Test Blu-ray : Dr Jekyll et les femmes

Fiche Technique :

Dr Jekyll et les femmes (1981) réalisé par Walerian Borowczyk
Avec : Marina Pierro, Udo Kier, Patrcik Magee, Howard Vernon, Gérard Zalcberg
Durée : 92 min
Genre : Horreur, Fantastique
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Français PCM 1.0
Format d’image : 1.66:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

Synopsis :

Une réception donnée par le Dr Jekyll va sombrer dans l’horreur lorsque le maître de cérémonie dévoile sa véritable nature…

Le film :

Test blu-ray réalisé dans le cadre de la sortie du coffret collector Walerian Borowczyk, comprenant 7 longs métrages, 16 courts métrages et 2 livres.

Walerian Borowczyk, ou Boro pour les intimes, s’approprie le fameux roman de Robert Louis Stevenson pour livrer une œuvre violente et profondément nihiliste, bien que, dans une certaine mesure, elle s’avère aussi romantique. Le Docteur Jekyll, joué par Udo Kier, donne une réception pour célébrer ses fiançailles avec Miss Fanny Osbourne (Marina Pierro). Au cours du dîner, il évoque son œuvre sur la médecine transcendantale et se voit moqué par les invités. Débute alors un massacre très phallique, M. Hyde (Gérard Zalcberg) transperçant ses victimes de son… pénis. Si Boro pose une atmosphère lugubre avant même ses premiers plans, le générique provoquant déjà le trouble par ses cartons et la musique crispante de Bernard Parmegiani, pour s’ouvrir sur une scène digne d’un giallo, la mise en scène trouve toutes ses limites lors des apparitions et attaques de M. Hyde. Le montage, brut, peine à masquer le manque de maîtrise dans « la mise en scène de l’horreur. » Dès lors, on touche à la série B alors que le film est doté d’une esthétique intéressante avec ses flous travaillés, cette lumière rendant les peaux incandescentes. Il y a toutefois des scènes absolument remarquables, notamment lorsque Fanny, cachée, découvre le secret (et la transformation) de son compagnon. Marina Pierro vole d’ailleurs la vedette à Udo Kier, femme brûlant de désir, admiratrice de son compagnon et fidèle jusque dans l’horreur absolue.

Dr Jekyll et les femmes s’avère plus intéressant dans sa seconde partie, bien que la post synchronisation des voix françaises le date toujours fortement et que ses quelques plans érotiques, qui paraissent totalement gratuits, le ramène toujours à cet esprit de série B. Malgré tout, le final ahurissant, par sa passion frénétique et sanglante, permet de quitter cette relecture de L’Etrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde sur une note positive. Foutraque, accusant de son âge, mais en partie fascinant.

Aparté : difficile de ne pas être hanté par le visage de Marina Pierro dans Dr Jekyll et les femmes, actrice qui n’est pas sans rappeler par certains égards Isabelle Adjani dans Possession. Soient deux œuvres de cinéastes polonais sorties en cette même année 1981 – et le film de Zulawski, à la mise en scène bien plus maîtrisée, se frotte aux années qui s’écoulent sans mal.

Bande annonce :

 

Le Blu-ray

– Image :

Restauré en 2K sous le regard du chef opérateur Noël Véry, Dr Jekyll et les femmes trouve une cure de jouvence sans saborder ses caractéristiques esthétiques. En effet, de nombreux effets furent recherchés grâce à des filtres pour rendre la peau des comédiens très lumineuses sur certains plans, au détriment de la netteté. Ces données ont été conservées tout en éliminant la quasi totalité des défauts liées à l’âge de la pellicule : pas d’artefacts, rayures et variations colorimétriques – ou si peu – s’invitent à la soirée du Dr Jekyll. Le piqué et le niveau de détail sont des plus satisfaisants et peut-être que les caractéristiques HD nuisent un peu au film, qui, sous ces nouveaux apparats, expose un peu plus certains artifices – le sang et les plaies de victimes mais aussi le maquillage de certains comédiens. Un peu de fourmillement apparaît dans certains noirs mais cela concerne peu de plans. A noter qu’il s’agit d’une œuvre sans profondeur de champ, qui se déroule exclusivement en intérieur avec les comédiens souvent proches du mur.

– Son :

Mono en PCM français, la piste audio est loin de briller bien qu’il soit indispensable de souligner l’absence de souffle ou de craquement. Le niveau de sortie s’avère assez bas et le mixage déséquilibré – le niveau des voix varie énormément sur certaines scènes. Toutefois la clarté est de mise, avec un bon positionnement de la musique rare et perturbante de Bernard Parmegiani.
Aucun sous-titrage par contre, très mauvais point pour les sourds et malentendants.

– Bonus :

Tous les bonus sont en HD (avec, parfois, des extraits de sources SD) :
– Hello Dr Jekyll (11 mn) : Udo Kier parle de son personnage et de sa collaboration avec Boro
– Phantasmagorie de l’intérieur (14 mn). Essaie vidéo à partir du tableau de Vermeer présent dans le film.
– Les yeux qui écoutent (10 mn) : Boro et la musique.
– Retour à Méliès : Borowczyk et les pionniers du cinéma (7 mn).
Jouet joyeux, court métrage réalisé par Boro en 1979 (2 mn)
– Bande annonce

Annotations :

Dr Jekyll et les femmes est un blu-ray uniquement disponible dans le coffret collector « Boro Walerian Borowczyk » comprenant 8 DVD et 3 Blu-ray, ainsi que deux livres, Camera Obscura (216 pages), Le Dico de Boro (96 pages). Sont contenus dans ce coffret une collection de courts métrages et animations (1959 – 1984), Goto l’île d’amour, Blanche, Contes immoraux, La Bête, Histoire d’un péché et Dr Jekyll et les femmes.
A noter également une rétrospective au Centre Pompidou du 24 février au 19 mars 2017

 

Film :
2.5 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
3 étoiles
Bonus :
4 étoile
Avis Global :
3 étoiles
Article rédigé par Dom

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