Critique : Une équipe de rêve

Alors que de sales histoires de corruption entachent sérieusement le logo de la FIFA, Une équipe de rêve s’éloigne des hautes sphères (pourries) du football pour suivre le parcours de la plus mauvaise équipe nationale, celle des Samoa américaines. Un documentaire au déroulement convenu mais qui a le mérite de mettre en lumière une belle population insulaire.

Un but simple

Lors d’un match de qualification pour la Coupe du Monde 2002, les Samoa Américaines s’inclinent face à l’Australie dans la douleur et la honte, une défaite 31 à 0. Si la différence de niveau est indiscutable, l’envie de gagner, du moins, de marquer un simple but occupe l’esprit de toute l’équipe. Le documentaire de Mike Brett et Steve Jamison accompagne alors cette singulière équipe dès les Jeux du Pacifique Sud de 2007 où l’équipe est à nouveau éliminée sans aucun succès, loin de la déculottée face à l’Australie mais toujours incapable de trouver le chemin des filets adverses. La fédération souhaitant leur venir en aide recherche alors un entraîneur pour injecter de la discipline tactique et améliorer les performances physiques et techniques à ces passionnés qui n’ont jamais goûté à la joie de la célébration d’un but. Le hollandais Thomas Rongen débarque alors sur l’île en 2011 en vue de donner toutes les chances aux Samoa américaines de montrer un nouveau visage pour les phases de qualification pour la Coupe du Monde 2014. Récit de persévérance, d’humilité et d’unité, Une équipe de rêve parcoure des valeurs attendues, et ce, au travers d’un montage assez convenu, manquant cruellement de singularité. On se sent parfois un peu manipulé par l’agencement de certaines séquences – que ce soit pour émouvoir ou faire rire – alors que seuls les acteurs, des joueurs au gardien du stade, s’expriment face à la caméra tout au long du documentaire.

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Malgré de vraies faiblesses, Une équipe de rêve marque des points en dressant aussi le portrait d’une population unie et tolérante, qui baigne dans la religion. On y découvre les conséquences d’un Tsunami survenu en 2009, le quotidien d’un gardien national encore hanté par les 31 buts des Socceroos d’Australie, mais le plus intéressant tient dans la rencontre avec un défenseur particulier, Jaiyah Saelua, première joueuse de football internationale transgenre. L’égalité avec laquelle est traitée Jaiyah parmi son équipe mais aussi au cœur de leur communauté est un modèle d’acceptation et de respect de l’autre. Si en Europe occidentale, le football peut s’avérer encore un milieu machiste – et raciste –, malgré des efforts depuis plusieurs années, cette île qui compte environ 65 000 âmes fait preuve d’une ouverture d’esprit bien plus développée que dans nos contrées. Autre différence fondamentale entre ces joueurs et nos joueurs : le salaire. Aux Samoa américaines, le terrain de football n’appelle que la passion, avec pour unique et éventuelle récompense le goût de la victoire. De quoi méditer sur les vraies valeurs sportives alors que le film s’emballe lors des tant attendus et redoutés matchs de qualification pour le dernier mondial en date. Au coup de sifflet final, Une équipe de rêve a probablement atteint son but, certes, sans subtilité, mais l’atypique parcours humain et sportif a dépassé le petit écran et les petites tribunes. Les derniers ne seront pas tout de suite les premiers, mais leur leçon de courage et d’humanité vaut bien toutes les coupes.

3 étoiles

 

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Une équipe de rêve

Film britannique
Réalisateurs : Mike Brett, Steve Jamison
Avec : Thomas Rongen, Jaiyah Saelua, Nicky Salapu, Liatama Amisone
Titre original : Next goal wins
Durée : 97 min
Genre : Documentaire, Sport
Date de sortie en France : 10 juin 2015
Distributeur : Bodega Films

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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