[Critique] Don Jon, réalisé par Joseph Gordon-Levitt

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Sympathique acteur que l’on a pu voir chez Gregg Araki, Christopher Nolan, Rian Johnson ou encore Marc Webb, Joseph Gordon-Levitt passe à l’écriture et la réalisation de son premier long métrage avec Don Jon. Une catastrophe, d’une nullité spectaculaire.

Addiction cucul

Le sujet aurait pu être aussi passionnant que drôle, mais Gordon-Levitt se plante à chaque étape de son film. Le scénario, pour commencer : Jon (joué par Joseph Gordon-Levitt) est un beau gosse passionné par le porno bien qu’il n’ait aucun mal pour mettre de belles femmes dans son lit. Mais ces dernières ne pratiquent en aucun cas ce qui l’excite dans les films pornographiques qu’il dévore à longueur de journée. Privé de fellation et de levrette, le pauvre Jon enchaîne les coups jusqu’à tomber sur la bombe, Barbara (Scarlett Johansson), qui résistera à ses avances jusqu’à dompter la bête. Idiot et antipathique, Jon est un bon chrétien qui se confesse chaque dimanche avant de déjeuner en famille – personnages transparents sinon demeurés. L’objectif de cette rom-com est de guérir son protagoniste de son addiction à la pornographie. Reste à savoir si le salut viendra de la plantureuse Barbara ou de la MILF de service jouée par Julianne Moore. Cumulant les clichés et personnages stéréotypés à l’extrême – on se demande qui se ridiculise le plus entre Gordon-Levitt en personne et la pauvre Scarlett Johansson –, Don Jon étale sa stupidité sans vergogne, tombant même dans une misogynie impensable. Manquant d’approfondir psychologiquement son personnage, le cinéaste passe à côté de son sujet, transformant l’addiction en un simple tic. Esperons que le film ne reflète pas non plus la vie sexuelle et expériences de Joseph Gordon-Levitt qui irait presque jusqu’à dire qu’il n’y a que les moches qui acceptent des positions plus pimentées que le missionnaire – la bimbo Johansson, qui ne suce pas, se contente de s’allonger sur le dos évidemment. La navrante description du cunnilingus que donne Jon en voix-off nous ferait espérer qu’à un stade du film, il nous avoue que tout ceci n’est qu’une vaste et mauvaise plaisanterie, mais pour le spectateur, aucune rédemption au bout du tunnel.

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Avec une telle médiocrité d’écriture des personnages et situations, il n’est même pas possible de prendre le film comme une satire de la génération 2.0, tombée directement dans le bain du net où le porno règne à portée de clics. Face à ces sommets d’idiotie et de lourdeur, on en viendrait presque à pardonner tous les défauts qui plombaient l’étude de caractère effectuée par Steven McQueen dans Shame. Artistiquement, l’addition est aussi salée : la mise en scène, minable, rejoint l’absence de qualités esthétiques. Il faut voir le découpage et le montage aberrants pour un dialogue entre Jon et Barbara en terrasse d’un café ou encore l’éclairage digne d’une sitcom pour les scènes de nightclub. Même Nathan Johnson, frère du cinéaste Rian Johnson, livre une bande originale exécrable, résidu du pire des comédies romantiques américaines. En matière d’addiction sexuelle, le raté Choke, adapté du roman éponyme de Palahniuk, se montre encore plus plaisant que cet insipide Don Jon – il faut dire qu’il bénéficiait d’un grand Sam Rockwell, nettement plus attachant que le protagoniste ici. Gordon-Levitt aurait écrit le personnage de Barbara spécialement pour Scarlett Johansson, voilà peut-être ce qui animait réellement le comédien : tripoter une des actrices les plus sexy de sa génération non pas pour en faire une sex tape sulfureuse mais une pseudo comédie romantique dont le niveau est bien en-dessous de la ceinture, voire même du niveau de la mer. Lamentable.

0.5 étoile

 

Don Jon

don-jon-afficheFilm américain
Réalisateur :
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza
Scénario de :
Durée : 90 min
Genre : Comédie, Drame, Romance
Date de sortie en France : 25 décembre 2013
Distributeur : Mars Distribution

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Je ne suis pas aussi dur mais je comprends. Ca manque surtout de subtilité… 1/4

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