[Critique] Twixt (Francis Ford Coppola)

Au revoir les super productions pour le réalisateur du Parrain et d’Apocalypse Now. Désormais dans la logique d’un cinéma d’auteur libre et peu coûteux, Francis Ford Coppola livre un film d’épouvante intitulé Twixt. Un petit cru à l’esthétique troublante.

Artiste endeuillé

Dans ce conte funeste qui semble sortir d’un songe – ce qui est tout à fait naturel puisque Coppola affirme avoir rêvé de cette histoire –, Francis Ford Coppola évoque la perte d’un enfant et le syndrome de la page blanche. Val Kilmer campe Hall Baltimore, écrivain de romans d’épouvante dont le succès s’est effilé, au point de promouvoir sa dernière publication dans un étrange patelin qui va le conduire sur la trace d’un meurtrier. Criblé de dette, Hall va s’évertuer à lever le mystère sur des enfants assassinés pour rédiger un nouveau roman qui pourrait le sauver de la banqueroute.
Singulière atmosphère dans ce long métrage où chaque décor et chaque éclairage semble vouloir crier qu’il ne s’agit que d’une mise en scène, d’un amas de faux dans lequel déambule cet imposant Val Kilmer représentant l’alter ego du cinéaste. S’il y a bien un élément où Coppola n’aura cessé d’expérimenter, ou pour le moins, de ne jamais se cloisonner dans un style, c’est bien dans l’esthétique de ses oeuvres. Ici, le partis pris s’avérera des plus pertinents.

Twixt joue sur la frontière entre rêve et réalité, monde des vivants et monde des morts, conduisant son héros à puiser dans ses blessures du passé pour parvenir à la création. La nuit tombée, les fantômes s’emparent du subconscient de l’écrivain, alors amené à rencontrer une enfant damnée, V (Elle Fanning), ainsi que l’illustre Edgar Allan Poe (Ben Chaplin). Si les premières minutes du film sont emplies de mystère et annoncent de savoureux moments d’effroi, cette œuvre à fort caractère autobiographique manque de construire une structure narrative qui parviendrait à tenir le spectateur en haleine. L’enquête introspective menée par Hall Baltimore se résume à une promenade lugubre aux côtés d’Edgar Poe, et la progression du récit au travers des phases de sommeil s’avère au final rébarbative, jusqu’à dissiper l’intérêt de la découverte de l’identité du meurtrier. Au fond, si l’aventure n’est pas déplaisante, on peut surtout louer l’ambiance décalée et macabre qui habite Twixt, film dont Coppola a conscience des limites – un fait que l’on peut autant saluer que regretter pour un tel monstre du cinéma américain !

3 étoiles

 

Twixt

Film américain
Réalisateur : Francis Ford Coppola
Avec : Val Kilmer, Bruce Dern, Ben Chaplin, Elle Fanning, Alden Ehrenreich
Scénario de : Francis Ford Coppola
Durée : 89 min
Genre : Epouvante, Horreur, Thriller
Date de sortie en France : 11 avril 2012
Distributeur : Pathé Distribution

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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4 commentaires

  1. Twixt est surtout pour moi en tout cas une exploration de la manière dont une oeuvre est créee, j’aime beaucoup quand Hall fait acheter au shérif toutes sortes de somnifères pour pouvoir explorer sa psyché, je pense que ce film sera mieux aimer et compris avec le temps, je trouve que c’est un très grand film, moins bouleversant que Tetro mais tout de même sublime

  2. Peut-être que le film gagnera une certaine réputation avec le temps, mais je doute revoir mon opinion dessus. C’est vrai que Coppola est un habitué des réceptions mitigées ; personnellement j’adore des films tels que « Tucker » ou « Coup de coeur », souvent oubliés derrière ses films mythiques.

  3. the rainmaker, s’était fait descendre par la critique alors que je l’ai trouvé superbe 🙂

  4. Il fait partie des Coppola que je n’ai toujours pas vu, au même titre que Peggy Sue ou bien L’homme sans âge.

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