[Critique] Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria)

Rarement abordée en dehors du carcan du film catastrophe, la fin du monde est un sujet qui ne prête guère à sourire. C’est pourtant le cas avec Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, puisque Lorene Scafaria, pour son premier long métrage, nous propose une fin des temps sous l’angle de la comédie romantique, en compagnie de Steve Carell et de Keira Knightley.

Choisir sa fin

Que faire lorsque l’on apprend que le dernier espoir pour sauver l’humanité est perdu, et qu’il ne reste alors qu’une poignée de jours à passer sur Terre, avant que la vie ne soit balayée par un astéroïde ? Pour la compagne de Dodge (Steve Carell), la réponse est simple : fuir son mari. Dès lors, ce dernier, atterré, déambule seul dans un monde qui, plus que jamais, n’a ni queue ni tête : à quoi bon travailler ? À quoi bon résister à ses plus bas instincts ? Ainsi, le film est parsemé de scènes dont l’humour émane de la catastrophe imminente, rendant le simple fait de tondre une pelouse un événement des plus loufoques. Toutefois, l’aspect comique reste un élément secondaire, et Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare s’articule autour de sa relation d’entraide, teintée de romance. En compagnie de sa jeune voisine, Penny (Keira Knightley), une britannique qui a manqué le dernier vol pour retrouver les siens, Dodge prend la route pour retrouver celle qu’il a toujours aimé. Démarre alors un road trip qui, sur certains aspects, rappelle le déjanté Zombieland de Ruben Fleischer – le gore en moins, bien entendu.

Parmi les activités envisageables si la vie devait arrivait subitement à son terme, passer les derniers jours sur Terre en compagnie de l’acteur Steve Carell est loin d’être un mauvais plan. Avec son regard désabusé sur les événements et sa dévotion envers Penny, le comédien américain apporte une forte bonhomie à ce film qui pêche par sa mise en scène plate – en de nombreux points, cette œuvre affiche les faiblesses d’un premier long métrage. Keira Knightley offre une certaine fraîcheur à son personnage, loin d’être l’actrice typique pour camper un premier rôle dans une comédie romantique. Souffrant ça et là d’un problème de rythme, notamment provoqué par le changement de ton qui opère au cours de l’aventure, délaissant le comique pour la fibre sentimentale – sans tomber dans le pathos –, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare propose une jolie aventure humaine au crépuscule de la vie, de nos vies. Derrière les gags, l’émotion de certaines retrouvailles et le comportement de tout un chacun, le film nous interroge sur ce qui compte le plus, si ce terrible jour devait arriver, et être annoncé publiquement. Vandaliser les rues, se noyer dans des orgies, chercher un moyen de survivre, continuer à préserver la routine quotidienne ? Vivre l’instant présent, avec ceux qui comptent, est peut-être le plus beau chemin à emprunter. Une comédie dramatique au souffle parfois court, mais qui ne manque pas de charme.

3.5 étoiles

 

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

Film américain
Réalisatrice : Lorene Scafaria
Avec : Steve Carell, Keira Knightley, Melanie Lynskey, Adam Brody, Martin Sheen
Titre original : Seeking a Friend for the End of the World
Scénario de : Lorene Scafaria
Durée : 101 min
Genre : Comédie dramatique, Romance
Date de sortie en France : 8 août 2012
Distributeur : SND

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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6 commentaires

  1. Même si je crains un peu le mélange des genres et le déséquilibre dans ce film, j’ai quand même envie de le voir et cette critique m’a conforté.

  2. Pourquoi a-t-on choisi Keira Knightley ? Ce n’est pas son genre de film… Mais bon, j’ai moi aussi envie de découvrir l’histoire…

  3. On pense surtout au film « Les derniers jours du monde » des frères Larrieu, et je préfère ce dernier beaucoup moins téléphoné… 2/4

  4. @Selenie : Le film des frères Larrieu est sur un mode dramatique. Je l’avais trouvé intéressant en certains points mais souvent maladroits dans sa façon de mettre en scène l’imminence de la catastrophe (les scènes avec figurants notamment).

  5. J’adore Steve Carell, mais cela fait trop longtemps maintenant qu’il joue toujours le même rôle, dommage. Il y a une douce mélancolie qui m’a plus dans le film, mais sinon, je l’ai trouvé attendu, pépère, et pétri de bons sentiments (trop). Heureusement j’ai enchaîné derrière avec Expendables 2 😉

  6. J’ai totalement accroché. Evoquer la fin du monde d’une manière aussi tendre et délicate est un joli tour de force.

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