Critique : The Greatest showman

Alors que le cinéma américain nous livre de beaux cadeaux en ce mois de janvier, voilà une comédie musicale pour nous rappeler que Hollywood est aussi capable du pire en matière de divertissement. Hideux sur le fond et la forme, le premier long métrage de Michael Gracey est une horreur phénoménale.

Monstruosité hollywoodienne

Dans The Greatest showman, Hugh Jackman campe P.T. Barnum, éminente figure du show business du XIXème siècle. Bien que le film n’avance aucun argument de biopic, le choix du nom et le mimétisme avec la trajectoire empruntée par Barnum convoque une confrontation au réel, qui aurait pu donner lieu à un portrait passionnant en respectant la vie de cet homme controversé, salué ici comme un génie du cirque, le cœur sur la main. Dans le film écrit par Jenny Bicks et Bill Condon, Barnum ouvre un musée des curiosités à Broadway grâce un simple emprunt à la banque. En réalité, sa carrière de showman débute par l’exploitation d’une esclave noire, Joice Heth, exhibée comme la nurse de George Washington, soit disant âgée de plus de 160 ans. On est à peine surpris que cet élément clé soit passé sous silence dans ce long métrage qui s’ouvre de façon tonitruante avec un premier morceau insipide et tapageur (la musique est signée par John Debney et Joseph Trapanese), donnant le la à une œuvre qui semble avoir été créée par l’enfant démoniaque de Baz Lurhmann.

D’une niaiserie sidérante pour dépeindre sa success story qui prend les traits d’un conte de fée sous cocaïne, The Greatest Showman montre le succès rencontré par Barnum en créant un cirque de « freaks », de la femme à barbe au nain en passant par l’homme chien. Grâce à Barnum, ces êtres au ban de la société peuvent vivre de leur physique atypique et s’épanouir au sein d’une magnifique famille. Le portrait est enchanteur, bien qu’une partie des new-yorkais se révoltent face à ce spectacle. Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans ce cinéma guimauve lancé à l’allure d’une folle locomotive, incapable de ralentir le rythme dans sa succession de numéros insignifiants, où l’accent est placé sur Barnum, sa famille – qu’il est triste de voir Michelle Williams échouer ici dans le rôle de l’épouse –, et un personnage fictionnel campé par le beau Zac Efron. Car les « freaks » sont relayés au second plan, simples accessoires dont on taira l’histoire et les sentiments, tout comme les conditions de vie. Ici, il faut brailler et se trémousser jusqu’au rideau de fin en martelant la toute puissance du cirque et son chantre de l’époque. On pourra toujours se délecter de l’ironie d’une scène où un critique vient à la rencontre de Barnum pour lui dire qu’il est un escroc, que tout est faux dans son spectacle. C’est exactement ce que l’on a envie de dire à Michael Gracey avant de se mettre devant une comédie musicale digne de ce nom ou bien de revenir à Freaks de Todd Browning pour chasser ce mauvais rêve.

0.5 étoile

 

The Greatest Showman

Film américain
Réalisateur : Michael Percy
Avec : Hugh Jackman, Zac Efron, Michelle Williams, Zendaya, Rebecca Ferguson, Keala Settle, Sam Humphrey
Scénario de : Jenny Bicks, Bill Condon
Durée : 105 min
Genre : Comédie musicale
Date de sortie en France : 24 janvier 2018
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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