’Edwards pour livrer un divertissement entre grand spectacle et série B pleinement assumée, sans renier une certaine profondeur thématique et en se dotant évidemment d’effets spéciaux des plus ahurissants. L’action se déroule au début des années 1970, lors du retrait des troupes américaines après la débâcle du Vietnam. Un groupe de scientifiques avec à leur tête Bill Randa (John Goodman) désire étudier une île encore inexplorée, car mystérieusement entourée d’une véritable ceinture orageuse. Si officiellement, la mission consiste à étudier le sous-sol des lieux, Bill sait très bien qu’il vient chercher une preuve, l’existence d’un singe à la taille des plus imposantes qui détruisit un navire de guerre plusieurs années auparavant. Escorté par des militaires qui s’apprêtaient à regagner leur doux foyer en quittant le Vietnam, l’équipe rencontrera effectivement Kong, appréciant guère le bombardement effectué par ces touristes américains !

Epousant une narration classique, Kong : Skull Island débute en présentant les principaux membres de son équipe. Aux côtés de Bill Randa, d’autres scientifiques, campés par Corey Hawkins et Tian Jing, une photographe qui aura documenté l’horreur du Vietnam, Mason Weaver (Brie Larson), un mercenaire spécialisé dans la traque et le milieu de la jungle, James Conrad (Tom Hiddleston) et enfin un chef d’escouade qui avait toujours envie d’en découdre avec les vietcongs et qui trouve en Kong un ennemi inespéré, Preston Packard (Samuel L. Jackson). Un casting idéal, complété par un élément de poids, John C. Reilly dans le rôle de Hank Marlow, un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, échoué sur l’île depuis trente ans ! La première confrontation avec Kong, qui balaie les hélicoptères comme un enfant éclaterait des bulles de savon, impressionne par son jeu sur les échelles : l’homme et ses machines sont de si petites choses face à cette masse phénoménale d’une trentaine de mètres (le plus grand Kong au cinéma), redevenue bipède – on ne verra jamais le gorille se déplacer à quatre pattes. Pourtant, le puissant gorille protège simplement son territoire, un territoire sur lequel il règne en régulateur d’un écosystème menacé par des créatures souterraines, réveillées par les explosifs largués par les humains.

Avec sa bande originale rock des années 1970 (Black Sabbath, Creedence, David Bowie, The Hollies), Kong : Skull Island s’inscrit dans la lignée des films consacrée à la guerre du Vietnam mais en adoptant une posture cool et décontractée, à l’image de Hank Marlow qui ne sait pas qui a gagné la Seconde Guerre Mondiale et s’inquiète des résultats de son équipe favorite de baseball. Alors que le groupe de survivants s’amenuise au fil des rencontres avec d’épouvantables créatures, il n’est plus question d’études scientifiques ni même de rapporter des preuves de l’existence de Kong mais bien de sauver sa peau en rejoignant un point d’exfiltration. Le romantisme des précédents Kong est donc écarté au profit d’un divertissement écologique et antimilitariste, bien que l’on trouve quelques belles parenthèses entre le gorille et Mason. Grâce à son bestiaire, à l’entêtement de Preston Packard et la volonté de retourner au pays de Hank – Samuel L. Jackson et John C. Reilly sont absolument parfaits dans leurs rôles respectifs, l’un par sa posture militaire archétypale, l’autre par son humour –, le fun et rythmé Kong : Skull Island aligne de nombreuses scènes d’action impressionnantes par une mise en scène qui, toujours, souligne la petitesse – littérale et imagée – de l’homme face à une nature surprenante et farouche. Dommage que le mixage du film peine à contribuer à ce jeu sur les échelles, cette puissance d’images qui semblent sortir tout droit d’un monde inexploré, monde où notre triste civilisation ne trouverait jamais sa place. Kong : Skull Island ou la fureur d’une nature protégeant son ultime sanctuaire. Une réussite pour le genre.

3.5 étoiles

 

Kong : Skull Island

Film américain
Réalisateur : Jordan Vogt-Roberts
Avec : Tom Hiddleston, John C. Reilly, Samuel L. Jackson, Brie Larson, John Goodman, Corey Hawkins, Tian Jing, John Ortiz, Jason Mitchell, Shea Whigham
Scénario de : Max Borenstein, Dan Gilroy, Derek Connolly, John Gatins
Durée : 118 min
Genre : Action, Aventure, Fantastique
Date de sortie en France : 8 mars 2017
Distributeur : Warner Bros. France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

Partagez cet article avec vos amis ou votre communauté :

Twitter Facebook Google Plus

2 commentaires

  1. Content de voir que je ne suis pas le seul à l’avoir vraiment apprécié!! un très bon film d’action/aventure/fantastique.
    j’ai même été à l’avant-première au grand-rex…
    Et j’ai aussi écrit un papier dessus.
    Un Kong badass et animal.

  2. Il ne faut pas bouder son plaisir devant ce genre de productions !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *