Test Blu-ray : Christine

Fiche Technique :

Christine (1983) réalisé par John Carpenter
Avec : Keith Gordon, John Stockwell, Alexandra Paul, Robert Prosky, Harry Dean Stanton
Durée : 110 min
Genre : Fantastique, Thriller
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais Dolby Atmos 7.1, Français et Anglais DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français (optionnels)
Format d’image : 2:35:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

Synopsis :

Arnie est un adolescent timide et complexé. Un jour, il fait la rencontre de Christine, une Plymouth Fury de 1958 en piteux état, et décide de l’acheter. Lorsque la voiture retrouve une seconde jeunesse, le comportement d’Arnie se met à changer. Désormais sûr de lui, en couple avec la plus belle fille du lycée, il reste néanmoins obsédé par Christine. Quiconque osera se mettre en travers de leur chemin devra en payer le prix fort…

Le film :

Un an après l’échec commercial du fabuleux The Thing, sorti le même jour qu’un autre malheureux du box office, un certain Blade Runner de Ridley Scott, probablement peu aidés par le succès de E.T. de Steven Spielberg ayant débarqué deux semaines auparavant dans les salles américaines, John Carpenter remet le pied à l’étrier lorsqu’il se voit confié, avec un budget modeste, l’adaptation d’un roman de Stephen King, Christine. Bill Philips se charge du scénario pour épurer l’intrigue de certains éléments afin de se concentrer sur les personnages, un groupe d’adolescents dans leur dernière année de lycée. Si c’est la voiture capable de tuer qui ouvre le film, dans une scène où la caméra la sublime déjà dans l’usine – et où elle commet ses premiers méfaits –, Christine se focalise avant tout sur Arnie (Keith Gordon), stéréotype de l’adolescent catégorisé comme loser, mais loin d’être esseulé. Il y a notamment son ami Dennis (John Stockwell), qui sera avec lui lors du coup de foudre pour l’automobile maudite. Les deux jeunes hommes parlent souvent des filles – il y a d’ailleurs la nouvelle arrivée, Leigh (Alexandra Paul) –, évoquant la virginité d’Arnie, à perdre de toute urgence : le sujet des filles et du sexe prime, jusqu’à cette scène anodine en voiture où l’on pourrait croire qu’Arnie a aperçu la femme de sa vie. Non, c’est une épave rougeâtre à vendre, une Plymouth de 1957 qui, malgré son piteux état, démarre toujours. Le jeune homme l’achète, se rebelle contre l’autorité parentale et consacre tout son temps libre à retaper cette bagnole pour lui redonner son éclat d’origine.

Cinéaste remarqué grâce à Halloween pour sa capacité à développer des atmosphères stressantes – qui tiennent autant du regard que de l’espace musical, dont il s’occupe également – et composer des cadres avec une grande profondeur d’image, John Carpenter ménage le suspense avec brio. Le mal est présent sans se manifester réellement dans la première moitié du film, où la réparation de Christine conduit Arnie à la transformation : le voilà dans l’air de son temps, plein d’assurance, avec Leigh à ses bras, mais sa relation avec sa voiture tourne à l’épouvantable obsession. En humanisant la Plymouth pour la mettre en concurrence avec Leigh, Christine s’engouffre sur les routes de la jalousie et de la vengeance, avec des effets spéciaux toujours ahurissants aujourd’hui. Lors des mortelles virées nocturnes de la seconde partie de ce film qui lorgne plus du côté du drame fantastique que de l’horreur, on ne peut que rester ébahi par les moyens techniques et humains employés pour réaliser des séquences iconiques et cauchemardesques, comme lorsqu’en flammes, Christine poursuit une brute du bahut dans les ténèbres. Visions de l’enfer pour une œuvre s’attaquant aux maux de l’adolescence au travers de la tôle froissée et du bris de verre, jusqu’aux confins de la folie. A revoir ce film qui n’a pas pris la moindre ride aujourd’hui, on peut penser à cet aphorisme de Fight Club : « Ce que tu possèdes finit par te posséder. » Ajoutons qu’à vélo il vaut mieux rouler !

