[Deauville 2014] #03 Jim, John et Jon

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Au programme de la troisième journée, Juillet de sang de Jim Mickle, la masterclass de John McTiernan et #Chef de Jon Favreau.

Deauville se réveille encore dans une brume épaisse, dissipée au profit d’un soleil de plomb après la séance matinale de Juillet de sang, 3ème film de la compétition. Afin d’être certain d’assister à la masterclass de John McTiernan animée par Vincent Malausa, j’ai préféré abandonner toute projection de l’après-midi pour visiter un peu le centre-ville et déjeuner avec des collègues les pieds dans le sable, assis sur les planches. Aucune foule aux alentours du C.I.D., bien que l’on m’ait indiqué que les week end concentraient le plus de monde sur le site. On croise majoritairement une population de seniors et de familles, certains faisant le guet dès l’après-midi autour du tapis rouge afin de voir les membres du jury se rendre dans la salle (photo-ci dessous).

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Dans le triangle formé par l’entrée de la Villa Cartier, l’hôtel Normandy et le C.I.D., les chasseurs d’autographe courent d’un point à l’autre pour obtenir les signatures d’Audrey Lamy, Costa-Gavras, Vincent Lindon ou encore Stéphane De Groodt. Non loin de là, en début d’après-midi, Fréderic Beigebeder dédicaçait son dernier roman dans une librairie locale.

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Après plus d’une heure et demie d’attente non loin de la terrasse du festival (photos ci-dessus), nous avons pu entrer dans l’auditorium Lexington, au niveau -2 du C.I.D. pour assister à la masterclass de John McTiernan.

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Animée assez péniblement par Vincent Malausa (à gauche ci-dessus), la masterclass a duré plus de 100 minutes, étendue à la demande même du réalisateur, mais globalement maigres en informations, la faute à des questions lourdes ou alambiquées. Tout d’abord, McTiernan a déclaré être heureux d’être de retour parmi les vivants – le réalisateur a été emprisonné un an suite à une sombre affaire d’écoute –, avant de commenter certains extraits de films, comme la scène d’ouverture de A la poursuite d’Octobre Rouge. Comme à l’époque il était impossible d’obtenir un résultat convaincant avec des effets numériques, les premiers plans avec Sean Connery sur le sous-marin ont été tourné sans trucage et ont coûté environ 500 000 dollars. Nous avons également appris que la scène finale de Predator lui était venue en rêve : il participait aux premiers tests d’explosion de la bombe atomique en compagnie d’Oppenheimer et cette dernière tournait à la catastrophe, le forçant à prendre ses jambes à son coup et de mourir en fuyant l’explosion. Questionné sur la gestion de l’espace dans ses films, et notamment dans Die Hard, John McTiernan a rappelé que lorsque l’on débute comme cinéaste, on cherche longuement à trouver le bon positionnement pour la caméra alors que la problématique s’avère simpliste : il suffit de se demander où l’on souhaite placer le spectateur.
Interrogé par un membre de l’audience en fin de leçon, il déclara que pour rester en bon terme avec Bruce Willis, il préférait s’abstenir de donner son avis sur les deux derniers épisodes de la saga Die Hard !
L’intégralité de la masterclass sera à retrouver avec Après la séance (l’article sera mis à jour avec le lien vers la vidéo).

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Revenons sur les deux films découverts en ce jour. Présenté au mois de mai à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, Juillet de sang est un polar de Jim Mickle (Stake land, We are what we are) qui plonge un père de famille ordinaire, Richard (Michael C. Hall), dans une sombre affaire criminelle. Une nuit, il abat de sang-froid un cambrioleur dans sa salle à manger. Malheureusement pour Richard et sa famille, il s’agissait du fils d’un malfrat en liberté conditionnelle que campe brillamment Sam Shepard. Ce dernier va menacer la gentille famille texane, mais alors que le film s’apprête à se développer comme un cousin pauvre d’un History of violence, le récit adapté d’un roman de Joe R. Lansdale change brillamment de direction pour associer le criminel au père de famille. Lorgnant sur la série B avec sa bande originale aux synthétiseurs rétro, Juillet de sang passera du polar au vigilante immoral et ultra-violent avec brio. Don Johnson, épatant détective privé, complète le trio central de cette œuvre sans prétention qui délivre une dose efficace de suspense dans un univers des plus noirs. Sans briller outremesure, voilà le premier film solide de la compétition.

Séance du soir au C.I.D. avec la première de #Chef de Jon Favreau, à la fois réalisateur et acteur principal du film. Sur le tapis rouge, Zoé Felix, interrogée sur son film américain préféré se montre indécise mais déclare que le E.T. de Steven Spielberg est une des œuvres américaines qui l’a le plus marquée.

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Dans ce feel good movie orienté sur la cuisine – et virant même au food porn avec son nombre incalculable de gros plans et inserts sur de la cuisson ou de la découpe d’aliments –, Jon Favreau règle ses comptes avec la critique – culinaire dans le film mais il n’est pas déplacé d’y voir un message envers les critiques cinéma qui furent loin d’être tendres avec ses derniers longs métrages, Iron Man 2 et Cowboys et envahisseurs. Il joue Carl Casper, chef d’un restaurant appartenant à un Dustin Hoffman réactionnaire et qui, face à son manque de liberté en cuisine, se fera descendre sur internet par le critique gastronomique le plus influent des Etats-Unis. Carl s’initiera alors aux joies des réseaux sociaux avec son jeune fils qu’il ne voit que trop rarement depuis son divorce avec la plantureuse Inez (Sofia Vergara). Un tweet malencontreusement envoyé publiquement déclenchera une tempête sur le web qui conduira Carl à quitter son poste pour se relancer dans un food truck. Partagé entre l’aventure filiale et une passion pour la nourriture (cubaine), ce film énergique ne permettra pas à Favreau de se rabibocher avec la critique mais probablement de gagner la compassion du grand public. Emporté par trop de bons sentiments, Favreau étire son œuvre avare en enjeux où il tient le bon rôle dans un monde idyllique – le monsieur s’accorde à la fois les faveurs de Sofia Vergara et de Scarlett Johansson ! Comédie sympathique, #Chef aurait gagné énormément à se débarrasser de quelques morceaux de gras ça et là.

Au prochain épisode, je vous parlerai d’Uncertain terms ainsi que de Camp X-Ray, où l’on retrouve Kristen Stewart dans un rôle particulier.

Article rédigé par Dom

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