Critique du film Horns

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Dans l’adaptation de Cornes de Joe Hill – fils de Stephen King –, Daniel Radcliffe campe un jeune homme accusé du meurtre de sa petite amie. Alors qu’il cherche à prouver son innocence, le malheureux semble se transformer littéralement en diable – et le film, lui, se montre diaboliquement pénible !

Crime d’amour

Depuis quelques films, la violence devenait presque ludique chez Alexandre Aja, qu’il s’agisse du second degré du fendard Piranha 3D ou bien de la mise en scène radicale du remake de Maniac, dont il signait le scénario tout en produisant le film. Voilà que le cinéaste français achoppe sur un curieux projet, curieux car il ne parvient en aucun cas à valider les codes des différents genres sur lesquels il cherche à progresser avec peine. Horns, c’est un peu un polar fantastique, qui lorgne parfois du côté de la comédie avec un zeste de violence – en somme, un projet qui semblait taillé pour Aja. Seulement, au bout de quelques scènes, la machine, qui a exposé tous ses défauts, ne parviendra jamais à sortir du bourbier. Daniel Radcliffe joue Ig Perrish, un jeune homme très amoureux de Merrin Williams (Juno Temple), et ce, depuis leur enfance. Ensemble, ils forment un couple parfait, jusqu’à la terrible soirée où, lorsque Ig se décide à lui passer la bague autour du doigt, la demoiselle le rejette pour être retrouvée assassinée le lendemain. Sans souvenir de la terrible nuit, tout porte à croire qu’Ig est coupable malgré l’absence de preuves matérielles. Alors qu’il compte constituer sa défense avec un ami de longue date, Lee (Max Minghella), il se réveille un matin avec des cornes sur le front – entre signe du Malin ou symbole du cocu, tout reste envisageable. Ig réalise alors que ses interlocuteurs ne peuvent résister à ses demandes tout en lui révélant leurs pires envies et instincts. Ainsi sera posée la narration binaire du film, partagée entre analepses revenant sur l’enfance d’Ig ou son histoire avec Merrin et des scènes d’interrogatoires des moins malignes.

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Etonnement, quelque chose cloche dans la mise en scène d’Aja, bénéficiant pourtant de séduisants décors canadiens et épaulé par le directeur de la photographie Frederick Elmes – Blue Velvet, Broken Flowers, pour ne citer que deux films. Il y a un manque d’ambition, et peut-être comme un manque de foi dans un récit pauvre et puéril – la faute à l’œuvre d’origine ou un travail d’adaptation raté ? Même les séquences musicales allant chercher David Bowie ou Marilyn Manson manquent l’occasion de galvaniser, soulignant d’autant plus l’artificialité de l’entreprise. Le concept principal aurait pu conduire à un véritable délire sadique et cynique qui se trouve à peine effleuré. Bien que l’on explore le passé des personnages, avec ces garçons amoureux de la belle Merrin, tous les personnages se montrent plats, seulement au service de l’enquête ou d’une vague critique de la société américaine qui ne prend pas vraiment forme. Radcliffe ne suscite rien d’autre que l’indifférence, mais que pourrait-on reprocher au comédien avec un tel personnage ? Bien que ne disposant d’aucune matière, Juno Temple parvient à marquer ses quelques séquences, tout comme Dave Morse, dans le rôle du père endeuillé. Rarement drôle malgré les situations creusant le cocasse et terriblement dénué de suspense, il est difficile de dire à qui se destine Horns, un peu trop cru sur la violence et la sexualité à plusieurs reprises pour s’adresser aux pré-adolescents et bien mal ficelé et peu percutant pour un public plus adulte. La faute au diable, probablement.

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Horns

horns-afficheFilm américain
Réalisateur : Alexandre Aja
Avec : Daniel Radcliffe, Juno Temple, Heather Graham, Max Minghella, Dave Morse, Kelli Garner
Scénario de : , d’après le roman Cornes de Joe Hill
Durée : 119 min
Genre : Fantastique, Drame, Epouvante
Date de sortie en France : 1er octobre 2014
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Bonjour
    ça fait un moment que je n’ai pas vu de film avec Daniel Radcliffe ( La dame en noir fut le dernier)
    Il me tentait tellement ce film! Je pense aller le voir malgre tout peadant les vacances.
    Merci pour cette critique

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