Cannes 2018 : nouveau départ

C’est parti pour la 71ème édition du Festival de Cannes. Une première journée avec des retrouvailles, des rencontres, et le premier film, Everybody knows d’Asghar Farhadi, en ouverture ainsi qu’en compétition. En photo ci-dessus, les photographes à la soirée de l’Agora.

Vincent Lacoste se dirige vers l’Agora où se tient la soirée d’ouverture où la presse badge jaune n’est plus conviée. Il est accompagné par Pierre Deladonchamps et William Lebghil, avec lequel il partage l’affiche du prochain Thomas Lilti, Première année, film que nous avons pu découvrir en exclusivité le matin au marché du film, mais dont nous devons taire le (bon) contenu. Je l’interpelle pour discuter un peu. Je l’avais rencontré pour la première fois sur la tournage de Victoria de Justine Triet, et puis ensuite il y avait eu des retrouvailles arrosées aux Arcs et à Cannes en 2016. Nous lui parlons un peu du film découvert ce matin, il est surpris de nous voir du mauvais côté des barrières mais nous prenons la nouvelle mesure avec philosophie. Le comédien semble décontracté à deux jours de la projection de Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, en compétition. La scène se déroule quelques minutes après la fin de la projection du film d’Asghar Farhadi. Auparavant, la cérémonie d’ouverture était marquée par l’humour fantastique et sans retenue d’Edouard Baer, maitre de cérémonie parfait qui invita Thierry Frémaux à présenter les membres du jury présidé par Cate Blanchett. Extrait de Pierrot le Fou, clin d’oeil à Anna Karina, extraits des films de la Sélection officielle ainsi qu’une belle interprétation des Moulins de mon cœur de Michel Legrand par Juliette Armanet composèrent cette cérémonie aussi sobre qu’impressionnante, par ses invités notamment. Et c’est l’immense Martin Scorsese qui déclara, de concert avec Cate Blanchett, l’ouverture de cette 71ème édition.

Si la cérémonie s’est montrée plaisante, un grand nombre de festivaliers sont restés sur leur faim avec Everybody Knows d’Asghar Farhadi. Le réalisateur iranien réunit en Espagne un casting exceptionnel, avec Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darin pour une histoire de kidnapping venant entacher la célébration d’un mariage. Dans ce drame qui ne lorgne jamais du côté du thriller, Farhadi remue le passé de ses personnages où les anciennes relations amoureuses et la vente d’un domaine viticole sont au cœur de cette agitation qui plonge la mère de l’adolescente enlevée, jouée par Penélope Cruz, dans le plus grand des tourments. Dès lors que Farhadi ouvre la piste d’un mystère, il éteint la mèche dans la foulée, empêchant le spectateur de douter des personnages où le suspect pourrait être un proche de la famille, du moins une personne présente lors de la fête. Jamais le film ne trouve l’intensité dramatique nécessaire pour emballer le récit, trouver l’émotion nécessaire malgré des performances intéressantes de Cruz et Bardem, Darin héritant d’un personnage de second plan et si peu exploité. Malgré quelques sursauts grâce aux comédiens, Everybody knows s’avère une ouverture marquée par le sceau de la déception, Farhadi ne trouvant pas sur le territoire hispanique ce qui fait le sel de ses œuvres les plus réussies en son pays natal.

Au palais, l’après-midi, les festivaliers déjà présents peuvent savourer le calme avant la tempête, explorer le marché du film où l’on trouve quelques affiches délirantes, comme cet étrange Big House avec Gérard Depardieu, dont la tagline laisse pantois : « Abel Ferrara meets David Lynch. »
On retrouve des camarades, collègues et amis, tous le sourire aux lèvres. Cette année donc, aucune projection n’a lieu avant la montée des marches, et au lieu d’avoir des projections en journée de Everybody knows, la seule activité possible est de se rendre à la conférence de presse du jury. La loi des différents niveaux de badge presse s’avère cruelle puisque malgré 1h15 d’attente, seuls les accrédités avec un badge rose, le plus puissant, ont pu assister à cette première rencontre avec le jury. Pour palier à la légère déception, on attend alors la sortie du jury, pour échanger quelques mots avec Léa Seydoux tandis que Kristen Stewart signe des autographes. Cate Blanchett et Denis Villeneuve semblent déjà embarqués dans une conversation prenante.

Penélope Cruz : un soleil en pleine nuit

Retour à la soirée, après avoir salué Vincent Lacoste : ce sont les VIP du Grand Théâtre Lumière qui défilent. Anna Karina se montre très disponible tandis que Penélope Cruz capte toutes les attentions, avec Javier Bardem derrière elle qui regarde ce petit manège avec un certain amusement. Ava DuVernay s’arrête aussi, tout comme Andrei Zviaguintsev et Denis Villeneuve, auquel je souhaite bon courage avec l’immense chantier à venir pour lui, une nouvelle tentative d’adaptation de Dune. Avant de rejoindre l’Agora, toutes ces célébrités doivent se prêter au jeu d’un énième photocall où les journalistes scandent leur nom. Nous filons au Vertigo pour l’ouverture de la soirée Queer Palm. L’ambiance est aux premières discussions passionnées sur ce début de festival et nous ne jouons pas avec la nuit, pour nous préserver pour d’autres soirées qui nous priveront d’énormément de sommeil.

Prochain article avec Martin Scorsese à la Quinzaine des réalisateurs, l’événement du mercredi 9 mai 2018.

Article rédigé par Dom

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