Critique : Alice in Wonderland (Tim Burton)

Alice in WonderlandAlice in Wonderland
Film américain
Réalisateur : Tim Burton
Avec :  Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, Crispin Glover
Titre français : Alice au Pays des Merveilles
Scénario de : Linda Woolverton (inspiré de l’oeuvre de Lewis Carroll)
Directeur de la photographie : Darius Wolski
Monteur : Chris Lebenzon
Durée : 108 mn
Genre : Aventure, Fantastique, Famille
Date de sortie en France : 24 Mars 2010

 

 

 

 

Synopsis :
La petite Alice (Mia Wasikowska) a grandi. Le jour de ses fiançailles, elle va suivre le lapin blanc qui va la conduire de nouveau à Wonderland où une mission capitale repose sur ses épaules.

 

Bande Annonce (VOST) :

 

Critique

J’ai la profonde conviction que le cinéma est régi par les même règles que la cuisine. Pour faire un bon plat, il faut avant tout de bons ingrédients – indiscutablement les fondations. Vient ensuite la nécessité de trouver des mains habiles et expertes, capables de concocter de succulents mets. Et lorsque cela est nécessaire, il faudra surveiller attentivement la cuisson qui peut tout faire basculer.
Avec Alice in Wonderland, nous avons l’univers onirique de Lewis Carroll entre les mains d’un maitre d’univers fantastiques (et souvent lugubres), Tim Burton, le tout, sous le couvercle Disney (ou dans une poêle Disney si vous préférez).
Séance de dégustation.

Alice au pays du fond vert

Après une introduction poussive, néanmoins teintée de l’univers de Burton, que ce soit dans les personnages où les pointes d’humour, Alice va suivre le lapin blanc pour tomber à nouveau à Wonderland. Et quelle chute vertigineuse ! Une interminable plongée vers un monde fabriqué sur ordinateur, rempli d’effets visuels sans aucune saveur. Oui, le pays des merveilles selon Burton se résume à un mélange de couleurs vives au sein d’un sinistre univers peuplé de personnages en 3D sans le moindre souffle de vie. Visuellement, la sauce ne prend pas, le Wonderland est fade voire repoussant (j’ai vu le film dans sa version 2D).

Alice in Wonderland

Alice ? Alice ! Non ? Si ! Alice ?

Alice in Wonderland est le voyage initiatique d’une jeune fille qui va devoir se trouver et s’affirmer. Dans le détail, le récit n’avance pas et se résume au travers de nombreuses saynètes à savoir si cette Alice est bien l’enfant de jadis. Car Alice doit renverser le pouvoir et mettre fin au règne de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter), c’est sa destinée et les personnages des deux camps en sont conscients. Or, du côté de la Reine Rouge, il y a une certaine naïveté incroyable à ne pas voir en cette nouvelle venue, une intrus qui pourrait leur être fatal sous le simple prétexte qu’elle se présente sous un autre nom. D’accord…

Helena Bonham Carter en Reine Rouge

Voyage extraordinaire.

Rien n’est surprenant, rien n’émerveille, tout n’est qu’artifices suscitant l’ennui. Johnny Depp en chapelier fou éveille la curiosité un instant, avant de s’évanouir au rang de gadget, comme un autre vulgaire personnage composé de polygones et pixels. La tyrannique Reine Rouge, jouée par une Helena Bonham Carter difforme, est peut-être le seul fils rouge distrayant du film. Il manque une âme au nouveau Burton qui ne trouve aucun salut, même pas dans ses dialogues souvent creux, ni sa musique sans identité. Pénible est le seul mot qui vient à l’esprit en quittant la projection.

Conclusion

Alice in Wonderland est un conte fade, une erreur de parcours, un plat raté, un produit sans saveur, le 2012 (Roland Emmerich) de Tim Burton. Emmener un enfant voir ce film relève presque de la punition pure et dure, on préférera sortir du grenier la VHS du dessin animé de 1951.

