[Critique] Hunger Games : l’embrasement (Francis Lawrence)

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Alors que le premier épisode de Hunger Games marquait le point de départ d’une saga intéressante malgré ses nombreux défauts – notamment en matière de mise en scène –, ce second opus fainéant expose tristement la pure exploitation commerciale d’une franchise à succès. Une suite purement ratée.

Pénible transition

Hollywood a compris depuis longtemps que les adaptations des romans à succès pour adolescents sont également synonymes de succès au box office. On ne critiquera pas les pontes du milieu pour faire tourner l’industrie du cinéma – et assurer leurs beaux jours – ainsi, d’autant plus que les fans sont, en général, satisfaits de la consommation cinématographique de leurs héros préférés. Désormais, le stade atteint est celui de la segmentation des derniers chapitres d’une saga en deux films, afin de maximiser le filon – voir Harry Potter et autres Twilight. Hunger Games n’échappera pas à cette nouvelle mode mercantile puisque le 3ème tome de la série de Suzanne Collins fera l’objet de deux longs métrages. Pourquoi cette introduction pour aborder Hunger Games : l’embrasement ? Eh bien tout simplement parce que ce second épisode est déjà un produit indigeste, pur épisode de transition fainéant sur tous les plans. Peut-être qu’il s’agit tout simplement du reflet du tome 2 – je n’ai pas lu les livres –, mais, dans ce cas, faut-il rester fidèle à une œuvre paresseuse ? Alors qu’on pouvait s’attendre à un véritable bouleversement dans l’univers dystopique du premier film suite à l’acte de rébellion de Katniss (Jennifer Lawrence) et Peeta (Josh Hutcherson), ces derniers sont toujours victimes du régime totalitaire (très enfantin) du président Snow (Donald Sutherland). Contraints de feindre leur amour, les deux vainqueurs de la 74ème édition des jeux vont se retrouver à nouveau dans l’arène puisque la tradition veut que, tous les 25 ans, d’anciens survivants de chaque district se retrouvent pour un nouveau combat à mort. Si la nécessité d’une révolution est lourdement avancé dans la majeure partie du film, l’étincelle ne viendra que trop tardivement.

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Alors qu’un changement complet de l’équipe technique a été effectué – à l’exception de James Newton Howard qui offre une nouvelle bande originale anecdotique –, Hunger Games : l’embrasement ne tire aucun bénéfice de ce changement, au contraire, la saga en devient un peu plus impersonnelle. Seule ligne directrice conservée, ce cocktail de niaiserie et de kitsch qui procède autant des costumes et maquillages que de la psychologie des personnages. Malgré les éléments mis en place dans le premier épisode, cette suite réalisée par Francis Lawrence emprunte les mêmes sentiers, évitant minutieusement de pousser le récit de l’avant. En résulte une profonde lassitude à suivre le nouveau parcours que doit endurer Katniss au nom de sa famille et de sa communauté. Dans le rôle du nouveau Haut juge, Philipp Seymour Hoffman, dont la stature provoque une véritable dissonance dans cet univers. Même l’arrivée dans l’arène de combat n’apporte plus les éléments qui donnaient un minimum de cachet à Hunger Games, premier du nom. Tout y est plus superficiel, cherchant à pimenter l’expérience par de pauvres artifices. Autre déception : les effets visuels, pourtant confiés à Weta Digital, la société fondée par Peter Jackson, ayant livré un travail pourtant bluffant sur King Kong, Avatar et Prometheus, pour ne citer que trois films. Ici, le service minimum a été rendu, et le manque d’ambition du réalisateur donne lieu à des scènes d’action aussi rares que ratées. On pourra peut-être sauver une scène créant une véritable rupture cauchemardesque – du moins, sur ses premiers plans –, lorsque le groupe de Katniss se retrouve menacé par un brouillard mortel.

