FIFC 2016 : Samedi de Culte

Trois journées de festivités filent comme la flèche de Robin des bois : la 1ère édition du Festival International du Film Culte a touché à sa fin (avant le dimanche de reprises) en présentant ses deux derniers films en compétition, Je me tue à le dire et Apnée. Mais dans cet article, on se penche sur l’exposition de la fondation Jérôme Seydoux – Pathé à la Mairie de Trouville-sur-mer – photo ci-dessus -, L’Aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch, la cérémonie et la fête de clôture.

Jusqu’au 28 juin, la Mairie de Trouville abrite au rez-de-chaussée mais surtout au premier étage des objets et affiches issus de la Fondation Jérôme Seydoux – Pathé. Il est ainsi possible d’admirer les costumes de Léa Seydoux et Vincent Cassel, portés pour La Belle et la bête de Christophe Gans, la bouée homard de Camping, des statuettes d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ou encore le vélo de facteur de Bienvenue chez les Ch’tis. Mais ce sont principalement des photographies et affiches qui constituent cette exposition à l’entrée libre. Quelques photos :

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Peu avant 17h, une foule de festivaliers s’amasse à l’entrée du Cinéma Ephémère pour un film de la rétrospective, L’Aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch. Le réalisateur français a même pris la peine de venir dire quelques mots avant le début de la séance alors que son prochain tournage débute dans pas moins de dix jours. Il se remémore le film comme une belle aventure justement, dont le propos reste d’actualité, mais aussi d’un Lino Ventura qui pensait que le film ne serait jamais terminé ou monté.

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Eh bien contrairement à ce que pensait Lino Ventura, l’un des cinq membres de la bande de joyeux escrocs du film, L’Aventure, c’est l’aventure a bien vu le jour. Une sacrée bande d’acteurs mène cette comédie remarquable, au côté du grand Lino Ventura se trouvent Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccione – à la force comique incroyable. Réalisant que les braquages de banque ne rapportent plus un rond, ils décident de se reconvertir dans l’enlèvement de personnalités afin d’obtenir de fortes rançons. Dans le lot, Johnny Hallyday – derrière la chanson titre du film –, un ambassadeur d’Amérique du sud et un leader d’une milice révolutionnaire. C’est au tribunal que l’on découvre la troupe, sur le banc des accusés, pour remonter le fil de leurs méfaits jusqu’à leur arrestation. Avec des sketchs mémorables, le film de Claude Lelouch fonctionne à merveille par l’osmose entre ses comédiens. La folie de Charles Denner, le côté ahuri de Charles Gérard, l’idiotie d’Aldo Maccione et son succulent accent italien, l’imprévisibilité de Jacques Brel et la gouvernance compliquée de Lino Ventura. Des dialogues truculents à des situations incroyables, L’Aventure c’est l’aventure étaye un véritable propos politique derrière ce qui apparaît comme de simples frivolités et fantaisies. Culte de part son casting, ce long métrage de Claude Lelouch apparaît encore aujourd’hui comme un vrai bijou de la comédie française, celle qui surfait sur le vent de liberté des années 1970.

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Le soir, la cérémonie de clôture, lancée par Karl Zéro, s’est évidemment distinguée des cérémonies des autres festivals par son excellente désinvolture. Les vannes et coups bas fusent entre la scène et les canapés où Laurent Baffie et JoeyStarr s’en donnent à cœur joie pour perturber le discours du fondateur du festival, qui n’a jamais séché pour leur renvoyer un uppercut. Quelques remerciements sans plomber l’atmosphère, un passage sur scène du maire de Trouville-sur-mer et Laurent Baffie monta sur scène pour remettre le Prix du jury (le prix du réalisateur a donc été renommé), prix qui fut attribué au film Apnée de Jean-Christophe Meurisse, présent avec sa femme et la comédienne Céline Fuhrer. Le réalisateur s’est montré heureux car il ne savait pas à l’issue du montage s’il était parvenu à réaliser un film culte ou un film de merde pour reprendre ses propres mots. C’est ensuite JoeyStarr – le seul sur son 31, hormis Karl Zéro aux tenues indénombrables au cours de ses trois journées – qui a remis le Grand Prix du film Culte à Willy 1er, réalisé par Zoran et Ludovic Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas. Les quatre cinéastes se sont montrés touchés de recevoir la mouette aux ailes dorées, déclarant avoir connu aussi des moments de doute dans la dernière ligne droite de la production du film. Enfin, Arielle Dombasle clôtura la remise des récompenses en remettant à l’acteur Venantino Venantini le Prix du Public du Film Culte Vintage pour Les Tontons flingueurs. Le comédien italien est le dernier des tontons flingueurs en activité comme le signale Karl Zéro, et malgré sa canne à cause d’un genou abîmé dans sa jeunesse au football, il s’est montré aussi vigoureux qu’ému face à la salle comble. Quelques photos de la cérémonie :

Laurent Baffie et Jean-Christophe Meurisse, micros en main

Laurent Baffie et Jean-Christophe Meurisse, micros en main

L'équipe de Willy 1er avec JoeyStarr

L’équipe de Willy 1er avec JoeyStarr

Venantino Venantini entouré par Arielle Dombasle et Karl Zéro

Venantino Venantini entouré par Arielle Dombasle et Karl Zéro

Ayant revu le film de Georges Lautner quelques semaines auparavant, je ne reste pas pour la projection pour terminer le festival quelques heures plus tard à la soirée de clôture à l’Embellie où étaient présentes à l’entrée de magnifiques statuettes des tontons flingueurs.

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Les DJ qui se sont rebaptisés « DJ Disco 3000 » ont assuré plus de trois heures de musiques rétro et culte avant de conclure par un set plus moderne. Un livre d’or ainsi qu’un mur amovible ont permis aussi aux jurés et festivaliers de laisser un mot à Karl Zéro et Daisy D’Errata, à l’origine de ces quelques belles journées de cinéma et de musique. Car bien que le dimanche permette de redécouvrir les trois films primés, cette soirée marquée par des retrouvailles inattendues symbolisa la fin de l’aventure dans laquelle nous nous sommes cultivés dans la joie et la bonne humeur. Il n’y a plus qu’à espérer que ce festival chaleureux et intimiste s’inscrive dans le temps en corrigeant ses quelques couacs tout en gagnant de l’ampleur pour les projections, avec notamment une seconde salle qui permettrait plus de séances et donc un programme encore plus vaste et d’éventuelles reprises des films. Rendez-vous sur la côte normande, avec le chant des mouettes, en juin 2017.

Merci à Allociné et aux équipes du festival.

Article rédigé par Dom

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