Critique : Valhalla Rising (Nicolas Winding Refn)

Valhalla RisingValhalla Rising
Film danois, britannique
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Avec : Mads Mikkelsen, Maarten Steven, Jamie Sives
Scénario de : Nicolas Winding Refn, Roy Jacobsen
Titre français : Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising
Directeur de la photographie : Morten Søborg
Monteur : Matthew Newman
Durée : 90 mn
Genre : Aventure
Date de sortie en France : 3 Mars 2010
Interdit aux moins de 12 ans.

 

 

 

Synopsis :
Un guerrier borgne et muet (Mads Mikkelsen) est gardé captif par des Vikings pour participer à des combats. Un jour, il se libère de ses cerbères qu’il massacre. Suivi d’un enfant, Are (Maarten Steven), ils vont faire la rencontre de Vikings chrétiens désirant reconquérir Jérusalem.
Bande-annonce (VOST) :
Critique
L’affiche promotionnelle française indique sans complexe « Le Guerrier silencieux est au film de Vikings ce que 2001 : l’Odyssée de l’espace est au film de science-fiction. »
Alléchant… Est-ce là un voyage métaphysique et révolutionnaire qui nous attend ?
Splendeur viking.
Dans la montagne embrumée, un enfant porte un sceau et va nourrir un homme en cage, borgne, le visage inexpressif, surveillé par des Vikings comme statufiés. Le vent souffle et nul ne prononce de mots. Un combat à mort va se dérouler, et notre mystérieux esclave en sortira vainqueur pour retrouver ses chaînes. Cette mise en bouche tournée dans les Highlands écossais, ne peut que subjuguer – et si ce n’est pas le cas, vous pouvez dès à présent abandonner le film. Dispensé d’une narration traditionnelle, Valhalla Rising est, contrairement à ce que pourrait laisser entendre sa bande annonce, une aventure atypique teintée de mythologie nordique. One Eye (Mads Mikkelsen, impressionnant par son corps et visage scarifiés), le borgne au centre de cette histoire est également muet, limitant les dialogues entre les personnages au strict minimum. Entre sérénité et brutalité, le film, divisé en courts chapitres, développe une atmosphère singulière, appuyée par une formidable musique sinistre et oppressante de Peter Peter et Peter Keyd.

Alors que des chrétiens veulent se réapproprier le guerrier-esclave des païens, Are , l’enfant esclave, va l’aider à se libérer. Et pourtant, leur route va les mener à un groupe de chrétiens barbares s’apprêtant à partir pour Jérusalem…

Valhalla Rising
La passion du Christ.
Voyant en One Eye un valeureux guerrier qui ne pourrait qu’être bénéfique dans leur quête, les chrétiens vont entrainer les deux anciens esclaves sur leur drakkar. Episode qui va, en quelque sorte, condamner le film à perdre sa force contemplative pour laisser place à un sentiment de vacuité alors que le navire de ces barbares à la passion naïve, stagne au coeur d’une épaisse brume. Une malédiction serait tombée sur eux à cause des deux païens présents à bord, mais voilà, on ne se débarrasse pas du guerrier brutal par la force, les condamnant à les garder dans leur groupe pour finalement découvrir une terre inconnue.

Le mysticisme de l’image.

Le récit n’étant forgé que par les images, les images n’étant qu’une fascination pour une nature antique et de ses traits sauvages, Valhalla Rising n’apportera qu’aux plus téméraires une réflexion basée sur son protagoniste, seule énigme au milieu de ce voyage expérimental qui ne semblait bâti que sur un seul fait : la découverte de l’Amérique du Nord par les Vikings. Et si ce concept peut sembler attrayant, l’aventure métaphysique que laissait augurer les premières parties s’est définitivement perdue quelque part dans la vallée, remplacée par une illustration volontariste. L’énigmatique guerrier mutique pouvait séduire, le destin d’absurdes disciples du Christ peine à susciter un véritable intérêt.

