Critique : Seven Sisters

Dans Seven Sisters, Noomi Rapace se démultiplie en sept jumelles dans un monde dystopique qui applique la politique de l’enfant unique. Un film d’anticipation techniquement réussi mais au scénario d’une nullité abyssale.

Sept de QI

Le réalisateur norvégien Tommy Wirkola, derrière les films de zombies Dead Snow, se casse encore une fois les dents sur un projet international. Après le raté Hansel & Gretel : Witch Hunters, le voilà derrière un film d’anticipation écrit par des scénaristes qui semblent vivre dans le monde dépeint par Idiocracy tant cette dystopie relève de la niaiserie sidérante. Le postulat : dans un futur proche, la surpopulation a atteint un tel stade qu’il n’y a plus suffisamment de ressources pour l’humanité. Pour régler ce problème, la politique de l’enfant unique a été instaurée, sachant que tout enfant supplémentaire sera cryogénisé pour revenir parmi nous plus tard – quand la planète sera plus grande ? Déjà, le scénario de Max Botkin et Kerry Williamson ignore toute notion de géopolitique ainsi que les conséquences concrètes d’une planète Terre peuplée par 10 milliards d’habitants, mais tentons de passer outre ces éléments pour accepter cette proposition. Lorsque Karen Settman meurt en donnant naissance à sept filles, elle laisse son père Terrence (Willem Dafoe) dans un sacré embarras. Avec la complicité des équipes médicales, il parvient à confiner les sept enfants et élabore un stratagème afin qu’elles puissent mener une vie plus ou moins normale, chacune hérite d’un nom de la semaine qui correspond aussi à leur jour de sortie. Pour le monde extérieur, elles représentent toute une même femme, Karen Settman. Tout allait pour le mieux jusqu’au lundi où Monday ne revint pas du bureau – le titre original du film, plus poétique, est d’ailleurs What happened to Monday. Dès lors, les six sœurs doivent trouver un moyen de retrouver la disparue sans révéler leur secret.

Noomi Rapace campe donc sept personnages représentant une même identité, mais montrant chacune certaines particularités physiques et intellectuelles. Techniquement, Seven Sisters est une réussite, d’une part avec l’implication de la comédienne suédoise pour jouer, parfois dans un même plan, autant de personnages, et d’autre part grâce à un savant mariage d’effets numériques et de trucages avec des doublures. Aussi, le procédé s’avère au service de l’histoire sans être un simple faire-valoir comme le triste Legend qui dédoublait Tom Hardy. Mais cette histoire déçoit par sa ligne directrice et son nombre ahurissant d’incohérences, annihilant ce long métrage jusqu’à sa racine. C’est même sidérant de produire une œuvre de science-fiction sur la base d’une telle narration dénuée de toute réflexion, à tous les niveaux, et qui ferait passer le médiocre Divergente pour une perle du genre ! Avec ce torchon, Wirkola parvient à concocter une poignée de scènes d’action intéressantes, comme lors du raid de l’appartement des Settman, mais difficile de trouver du plaisir alors que chaque séquence tend à nous conduire vers une conclusion calamiteuse en semant son lot de sottise. Une production indigne d’un direct-to-dvd, dont le scénario aurait dû se biodégrader sagement dans les poubelles des studios américains.

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Seven sisters

Film américain, britannique, français, belge
Réalisateur : Tommy Wirkola
Avec : Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari, Pål Sverre Hagen
Titre original : What happened to Monday
Scénario de : Max Botkin, Kerry Williamson
Durée : 123 min
Genre : Science-fiction, Thriller
Date de sortie en France : 30 août 2017
Distributeur : SND

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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