Critique : Don’t breathe La maison des ténèbres

Il y a trois ans, l’uruguayen Fede Alvarez se faisait connaître pour un remake d’Evil Dead chaperonné par Sam Raimi. Avec Don’t Breathe – La maison des ténèbres il signe un second long métrage qui joue avec les habitudes du spectateur dans un home invasion intense et violent, mais touché par quelques vilaines incohérences.

Sombre butin

Lorsque le film s’ouvre par une scène de cambriolage où trois jeunes laissent un maximum d’ADN et de traces diverses dans toute une maison, on peut penser qu’on s’apprête à déguster une énième soupe horrifique comme le cinéma américain produit à foison chaque année. Mais pour le spectateur qui pourra pardonner quelques incohérences et éléments idiots dans la narration du film, Don’t Breathe – la maison des ténèbres (titre à rallonge trouvé pour remplacer le plus évocateur In the dark), le second long métrage de Fede Alvarez le conduira dans des situations de stress incroyables tant sa mise en scène, et l’idée centrale du film, génère l’anxiété et l’effroi. Il sera même difficile de résister à ces séquences de confrontation et de traque dans une inquiétante maison d’un quartier dépeuplé de Détroit, ville qui, par son manque de perspectives, pousse Rocky (Jane Levy), Money (Daniel Zovatto) et Alex (Dylan Minette) au cambriolage pour espérer déguerpir de là. Leur ultime cible est la maison d’un vétéran de la guerre en Irak, qui a perdu la vue mais aussi sa fille, tuée dans un accident de la route dont le dédommagement financier serait enfoui quelque part dans sa bicoque. Malgré son terrible molosse, la cible paraît simple : il suffit d’endormir les deux, le système d’alarme pouvant être neutralisé par Alex, dont le père travaille pour la société équipant la maison. Mais par la négligence de Money, le plan simple tourne au cauchemar absolu.

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Il y a dans Don’t breathe une approche de l’inconnu qui rappelle le cinéma horrifique contemporain avec ses maisons hantées, ses esprits et possessions. Seulement, la menace se montre ordinaire, puisqu’il s’agit tout simplement d’un homme, aveugle qui plus est. Stephen Lang (Avatar) impressionne par son physique et sa démarche, ce visage au regard vide, mais qui cherche, écoute, temporise ; un corps puissant qui se déplace comme une créature maléfique, dans un état de colère ardente. Les scènes où les jeunes, très bien campés, sont à sa merci, provoquent un sentiment de stress rare, puisque leur vision de l’aveugle ne conduit pas à la confrontation directe, d’autres éléments déclencheurs sont nécessaires. Alors, chaque geste, chaque pas peut s’avérer fatal. La mise en scène, extrêmement soignée, joue avec l’espace de la maison pour en faire un labyrinthe sans issue. Atmosphère ténébreuse et musique anxiogène génèrent le malaise dans cette traque en huis clos ultra violente, où « le méchant » tient pourtant le rôle de la victime. Mais Fede Alvarez se montre malin en creusant son personnage central tout en testant la volonté de sa bande de s’échapper avec un butin qui pourrait leur coûter la vie. Si bien que sur cette base et grâce à l’évolution des enjeux, Don’t Breathe atténue la grossièreté de certains de ses rouages. Il y a au cœur du film une scène qui se déroule dans le noir complet du sous-sol : extraordinaire séquence dans laquelle l’aveugle, dans les ténèbres habituelles, chasse ses assaillants totalement perdus. Dans sa surenchère de violence et de coups tordus, qui conduit parfois au dégoût, le film de Fede Alvarez travaille sur les extrêmes dans un combat aussi vicieux que noir. Un surprenant et terrifiant thriller, qui dissout toute notion de morale.

3 étoiles

 

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Don’t Breathe – La maison des ténèbres

Film américain
Réalisateur : Fede Alvarez
Avec : Jane Levy, Stephen Lang, Dylan Minette, Daniel Zovatto
Titre original : In the dark
Scénario de : Fede Alvarez, Rodo Sayagues
Durée : 88 min
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie en France : 5 octobre 2016
Distributeur : Sony Pictures Releasing France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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