 

Le Blu-ray

– Image :

Hormis un léger fourmillement dans les basses lumières lors de la séquence d’usine où va sortir Christine en provoquant ses premières victimes, on pourrait croire que ce film de 1983 a été tourné en pellicule récemment tant sa restauration se montre impressionnante. N’imaginez même pas trouver une trace du temps sur ce blu-ray qui n’aligne que des qualités malgré l’ambivalence des ambiances lumineuses, avec des extérieurs jours où règnent les détails. L’exemple parfait est probablement la scène de football américain dans un petit stade pour l’équipe du lycée : les couleurs des maillots resplendissent, la profondeur d’image présente un mélange complexe de spectateurs et de végétation. De nuit, les noirs profonds se conjuguent avec un piqué exceptionnel, et lorsque la rutilante Plymouth débarque, avec les reflets sur sa carrosserie, on peine à croire que tant d’éléments se distinguent avec autant de finesse. En somme, la mise en scène de John Carpenter et le travail du directeur de la photographie Donald M. Morgan sont sublimés par ce transfert génial.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
D’emblée, le moteur tonitruant de l’automobile infernale donne le ton : finesse et dynamisme seront au rendez-vous. Christine se dote d’un nouveau mixage en Dolby Atmos – testé ici sur une installation 5.1 –, tout en proposant le mixage stéréo d’origine. Si les nouveaux mixages se montrent parfois futiles – comme tout récemment, la piste 5.1 de Razorback –, celui là permet de moderniser grandement le film sans le dénaturer. La spatialisation est employée judicieusement pour des effets directs – claquements de portière, chutes d’objet, etc. – ainsi que pour offrir un caractère immersif à certaines séquences, comme dans les couloirs du lycée ou sur le terrain de football. La clarté est de rigueur sur les voix, parfaitement placées au cœur d’une piste équilibrée, où aucune fréquence ne se retrouve écrasée, même quand l’action s’emballe avec sa tôle froissée, ses hurlements et bien entendu la musique minimaliste et iconique de John Carpenter et Alan Howarth. Christine quant à elle nous joue quelques tubes du rock’n’roll avec les fréquences réduites de son poste autoradio : un régal acoustique !

– Bonus :

– Sauf précision, les bonus sont en HD
– Commentaire audio de John Carpenter et Keith Gordon
– Making-of (48 min, avec des sources en définition standard pour les interviews). Divisé en 3 modules, le making-of revient sur le tournage au travers d’interviews avec John Carpenter, le producteur Richard Kobritz, le scénariste Bill Philips, le coordinateur de cascade Terry Leonard, ainsi que les acteurs Keith Gordon, Alexandra Paul et John Stockwell. Quelques photos de plateaux, séquences du film et de brèves vidéos sur le plateau accompagnent ces témoignages très intéressants.
– 20 scènes coupées (26 minutes, définition standard)
– Carrosse d’Or 2019 : conversation avec John Carpenter (73 min). Lors de la Quinzaine des réalisateurs 2019, John Carpenter a reçu le prix honorifique du Carrosse d’or, une remise de prix précédée par un échange sur sa carrière dirigée par deux cinéastes membres de la SRF, Katell Quillévéré et Yann Gonzalez.
– Bande annonce teaser
– Bande annonce originale

Annotations :

Il s’agit du treizième coffret ultra collector édité par Carlotta Films, limité à 3000 exemplaires. Cette édition dotée d’un visuel signé Mainger est accompagnée d’un livre de 200 pages, Plus furieuse que l’enfer : le tournage de Christine par Lee Gambin, et de trois disques : le film en blu-ray Ultra HD, en blu-ray et en DVD. A noter que le film sera également disponible en version simple avec les mêmes bonus, en Blu-ray et DVD.

 

Film :
4 étoiles
Image:
5 étoiles
Son :
5 étoiles
Bonus :
5 étoile
Avis Global :
5 étoiles
Article rédigé par Dom

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