Critique : Gardiens de la Galaxie 2

Il y a trois ans, James Gunn offrait une vraie bouffée d’oxygène à l’univers Marvel avec Les Gardiens de la Galaxie grâce à sa trajectoire résolument fun et une atmosphère marquée par les morceaux rock adulés par les protagonistes. Toujours aux commandes pour le second opus, le cinéaste originaire du Missouri livre encore un blockbuster particulièrement réussi.

Famille & Capitalisme

Quelle surprise de voir un Kurt Russell aussi jeune dans la première scène des Gardiens de la Galaxie 2. Jeune et si « réaliste », loin des horreurs exposées sans vergogne il y a quelques mois dans Rogue one. Où allons-nous avec cette technologie ? Pas de réponse encore…
Le film de James Gunn s’ouvre sur une sorte d’hommage au Starman de John Carpenter avant de retrouver l’équipe des gardiens, attendant l’attaque d’une créature spectaculaire sur une plate-forme d’une planète si éloignée. Premier tour de force : le combat, durant le générique du film, se déroule en arrière-plan, alors que Baby Groot se trémousse fAce à nous sur le Mr. Blue Sky d’Electric Light Orchestra. Cette scène, dont la musique diégétique sera interrompue par la destruction des enceintes par le monstre intergalactique, résume parfaitement l’état d’esprit de cette vigoureuse branche de l’arbre Marvel : prendre le contre-pied des autres blockbusters avec une posture cool et humoristique. Si le film porte des valeurs à saluer et de beaux moments d’émotion, le comique et la dérision n’abandonnent jamais le navire. Si grand spectacle il y a, ce dernier ne sera pas accompagné d’une bande originale tapageuse et impersonnelle – les morceaux de Tyler Bates se montrent assez discrets – mais surtout d’une compilation nostalgique de morceaux rock et folk, réunissant Looking Glass, Cat Stevens et Fleetwood Mac.

Dans Les Gardiens de la Galaxie 2, Peter Quill alias Star-Lord (Chris Pratt) rencontre son père, qu’il n’a jamais connu. Son père, c’est Ego (Kurt Russell), qui va venir à la rescousse des gardiens après que Rocket (voix de Bradley Cooper) ait volé de précieuses batteries au peuple des Souverains, avec à leur tête Ayesha (Elizabeth Debicki). Peuple d’or, des vêtements jusqu’à la chevelure, pilotant leurs vaisseaux de combats à distance comme on jouerait sur une borne d’arcade. Artistiquement, le film est un petit bijou, qui réunit un travail titanesque de la part de tous les départements impliqués dans la création du film : si les effets numériques – vaisseaux et créatures –, impressionnent, comment ne pas s’émerveiller face à de tels décors et costumes, à de tels maquillages qui rendent certains acteurs si méconnaissables, et ce, sans leur ôter d’éléments qui les rendraient insignifiants ? D’une Zoe Saldana verte pour camper Gamora à un Michael Rooker bleu doté d’une crête technologique dans le rôle du mercenaire Yondu, sans oublier l’emblématique Drax à la peau indescriptible, joué par un Dave Bautista de plus en plus drôle, il y a un travail colossal parfaitement accompli. Les différentes planètes et vaisseaux visités alimentent un univers visuel riche, vivant, à l’inverse du récent Ghost in the Shell dont le monde tendait à se désincarner au fil des minutes.

Présentant de nouveaux personnages charismatiques, dont Mantis – personnage hybride en matière d’effets spéciaux –, jouée par Pom Klementieff, le blockbuster de James Gunn charme par l’importance qu’il accorde à sa chacun de ses héros dans une aventure longuement privée d’une ligne claire en matière d’ennemis. Difficile d’aborder le cœur du film sans en révéler trop, mais en portant de belles valeurs sur la famille et la rédemption, Les Gardiens de la Galaxie 2 propose un divertissement à la fois touchant et drôle, qui moque également l’entreprise capitaliste derrière le film : Disney et sa politique de rachat des studios. Cela n’arrête pas la machine infernale à franchises bien entendu, mais cette autodérision se montre salvatrice dans notre monde gangrené par le capitalisme et l’oligarchie. Avec ses caméos inattendus, une propension à surenchérir en effets jusqu’à un dernier acte qui pourrait paraître boursouflé mais qui, au final, nourrit l’exaltation décomplexée et l’émotion du film, le nouveau Marvel se déguste comme un banquet fastueux – et ce, jusqu’à la dernière des nombreuses scènes post-générique : nous pourrions sortir de cette aventure gavés comme des oies mais c’est avec des sourires de gosse que l’on regagne la planète Terre. Mission accomplie.

4 étoiles

 

Les Gardiens de la Galaxie 2

Film américain
Réalisateur : James Gunn
Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Michael Rooker, Kurt Russell, Karen Gillan, Pom Klementieff, Elizabeth Debicki, Chris Sullivan, Sean Gunn, Sylvester Stallone, David Hasselhoff, les voix de Bradley Cooper et Vin Diesel
Titre original : Guardians of the Galaxy Vol. 2
Scénario de : James Gunn
Durée : 136 min
Genre : Action, Aventure, Science-fiction
Date de sortie en France : 26 avril 2017
Distributeur : The Walt Disney Company France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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