Critique : The Wall

Doug Liman nous avait offert le meilleur blockbuster de l’année 2014 avec Edge of Tomorrow. S’il est toujours question de guerre ici, le cadre devient réel puisque The Wall se déroule sur le territoire irakien en 2007. Une confrontation minimaliste pleine de suspense mais loin de satisfaire.

Dans le collimateur

Les sergents Shane Matthews (John Cena) et Allen Isaac (Aaron Taylor-Johnson) sont en planque aux abords d’un site de construction de pipeline, sous un dévastateur soleil irakien. Les deux tireurs d’élite doivent déterminer ce qui est arrivé aux ouvriers et à l’équipe de sécurité, tous abattus. Après plus de 18 heures d’observation, Matthews, exaspéré, décide de se rendre sur la scène du carnage afin de récupérer la radio ayant servi à appeler des secours. Une balle le foudroie. Isaac accoure et se retrouve blessé aussi, trouvant une protection de fortune avec les vestiges d’un bâtiment, derrière un simple mur de pierres. Entre Isaac et Matthews, agonisant près de son fusil sniper, une poignée de mètres seulement, mais la certitude que le moindre mouvement coûterait la vie aux deux soldats blessés. Dans cette courte première partie, Doug Liman développe une tension forte grâce à son ennemi invisible, menace létale bénéficiant de l’avantage clé de ne pas avoir été repérée. Avec une image à la fois poussiéreuse et solaire, The Wall se concentre sur le jeu d’Aaron Taylor-Johnson, livrant une performance prenante dans ce film de survie qui montre ses meilleures cartes d’emblée. Pour que la machine tienne ses 90 minutes, un duel psychologique débute au travers des communications radio. Initialement, Juba (Laith Nakli), le tireur d’élite irakien, tente de se faire passer pour un américain afin de tromper le sergent Isaac, qui manque de lui révéler sa position exacte – mais finalement, puisqu’il n’y a qu’un mur comme couverture, où aurait pu se cacher l’américain ?

Au travers de la conversation entre les deux hommes, The Wall rejoint les travers de Phone Game. Si la tension de la situation initiale subsiste, l’indigence des échanges nuit à l’impact et à la vraisemblance du film. Le problème se niche dans la position du scénariste Dwain Worrell, il n’y a pas la voix d’un américain face à la voix d’un irakien mais un point de vue unique et purement occidental. Dès lors, cet échange factice n’est plus qu’un élément pour retarder l’ultime échéance du film. Autre problématique, la crédibilité du déroulement de cette attaque, ainsi que l’approche de ces deux soldats sur la situation. Pour ne rien révéler des ressorts narratifs, on peut revenir sur le début du film et s’interroger sur l’analyse lacunaire effectuée par les deux américains. Dans sa dernière partie, The Wall se permet de contourner toute logique afin d’adopter non pas une position anti-américaine mais celle d’un thriller qui se délecte de son petit système mis en place de façon saugrenue – du moins, on suppose que tant de balourdise est le fruit d’un acte involontaire, manquant de recul. Au fond, un tel film aurait peut-être eu plus de vigueur dans un cadre différent, non historique. En l’état, Doug Liman présente une œuvre certes brillante de suspense mais fondamentalement chétive et en partie inepte. The Wall tient de l’anecdote maladroite.

2.5 étoiles

 

The Wall

Film américain
Réalisateur : Doug Liman
Avec : Aaron Taylor-Johnson , John Cena, Laith Nakli
Scénario de : Dwain Worrell
Durée : 90 min
Genre : Guerre, Thriller
Date de sortie en France : 7 juin 2017
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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