Critique : Kaboom (Gregg Araki)

Kaboom

Kaboom

Film américain
Réalisateur : Gregg Araki
Avec : Thomas Dekker, Haley Bennett, Juno Temple, Chris Zylka, Roxane Mesquida, James Duval
Scénario de : Gregg Araki
Directeur de la photographie : Sandra Vade-Hansen
Durée : 86 mn
Genre : Comédie, Fantastique
Date de sortie en France : 6 Octobre 2010

 

 

 

 

 

La trame :

Smith est poursuivi par un étrange rêve où un couloir lumineux est peuplé de personnes qu’il connait et de deux inconnues qui l’invitent à ouvrir une porte cachant une poubelle. Tandis que son attirance pour son colocataire surfer, Thor, ne cesse de croitre, ses sorties avec son amie Stella vont l’amener à découvrir les mystérieuses filles de ses songes.

 

Bande Annonce (VOST) :

 

Critique

Quand Gregg Araki cherche à renouer avec sa « Teen Apocalypse Trilogy », cela donne Kaboom, une comédie sans tabou qui navigue sur les eaux du thriller fantastique, en visant constamment en-dessous de la ceinture. Allez, pas de chichi, baissez votre pantalon.

Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es

Difficile d’aborder les campus américains sous l’angle « sex, drugs and rock ‘n’ roll » sans citer l’écrivain Bret Easton Ellis, auteur de romans tels que Moins que Zéro, Les Lois de l’Attraction, American Psycho ou encore du tout dernier (et succulent) venu, Suites impériales, qui récupère les personnages du premier roman ; ici, le rapprochement avec l’adaptation cinématographique des Lois de l’Attraction par Roger Avary où des jeunes cherchent à noyer la vacuité de l’existence dans le sexe et la drogue est inévitable puisque dans Kaboom, la sexualité au cours de la période charnière de la fac est au coeur du récit. Smith (Thomas Dekker), homosexuel qui ne refuse pas une partie de jambes en l’air avec le sexe opposé, est contre le clivage que crée les étiquettes « homo » et « hétéro ». Son plus grand fantasme est de mettre dans son plumard son viril colocataire, Thor (Chris Zylka), un brin débile, obsédé par son corps et celui des femmes. Mais dernièrement, ce qui l’obnubile est un étrange rêve récurrent où sont présentes deux inconnues. Par le biais de sa meilleure amie Stella (Haley Bennett), Smith va rencontrer les deux femmes. La première est la nouvelle conquête de Stella et s’avère être une sorcière ; la seconde, une mystérieuse rousse qui lui rend son diner sur les chaussures, évènement qui permet de rencontrer London, gourou du sexe en herbe interprétée par Juno Temple qui peine à être crédible en déblatérant ses punchlines portées sur le cul, à en croire parfois que Gregg Araki ne cherche qu’à présenter une collection de phrases – rarement marquantes – à placer en soirée ou au pieu pour paraitre marrant (ou lourdingue).

Bouilli by Araki

Rares sont les hauts dans le déjanté (mais sage) Kaboom qui hésite entre conter exclusivement des errances sexuelles et développer un thriller à base d’assassinats et enlèvements sectaires, et ce, au point de perdre toute efficacité sur les deux fronts. Araki souhaitait réaliser un film léger et mystérieux à la façon de la série culte Twin Peaks de David Lynch, le résultat ressemble plus à l’improbable copulation entre Southland Tales (Richard Kelly) et Les Lois de L’Attraction (Roger Avary) que je citais déjà plus haut, le tout, avec la touche Araki. Avec ses surexpositions contrastées par des ambiances tamisées et ses protagonistes s’adressant en regardant intensément la caméra, Kaboom nous plonge dans un rêve éveillé qui vire au mauvais trip sous acide où l’on a qu’une hâte : revenir les pieds sur terre au plus vite. Le final, très explicatif et pourtant percurtant, laisse un étrange arrière-gout d’amère euphorie.

Conclusion

Si Smiley Face pouvait décevoir par son rythme lent et son manque d’envergure, le nouveau Araki déçoit par sa dimension burlesque modérée, sa pléiade de situations basées sur le sexe et son intrigue cachée qui dévoile son ampleur en fin de bobine. Kaboom risque de faire peu de bruit.

Note : 4/10

A lire également, la critique d’Alexandre Mathis

Article rédigé par Dom

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11 commentaires

  1. Ouais bah ça m’inspiré pas vraiment, mais maintenant pas du tout 🙂

  2. Ce qui m’étonne c’est que je semble être le seul avis plutôt négatif de la blogosphère après lectures d’articles de camarades… Hum hum !

  3. Tkt pas, j’ai eu la même impression pour expendables, fin c’était plutôt mitigé disons …

  4. j’ai beau avoir plutôt apprécié, on en pense au final à peu près la même chose. je suis aussi un peu déçu de la fin, plus généralement par l’angle thriller. Après faut avouer que l’aspect léger et rose bonbon est fun.
    En tout cas merci pour ton lien 😉

  5. @Alexandre, mouais le côté léger je l’ai trouvé lourdingue. Araki tombe dans le piège du « vieux » qui veut parler aux jeunes avec le langage des jeunes.
    (No problemo pour le lien !)

    @Callahan, Expendables c’est de l’action décérébrée, difficilement comparable à l’univers d’Araki qui s’adresse à une autre catégorie de spectateurs.

  6. Ah mais j’ai pas comparé les deux films, mais plus le fait de me sentir seul a ne pas avoir adhérer à ce massacre 😀

  7. Ah oui :p Je pense que je me sentirai moins seul une fois le film sorti !

  8. ah merde, je l’attendais impatiemment celui là, j’aime bien araki…
    en plus y’a thomas dekker ! (je l’avais aperç dans les chroniques de sarah connor… miam ! 🙂
    bref ! de toute façon j’irai…

  9. @Phil, ah oui, ne t’en prive pas à cause de moi, surtout que je suis l’avis le plus négatif de la toile, visiblement… Thomas Dekker et Haley Bennett sont plutôt bons, dans le style « hagard et défoncé » d’Araki !

  10. Voici le commentaire que j’ai posté sur allocine 😉
    Salut Dom !
    Rassure toi, tu n’es pas seul à avoir un avis négatif !
    Quand je vois certains commentaires qui encensent littéralement ce film je suis troublé…
    J’adore Gregg Araki, Doom generation, Nowhere sont des films très marquants, Mysterious Skin : les mots me manquent… Smiley face : à mourir de rire !!
    Par contre avec Kaboom c’est la déception totale… les plans (ou plutôt les acteurs :)) sont beaux, le montage est bien fait mais l’histoire frôle le néant…. Vraiment, j’ai trouvé ce film vide ou mal exploité à la limite….
    Bref déçu par rapport à ce qu’Araki nous as habitué !

  11. Durban, merci pour ton point de vue de véritable amateur d’Araki ! (je traine pas énormément sur allociné ces derniers temps)

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