[Cannes 2013] #07 Musique, Maestro

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Nouvelle journée sous le soleil, placée sous le signe de la Sélection Officielle. Au programme de cet article, La Grande Bellezza, Ma vie avec Liberace et Jessica Chastain. Photo ci-dessus, dessin de Plantu exposé au 3ème étage du palais.

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Manqué en projection presse hier, je « rattrape » La Grande Bellezza à 11:30 en projection officielle au Grand Théâtre Lumière. Voir Rome et mourir, c’est ce que Sorrentino met en scène pour ouvrir son nouveau long métrage, porté par des chants angéliques avant de nous plonger dans une soirée extravagante en l’honneur de l’anniversaire de Jep Gambardella (Toni Servillo, parfait, suivant les pas de Mastroianni). Jep est un écrivain avec un seul roman au compteur, publié dans sa jeunesse. Un vrai chef d’oeuvre selon certains de ses amis. Depuis, il n’a plus d’inspiration, car il vit dans le néant, dans cette bourgeoisie qui voue un culte à la fête et à la vanité. Il écrit toujours, mais des articles, à propos de performances artistiques parfois totalement délirantes – une jeune femme se fracassant contre le pilier d’un pont. Musique électronique, mondanités et fêtes, tel est le quotidien de ce solitaire sympathique, qui pourtant, cache une fêlure, mais où ? La rencontre de la fille d’un vieil ami, stripteaseuse d’une quarantaine d’année explore cette piste, donne même une subtile dimension émotionnelle à cette vaste parade de la haute société romaine. C’est une sorte de révision contemporaine de La Dolce Vita de Federico Fellini que livre Paolo Sorrentino, toujours aussi virtuose avec sa caméra. Avec une épitaphe du Voyage au bout de la nuit de Céline, on se plait dans la notion du voyage du rêveur, de celui qui, regardant l’océan au plafond, retourne dans le passé ou se propulse dans le futur. Du très grand cinéma qui devrait trouver le prix de la Mise en scène, voire même le Grand Prix, tant son final conclue en beauté cette oeuvre charmante et exubérante.
La Grande Bellezza, un film de Paolo Sorrentino, en salle le 22 mai 2013.

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A peine le temps d’avaler une collation qu’il faut retourner dans le Grand Théâtre Lumière pour Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, son ultime film, qui, aux Etats-Unis, se contentera du statut de téléfilm. Par l’insistance de Thierry Frémaux, Steven Soderbergh a accepté de voir son film entrer en compétition. C’est ARP Sélection qui se chargera de la distribution dans les cinémas français. Mais retour au film, qui, à partir de la fin des années 70, retrace l’aventure sentimentale entre un jeune homme, Scott (Matt Damon), et le pianiste Liberace (Michael Douglas). Drôlement kitsch par ses costumes, terriblement fun dans son alignement de situations et dialogues cocasses, Ma vie avec Liberace aborde l’homosexualité par le prisme de l’intimité d’une star qui cache au public son vrai visage – une notion qui est doublée avec l’emploi de la chirurgie esthétique, le port d’une perruque, … Damon et Douglas sont tous les deux brillants – peut-être un double prix du Meilleur rôle masculin ? – et les numéros musicaux se montrent grisants. Toutefois, Soderbergh, réputé pour sa réalisation clinique qui sied parfaitement aux thrillers, peine à donner corps à la passion qui anime ces deux hommes pas tout à fait sur la même longueur d’onde, ne serait-ce que sur leurs pratiques sexuelles. C’est aussi l’histoire d’un combat contre la vieillesse, Liberace étant non seulement attiré par les éphèbes – qu’il remodèle selon ses goûts – mais incapable d’accepter le déclin de son propre corps. Une obsession pour la fraicheur qui passe aussi par le renouvellement de ses amants, et aussi une envie de plaire et de charmer, de revivre toujours les même histoires malgré le temps qui finit par tout emporter. C’est donc sur une chronique plutôt réussie mais qui manque de mordant que Soderbergh abandonne définitivement sa casquette de réalisateur.
Ma vie avec Liberace, un film de Steven Soderbergh, en salle le 18 septembre 2013.

Après 18 projections en l’espace d’une semaine, il devient difficile d’enchainer les projections sans souffrance. Je décide alors de faire une pause pour la journée à un endroit assez stratégique, entre la salle presse orange et la salle du Soixantième où Jessica Chastain devait présenter Cléopâtre de Mankiewicz. Bien qu’elle ne présente aucun film à Cannes cette année, l’actrice révélée par Terrence Malick doit se montrer présente partout en l’espace de quelques heures. Suite à sa présentation, direction le tapis rouge pour la montée des marches de Ma vie avec Liberace, non pas pour regarder le film mais ressortir quelques minutes plus tard pour rejoindre, bien plus loin sur la croisette, le plateau du Grand Journal. Un diner Vanity Fair, la fête du film de Soderbergh et enfin une soirée au Bulgari Rooftop auront complété son parcours. Pas simple d’être une star montante ! Quelques photos de Thierry Frémaux, Jessica Chastain et Adrian Brody ci-dessous.

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Tandis que Catherine Deneuve, Leos Carax et Kylie Minogue répondent présents à la projection du film de Claire Denis, Les Salauds, on termine la journée sur le bateau Arte avant un réveil très matinal en compagnie de Ryan Gosling dans Only God Forgives.

Article rédigé par Dom

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