Valhalla Rising
Conclusion
Nicolas Winding Refn livre un film de Vikings atypique, torturant les codes traditionnels de la narration et du montage. Captivant dans ses premières minutes, Valhalla Rising s’appauvrit au fils de ses chapitres pour n’offrir qu’un ultime sursaut de dernière minute. On retiendra avant tout la beauté picturale de certains plans, l’intense lien entre les deux esclaves et l’exceptionnelle musique composée pour le film.
Note : 5/10
Cet extrait – les cinq premières minutes du film – proposé par Allociné est une alternative plus représentative que la bande annonce.
Article rédigé par Dom

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11 commentaires

  1. Super blog en tout cas ! J'y reviendrai souvent !

  2. Je songeais à mettre des balises de commentaires pour chaque critique !

  3. J’ai un avis sommes toutes similaire au tien .. personellement je suis d’autant plus déçu que j’ai adoré Bronson. Tu l’as vu ?

  4. Malheureusement, je n’ai pas encore vu Bronson, ni la trilogie Pusher – pourtant, j’en entends du bien depuis plusieurs années. Ce fut ma première expérience avec ce réal mais malgré mon avis mitigé, je suis curieux de découvrir ses précédents films.
    Je ne sais pas si tu as vu Stalker de Tarkovski. Bien qu’il soit fondamentalement différent, il s’agit d’un voyage « sensoriel » au coeur de la nature comme le propose partiellement Valhalla Rising. Cependant, le réalisateur russe soulève de vraies questions tout au long de son film.

  5. Je m’etais jamais apercu que tu as un lien lorsque tu viens sur le site du ‘Blog du cinema’, erreur est reparee! Tu parles tres bien du cinema egalement…on sent la passion…je n’ai pas vu le film que tu chroniques, mais j’ai par contre vu la trilogie Pusher…comment dire brievement, du Tarantino sauce scandinave, plus ecorche, plus violent, plus brule-pourpoint…les 3 ne se valent pas qualitativement, mais il faut les visionner comme un ‘tout’! Mikkelsen est encore une fois remarquable! Je vois que tu evoques Stalker, marrant ca, ma prochaine chronique qui sera publiee sur le blog parlera de ‘Le Retour’, je fais aussi le corollaire avec Stalker, si tu l’as vraiment aime, je te recommande de voir ‘le retour’…puisque nous sommes dans le scandinave, cinema pour lequel j’ai une grande affection, pas mal de films m’ont marque: Reconstruction, Noi Albinoi, Adam’s Apples, Brodre, O’Horten, No-way of Life,….

  6. Merci Vincent.
    Je n’ai pas vu ‘Le Retour’, est-ce un film d’Andrei Zvyagintsev ?
    J’ai aussi vu le curieux Norway of life, mais pas les autres films que tu cites, mais je note tout ça car malgré mes quelques périples en Scandinavie, je ne connais que très peu ce cinéma.
    Récemment, j’ai adoré Morse (Låt den rätte komma in) dont je dois faire la chronique du blu-ray lorsque je trouverai le temps nécessaire.

  7. En plein dans le mille!

  8. c’est LE meilleur film de l’année à mon sens. ça deviendra culte. Mais pas maintenant, c’est trop extrême comme expérience. il y a des milliers de choses à voir dedans, des milliers ! j’ai besoin de la revoir pour en découvrir d’autres.

  9. @Alexandre mathis : je ne suis pas sûr que Valhalla Rising fasse partie de ces films qui se savourent mieux avec de l’âge. A vrai dire, j’aimerais le revoir seulement pour sa première partie et sa musique. J’ai revu Aguirre depuis, ça n’aide en rien pour garder un bon souvenir du film de Refn !

    @Vincent : eh bien j’ai désormais vu les deux premiers Pusher. C’est vraiment très bon. Le 1er opus déploie une tension et un suspens rare et crescendo jusqu’à la dernière minute. J’espère avoir le temps de regarder le 3ème prochainement.

  10. Valhalla rising ma plus apris sur la patience que sur les vikings, tous le long du film et saboté par le manque d’ action, malgré la très bonne performmence des acteurs ce film reste a chier
    ‘(si les critique était la seule pub de ce film seulement quelque personne l’aurrai regardées)

  11. Le problème est que le film n’est pas un film d’action et que les producteurs/distributeurs essaient de le vendre comme tel ; le packaging pour sa sortie en vidéo en est la preuve indiscutable.

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