Note : 3/10

Article rédigé par Dom

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11 commentaires

  1. Tu sais qui je suis ?

    le tim burton qui marche le mieux au cinéma est en effet très loin d’être son meilleur :/

  2. Cet article pourra sembler cruel, mais, hélas, je suis globalement d’accord avec sa finalité, à savoir que ce titre de Tim Burton, est « un produit sans saveur », sans émotions, vide, et laisse derrière lui simplement un arrière gout de regret, à la limite de l’agacement, après visionnage.

  3. J’ai beaucoup aimé ta critique (j’ai été aussi sévère!) qui traduit la déception des connaisseurs de Burton…Au prochain boulet de ce genre je le rayerai de mon paysage cinématographique.

    PS: Es-tu au courant des « Golden Blogs du cinéma »?

    Va voir là: http://c.o.b.c.over-blog.com/ si ça te tente!!!

  4. J’ai personnellement bien aimé ce film. J’avoue avoir été déçu parce que c’est avant tout un Disney avec quelques traces de Burton, mais ceci dit le film est plutôt bon… pour un Disney.

    Tout ce qu’on retrouve de Burton, c’est l’ambiance graphique. J’ai beaucoup aimé d’ailleurs, même si l’arbre de Sleepy Hollow est un peu trop exhibé… Je pense que les gens qui sont allé voir un Burton en occultant Disney se sont eux même induits en erreur. C’est un Disney, point. Mais un bon Disney !

    Ma plus grosse déception c’est Johnny Depp. Ses mimiques sont identiques à celle d’Edward aux mains d’argent, ou du Willy Wonka triste de Charlie… Bref j’adore Depp en joyeux cinglé ou en sombre héros (de la mer :p) mais le clown triste commence à m’ennuyer.

    L’autre déception, c’est le Jabberwocky. Je n’ai pas vu de Jabberwocky en fait, j’ai vu un dragon classique. C’est apparemment la représentation qu’en fait John Tenniel, illustrateur original d’Alice donc je suppose que c’est à ça qu’il ressemble pour Carroll. Personnellement j’en avais une image différente, mais surtout j’aurai aimé quelque chose de neuf…

    Par contre, les 2 reines sont bien, toutes les deux folles, mais rien de surprenant à cela. Chess, notre bien-aimé chat du Cheshire est très sympa. A la limite on appréciera mieux certaines références en ayant lu le livre, ce qui fait que pour une fois lire le livre avant de voir le film n’est pas un désavantage…

    Ce n’est pas un film qui fera date, pas une référence cinématographique, mais pas non plus un navet. 7/10 parce qu’on passe un bon moment, que le film est beau même si on en ressort pas marqué comme on peut sortir de certains films (particulièrement de certains Burtons). Je reconnais qu’on est à la limite du 6 à cause de ce manque de profondeur.

    Pour reprendre ta critique, on a un chef talentueux (Burton) à qui le client (Disney) commande des fraises au sucre, il va pas lui faire une crêpe au citron ! La scénariste à participé essentiellement à du Disney, trouve moi un passage torturé dans le Roi Lion ou Mulan… Bref, le client veut du sucre, tu as une recette à base de sucre, au mieux tu auras des fruits un peu plus acides… Et beaucoup de sucre !

    Enfin bref, ça croule sous les bons sentiments, c’est du D-I-S-N-E-Y !

    Quand tu dis « Rien n’est surprenant, rien n’émerveille, tout n’est qu’artifices suscitant l’ennui » j’ai l’impression que tu es blasé, certes c’est plus ou moins du Burton ‘classique’ visuellement, mais ça n’est pas moins efficace que ses autres films. Tu joues au vieux con, « c’etait mieux avant ! », « la technologie c’est aseptisé », au contraire, tous les personnages 100% virtuels sont agréables, la reine rouge est très bien faite, je ne vois pas ce que tu reproche au film sur ce point.

    En fait je pense que tu es un peu amer parce que tu attendais beaucoup de ce film et qu’il t’a déçu. Ca se sent déjà quand tu considère le film comme l’œuvre de Burton à base de Lewis Carroll dans une poêle Disney, tu néglige totalement Disney, tu relègue Disney, soit le producteur et le scénariste au rang de poêle, d’instrument, comme si il n’avait presque pas d’influence… Comme si le gars avec le chéquier n’avait pas son mot à dire, comme si la personne qui adapte un livre en scénario était neutre et n’altérait pas le matériau d’origine… Résultat, quand tu vois le résultat, qui est très peu burtonien, tu prends une baffe. Je te comprends d’autant mieux que j’ai eu la même réaction en voyant Avatar.

