Critique : Tomb Raider

Reboot d’une franchise que l’on avait déjà oublié, et dont le jeu vidéo originel a gagné un nouveau souffle avec ses deux précédents opus, ce nouveau Tomb Raider porté par une énergie scandinave avec la suédoise Alicia Vikander dans le rôle de Lara Croft et un réalisateur norvégien aux commandes, Roar Uthaug, avait de quoi s’imposer comme un film d’action-aventure efficace. Du moins, de marquer autre chose que le box-office avec le premier film où officiait Angelina Jolie. C’est un échec total.

Tombe laideur

Commençons par citer les trois scénaristes derrière cette nouvelle ineptie qui nous ramène à la dernière adaptation infecte d’un jeu vidéo, Assassin’s Creed, où Michael Fassbender, compagnon d’Alicia Vikander, tenait le rôle principal – y aurait-il un défi dans ce couple pour jouer dans la pire adaptation vidéoludique ? Mais nous nous éloignons de nos chers scénaristes, qui sont Evan Daugherty (Ninja Turtles, Blanche-neige et le chasseur, Divergente), Alastair Siddons (le sous estimé A ceux qui nous ont offensés) et Geneva Robertson-Dworet (premier fait d’arme, et qui fait partie de l’armada de scribouillards derrière Captain Marvel). Inutile de parcourir en long et en large les plus grands épisodes de la saga Tomb Raider, ce qui fait le sel de cette aventure, c’est son héroïne forte qui traverse le monde en affrontant les pires dangers, d’un tyrannosaure à de véritables revenants, avec, toujours sur le dos, des organisations paramilitaires. C’est un savant mélange d’exploration et d’action avec des séquences spectaculaires. En somme, elle représente quelque part le pendant féminin d’un Indiana Jones. Dans ce nouveau Tomb Raider, Lara Croft n’est pas encore l’archéologue/aventurière/guerrière, il faut passer par la case origin story où la jeune femme, toujours affectée par la disparition de son père survenue il y a sept ans, n’a pas signé pour reprendre l’entreprise paternelle, préférant livrer des repas à vélo, car en 2018, Lara aime galérer comme tant d’entre nous. La galère, le spectateur l’a déjà comprise dès les premières scènes où Lara se prend une rouste sur un ring de boxe. En quelques plans, Roar Uthaug anéantit tout espoir de prendre sa dose d’adrénaline dans les séquences d’action à suivre par des choix de cadrage et de montage désastreux.

Grâce à un artefact, Lara décide de partir à la recherche d’une île où aurait disparu son père (Dominic West, plutôt ridicule) qui la hante dans des scènes de flashbacks d’un autre temps. La mission était de retrouver la sépulture d’une monarque japonaise, Himiko, qui semblait détenir un pouvoir mortel. Le danger : la Trinité, une organisation de méchants qui aiment le surnaturel – et donc probablement les tous récents épisodes de la saison 11 de The X-files – veut mettre le grappin sur ce précieux cadavre. De Hong Kong à l’île mythique au large du Japon, les séquences d’action minables se suivent en alternance avec des échanges d’une pauvreté affligeante, où l’on découvre notamment Walton Goggins en piètre figure du mal. Si l’engagement physique de Vikander dans son rôle est à saluer – bien que le choix de cette actrice laisse à désirer –, ses efforts ne sont jamais récompensés par le travail du metteur en scène, visiblement sans aucune vision du montage sur le plateau. Nous avons vu pire en matière de caméra-poubelle et de déluge de shakycam, mais ce Tomb Raider expose tous les traits d’un film dépassé, désuet, autant sur le plan technique que narratif. Malgré un segment d’exploration d’un temple un brin moins déconcertant que le reste – et s’apparentant à un Indiana Jones, justement –, Tomb Raider représente encore un échec tonitruant dans l’univers des adaptations de jeu vidéo. Laid, idiot et sans aucun sens du spectacle, ce Tomb Raider nouveau cru ne mérite que l’ignorance complète pour gagner au plus vite le tombeau des immondices du cinéma d’action.

0.5 étoile

 

Tomb Raider

Film américain
Réalisateur : Roar Uthaug
Avec : Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Daniel Wu, Kristin Scott Thomas
Scénario de : Evan Daugherty, Alastair Siddons, Geneva Robertson-Dworet
Durée : 118 min
Genre : Aventure, Action
Date de sortie en France : 14 mars 2018
Distributeur : Warners Bros. France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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