Critique : Poupoupidou (Gérald Hustache-Mathieu)

Poupoupidou

Film français
Réalisateur : Gérald Hustache-Mathieu
Avec : Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton, Guillaume Gouix, Olivier Rabourdin, Joséphine de Meaux, Clara Ponsot
Scénario de : Gérald Hustache-Mathieu, Juliette Sales
Directeur de la photographie : Pierre Cottereau
Monteuse : Valérie Deseine
Durée : 102 mn
Genre : Policier, Comédie
Date de sortie en France : 12 janvier 2011

 

 

 

 

La trame :

Un romancier en panne d’inspiration se rend à Mouthe, dans le Jura, pour toucher un héritage. La découverte du cadavre d’une starlette locale, Cancide Lecœur, va attirer son attention.

 

Bande Annonce (VF) :

 

Critique

Tandis que Hollywood concocte deux biopics sur Marilyn Monroe, l’un avec Michelle Williams – si vous riez, c’est normal ! –, l’autre avec Naomi Watts – c’est déjà un peu plus sérieux bien que l’actrice anglaise soit filiforme –, Gérald Hustache-Mathieu crée la surprise en délocalisant la vie de la sensuelle star américaine à Mouthe, une petite commune du Jura, pour un curieux polar.

Certains l’aiment froid

Candice Lecœur n’est pas son vraiment nom. Ses cheveux blonds ne sont pas naturels. Sa réputation de starlette s’est fondée grâce à la rencontre d’un photographe. Sa vie amoureuse est un désastre. C’est une incomprise, une femme objet piégée dans le corps d’une poupée dessinée par les hommes. Mais Candice Lecœur, c’est surtout du passé et une affaire classée : son cadavre, enseveli sous la neige, est retrouvé tout juste sur la frontière franco-suisse. L’autopsie dévoile qu’il s’agit d’un suicide, encore heureux puisqu’aucune enquête n’est envisageable, le corps ne dépendant d’aucune juridiction. Pourtant, quelqu’un va s’intéresser à cette étrange affaire, David Rousseau (Jean-Paul Rouve), un romancier à la recherche de l’inspiration pour son prochain bouquin.

En poussant l’américanisme à son paroxysme, Poupoupidou ouvre une faille spatio-temporelle. Les symboles du pays de l’oncle Sam sont partout, dans les décors, dans la bande originale, dans les références : David Rousseau se prend pour James Ellroy et son investigation est le reflet direct de Twin Peaks, amputé des bizarreries et de l’onirisme propre à David Lynch. Pourtant, Candice Lecœur est l’égérie du fromage, ou plutôt, de la fromage (sic) Belle de Jura ; nous sommes en France, mais la sensation de s’aventurer dans une dimension parallèle est fort présente. Sophie Quinton, qui interprète la starlette disparue, est méconnaissable, dégageant une alarmante sensualité, transformée comme Norma Jean Baker se changeait jadis en Marilyn Monroe après des heures de maquillages et d’arrangements cosmétiques.
Diminué aux proportions d’une star de la météo de Franche-Comté, le mimétisme avec la vie de l’actrice américaine prête à sourire par la tournure que prend chaque événement majeur. Toutefois, l’amateur de Monroe pourra se lasser du manque de surprise d’une telle trame scénaristique, car l’enquête que mène David, un Jean-Paul Rouve qui joue parfaitement sa partition standard, progresse exclusivement grâce à la lecture des journaux intimes de la fausse blonde. L’aide que lui apporte le brigadier Bruno Leloup, un jeune homme perturbé par le décès de Candice et n’acceptant pas la thèse du suicide, relève le rythme de cette investigation saugrenue, qui accuse de quelques baisses de régime et de la dissipation progressive d’un savoureux humour pince-sans-rire.

La mise en scène léchée et la photographie remarquable de Poupoupidou enjolivent les quelques envolées lyriques de cet hommage réussi à la légende de Marilyn Monroe. Un véritable rêve d’Amérique teinté d’une douce mélancolie.

3.5 étoiles

Merci à Pascale de Sur La Route du Cinéma pour les places !

Article rédigé par Dom

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3 commentaires

  1. La jolie surprise française de ce début d’année !

  2. eh bien j’ai moi aussi trouvé ce film bien sympathique… et l’allusion à lynch, en effet, ça ne m’étonne pas… 😉

  3. Dommage qu’il n’ait pas bénéficié d’une promotion plus conséquente – mais pour cela, faut avoir un patronyme bien plus court, comme Canet ou Boon !

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