    Je suis par contre dubitatif sur l’intérêt de prendre une Alice adulte, à part que c’est plus simple de faire jouer une adulte qu’un mioche… Quoi qu’une Dakota Fanning de 12 ans aurait pu être un bon choix.

    ps: ce qu’il aurait fallut c’est un scénario type American McGee’s Alice. Mais Disney ne peut pas (plus ?) produire ça.

  5. Tuesd,
    Lorsque tu dis « le film est plutôt bon… pour un Disney. » Tu insinues que les Disney sont de façon générale, mauvais, ou bien je l’interprète mal ?

    Je recherche pas des passages torturés dans des Disney, mais un minimum de contenu, ce qu’Alice n’a pas.
    Concernant la technologie utilisée, par exemple, avec de la 3D – bon, on va etre dans l’animation 3D pure -, je trouve que Là-haut (Up) est ultime. C’est drôle, émouvant, beau (et accessoirement plus profond).
    Je préfère encore les personnages 3D de la nouvelle trilogie Star Wars à ceux d’Alice.

    Ensuite, je n’attends rien de Burton : c’est un réalisateur que je suis mais qui ne rentre pas dans mes cinéastes favoris. Je l’ai abordé avec un esprit plus clair et ouvert que Shutter Island par exemple.

    Et sinon, oui, un film porté sur l’univers de American McGee’s Alice aurait été énorme, mais pour le coup, impossible à estampiller Disney et inaccessible aux petits.

  6. Non je n’insinue pas que les Disneys soient en général mauvais (quoi que… 75% de daubes sans nom, c’est juste qu’on en parle pas ! M’enfin Air Bud & co…) mais qu’ils sont gavés de bons sentiments.

    En effet, Up, qui me fait pleurer à chaque fois que je vois le début, est simplement magnifique. Alice en est loin. (A la réflexion, je mets un 6/10 à Alice d’ailleurs). Mais c’est un Pixar. La en plus de la production Disney-Disney, on a quand même une scénariste Disney-Disney qui a participé au Roi Lion (superbe, j’en conviens, mais elle était juste un maillon de l’équipe), à Mulan (pas vu) et à part ça… Tic et Tac, des séries débiles (c) Disney…
    Et puis bon, si j’avais jugé La Princesse et la Grenouille sans tenir compte de sa nature Disney j’aurai été beaucoup plus sévère.

    On a droit au spam « si on y croit, rien n’est impossible » pendant tout le film, comme on à droit à « si on travaille assez on a tout ce qu’on veut, mais au fond ce dont on a besoin c’est l’amour » dans la Princesse… Méthode Disney… La ou dans Up et plus généralement chez Pixar, on a une évolution des personnages, chez Disney on a une cassure « je suis un boulet » PIF je réalise le message qu’on me rabâche depuis le début PAF « je suis un héros ».

    En fait je vais peut être dire pire que toi, mais c’est le 2e Alice de Disney… Et comment dire… les suites chez Disney… Les n°2/3/4 direct to dvd… J’me comprends… Mais j’ai beaucoup aimé la réalisation. Je ne me suis pas ennuyé… Je l’ai trouvé beau, graphiquement je l’ai trouvé vraiment beau ! Absolem, Chess ou le Lièvre sont très bien faits, la reine rouge aussi. Tous les acteurs sont bons (à part Depp ?).

    Le fond du fond, c’est qu’on perd en féérie à prendre une Alice adulte.

    Les dialogues plutôt drôles, c’est décevant pour du Burton, mais ça n’en fait pas un mauvais film ! Vite vu, vite oublié, beau mais vide, oui. Ô combien imparfait, décevant ! N’empêche, je préfère regarder 4 fois Alice qu’une seule fois de plus Avatar.

  7. Ah par contre, techniquement je ne l’ai pas trouvé beau mais fade. Les effets spéciaux semblent dater du Seigneur des Anneaux, qui n’excelle pas dans la catégorie effets visuels !

