Critique : Creed – L’héritage de Rocky Balboa

La saga Rocky aurait pu s’achever il y a six ans sur le plus qu’honnête Rocky Balboa réalisé par Sylvester Stallone, mais voici un septième volet qui débarque. Si Stallone est encore à l’écran, c’est Ryan Coogler qui s’occupe du scénario et de la mise en scène de Creed, un épisode consacré au fils illégitime d’Apollo Creed, désireux de se frotter aux plus grands. Une réussite plutôt inattendue !

Toujours se battre

Récemment floués avec La Rage au ventre qui ne pouvait que compter sur la performance de Jake Gyllenhaal, nous pouvions craindre le pire avec un nouveau film de boxe ancré dans la saga de Rocky Balboa. Les potentielles inquiétudes s’évanouissent rapidement face aux qualités narratives immédiates : Adonis (Michael B. Jordan), enfant bagarreur allant de foyers en foyers, est récupérées par la veuve du père qu’il n’a jamais connu, Apollo Creed. On le retrouve adulte, participant à des combats pas tout à fait légaux au Mexique alors que s’ouvre devant lui une carrière dans la finance. Mais c’est le ring que choisit Adonis, et la ville de Philadelphie pour suivre un entraînement avec Balboa qui a raccroché les gants depuis un moment. Creed procède à une mutation du prolétariat vers une jeunesse branchée, Adrian étant désormais jouée par une jeune chanteuse qui, hélas, voit son ouïe diminuer. Si le film suit le schéma typique d’un Rocky, il se détourne de clichés et stéréotypes plombants et se forge dans un principe d’héritage réussi, sans lourdeur. Il y a un vrai plaisir à retrouver Rocky Balboa rangé mais prêt à enrôler le rôle d’entraineur en la mémoire de son ennemi devenu un jour son entraîneur et ami. Touchant aussi de voir à quel point le jeu de Stallone a réussi à évoluer, partant justement du cliché dans le premier Rocky pour aboutir ici à ce personnage profondément humain – il a décroché le Golden Globe du Meilleur acteur dans un second rôle.

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Ryan Coogler, qui avait réalisé précédemment Fruitvale Station aussi avec Michael B. Jordan, se montre à 29 ans un metteur en scène solide, vigoureux, proche de ses comédiens. Sur le ring, il nous offre au milieu du film un combat en un plan-séquence unique, virtuose et immersif, notamment par la spatialisation des voix venant des abords du ring. Le grand combat pour le titre se montre aussi énergique et vibrant, de technique, mais aussi par les enjeux : encore une fois, la question n’est pas de gagner, mais d’être capable de porter son propre nom. Pas simple en enfilant le short et les gants d’une légende. Quoi qu’il advienne d’Adonis, Michael B. Jordan, que l’on avait aussi vu dans le décevant Chronicle, occupe le centre du cadre avec maestria. Taillé pour le combat, l’acteur déploie une énergie superbe qui décuple son charisme dans cette nouvelle quête du dépassement de soi dans les rues de Philadelphie. Il est vrai qu’en s’éloignant du tableau, la recette n’a guère changé, mais c’est justement en se positionnant comme un passage de flambeau – qui espérons-le, n’impliquera aucune suite – que Creed séduit, faisant de Rocky une légende qui s’inscrit dans son sport au-delà de sa propre génération. D’ailleurs, cette fois, le combat est double, Rocky menant aussi une bataille d’un autre type sous l’impulsion d’Adonis. Au fond, si la vie doit être perçue comme un combat, il faut tout mettre en œuvre pour sortir du ring avec le poing levé. C’est cette philosophie l’héritage de Rocky Balboa.

4 étoiles

 

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Creed – l’héritage de Rocky Balboa

Film américain
Réalisateur : Ryan Coogler
Avec : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Tony Bellew
Titre original : Creed
Scénario de : , Aaron Covington
Durée : 133 mn
Genre : Drame, Sport
Date de sortie en France : 13 janvier 2016
Distributeur : Warner Bros. France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Une très bonne surprise, un spin-off qui fait le lien sans placer Rocky au centre et qui coupe aussi le cordon ombilical. Efficace et solide.

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