    Et pour ma part, je préfère revoir Avatar plutôt qu’Alice… D’accord Avatar est 100% prévisible, mais au moins, il est techniquement plus réussi et certains scènes d’action valent le détour (notamment vers la fin).

  8. Je dois être beaucoup moins difficile sur les effets spéciaux (ou un peu plus myope ?).

    Sinon, voici quelques reflexions d’un mien parent…

    Après Avatar:
    ‘Nem pa lé gro troumpfs !’

    Après Alice:
    ‘Nem lé zolies couleurs sikédélics !’

  9. Je dois avouer que je n’attends malheureusement plus grand-chose de Tim Burton. Voilà un type qui figurait parmi mes réalisateurs fétiches et dont le talent s’est flétri d’un seul coup: depuis qu’il est devenu papa, il n’a fait qu’un seul bon film, Big Fish, qui avait des résonances très personnelles pour lui. Sweeney Todd aurait pu être excellent s’il n’y avait pas ces incessantes chansons qui cassent toute la noirceur du scénario.

    Autant dire que je suis allé voir Alice avec un mélange d’excitation (Et si ?…) et de résignation (Bah, t’façons…). Alors que l’univers de Burton appliqué au chef d’oeuvre de Lewis Carroll aurait pu donner quelque chose de beaucoup plus sombre, on se retrouve ici avec un produit dégoulinant de sucre. Et ce n’est pas forcément la faute au grand méchant Disney : souvenez-vous de Charlie et la Chocolaterie…

    Ma grosse déception est le Cheshire Cat, jamais inquiétant alors que je l’ai toujours perçu comme un personnage des plus ambigus, ne sachant jamais si ses motivations sont du lard ou du cochon. Ici, la bonté irradie le moindre de ses poils, on dirait un Garfield inversé, que ce soit au niveau des couleurs comme dans son caractère.
    Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, surtout pour un film de Tim Burton, mais c’est la première fois que Johnny Depp m’exaspère (Pas vu Pirates des Caraïbes, mais je suis sûr que même là-dedans il était meilleur).
    Les jumeaux sont également plutôt ratés, mais là c’est la faute aux images de synthèse, particulièrement irréalistes pour un film de 2010.
    Tout n’est pas non plus à jeter. Si la Reine Rouge est effectivement un peu trop conne pour être vraie, Helena Bonham Carter l’incarne à merveille dans son hystérie. J’aime beaucoup également le Lièvre de Mars. Mais bon, c’est vrai que dans l’ensemble, c’est plutôt « Bah t’façons… » qui l’emporte. Dommage. Il aurait réalisé ce film il y a 15 ans, ça aurait été extraordinaire. Là, c’était trop tard…

    PS : Je ne savais pas que la 3D avait été faite en post-prod’. Pourtant, contrairement à Avatar qui avait l’intelligence de ne jamais être trop m’as-tu-vu sur ce point, certaines scènes sont clairement conçues pour la 3D, comme le générique d’intro ou l’arrivée au château avec cette caméra qui virevolte tout autour. Même dans ses pires films, monsieur Burton ne nous avait jusque là jamais habitué aux scènes de remplissage inutiles.

  10. On pourrait conclure que Tim Burton est incapable de réaliser un bon film de commande, puisqu’il s’agit ici d’une commande des studios Disney – on se souvient de son massacre de La Planète des singes !

    Je partage ton avis sur Sweeney Todd, les chansons, qu’on oublie dès la sortie de la salle, tirent le film vers le bas.
    Pour Pirates des Caraïbes, je n’ai vu que le 1er et je dois dire que Depp y est vraiment bon, maniéré comme il faut.

    Et dire qu’Alice a reçu tout de même 2 Oscars, certes dans des catégories mineures, mais ça fait sourire.

  11. Ce que je reproche vraiment à cette Alice au pays des merveilles , c’est son coté lice . Il y a le stencils les gentils , les méchants qui sont bien tranchés . J’aurais aimé avoir des personnages quand même plus contrasté … Mis bon si ça se trouve disney est pour quelque chose …

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