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Etouffant ses enjeux pour les laisser exploser dans les prochains films et encore moins séduisant sur le plan artistique que le précédent volet, Hunger Games : l’embrasement apparaît comme une suite fade et sournoise, diminuant l’intérêt de la saga. Sur les deux affiches des films Hunger Games, Jennifer Lawrence pointe une flèche dans notre direction. Il fallait peut-être y voir un avertissement directement adressé aux spectateurs potentiels.

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Hunger Games : l’embrasement

hunger-games-embrasement-afficheFilm américain
Réalisateur : Francis Lawrence
Avec : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Liam Hemsworth, Philipp Seymou Hoffman, Stanley Tucci, Donald Sutherland
Titre original : The Hunger Games : Catching Fire
Scénario de : , d’après l’œuvre de Suzanne Collins
Durée : 146 min
Genre : Drame, Science-fiction, Action
Date de sortie en France : 27 novembre 2013
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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5 commentaires

  1. Apparemment, le fait de n’avoir pas lu le livre vous handicape réellement dans la rédaction de cette critique…
    Bien qu’étant bel et bien un film « commercial », il en reste tout de même une très bonne adaptation de l’histoire ! Amenant progressivement la rébellion jusqu’à …. la suite dans le 3eme opus.

    « Philipp Seymour Hoffman, dont la stature provoque une véritable dissonance dans cet univers. » Oui, non, pas du tout. Pardon mais vous n’avez donc rien compris…

    Bref… à tout lecteur n’ayant pas encore vu le film mais connaissant l’histoire, prenez le temps de voir cet épisode, bien que n’étant pas le meilleur film qui soit, il retrace très bien l’atmosphère et l’histoire de Suzanne Collins..

  2. On est allé le voir avec ma femme, mais qu’est-ce qu’on s’est ennuyé !!! C’est un film pour enfants de 11 ans, nous on est parti avant la fin, du très mauvais cinéma et de l’argent foutu en l’air !! On n’en a rien à foutre du livre, on va pas regarder un livre quand on va au cinéma mais regarder un film, ils nous saoulent ces pseudos lecteurs à la con, chaque support à un langage, un rythme, des avantages et inconvénients, des codes, or ici nous allions voir un film, puff comme c’était nul !! d’accord à 1000% avec la chronique 1/10 !

  3. @Etienne : oui à 100%, effectivement on va voir un film, le rapport reste secondaire car jamais un film pourra retranscrire à la perfection un roman.

    Sinon pour moi c’est du cinéma mineur (dans tous les sens du terme), ma note serais pas aussi dure car je tente de rester objectif notamment en pensant au teen mais ça reste aussi sucré que trop formaté… 1/4

  4. Je vous trouve trop sévère avec ce film, je tiens à dire que je n’ai pas lu les livres. J’étais réticent à y aller car j’avais lu la critique de Dom mais ma compagne a finalement insisté et j’ai été agréablement surpris.

    Pour tout dire, je trouve le film assez bon jusqu’au retour dans l’arène ce qui doit se produire à la moitié ou au 2/3 de la durée totale. Un des points forts du premier film, la normalité de Katniss, si l’on excepte sa capacité de tir à l’arc, est très bien montrée, c’est une jeune femme qui a peur, ne veut pas y retourner et se montre avec ses doutes.
    Peeta bénéfice d’un traitement plus favorable ici puisqu’il passe de statut de poids mort et faire valoir à celui du mec normal qui tente de faire ce qu’il peut. Les 2 persos principaux m’ont plu, ils sont travaillés et une grande part du film tourne autour de leur relation qui n’est pas inintéressante.

    En revanche, je rejoins Dom sur la partie dans l’arène que j’ai trouvée trop longue et qui n’apportait rien par rapport au premier film. Il aurait été mieux venu de trouver une échappatoire hors de l’arène rapidement pour nous montrer quelque chose de nouveau.
    Enfin, les 15 dernières minutes sont, je le concède, très mauvaises. Ils n’avaient plus de budget à la fin ou quoi ? Décors peu recherchés, dialogues peu entraînants et une fin trop brutale.

    Ma note finale se rapprocherait plus du 6/10 que du 1/10.

  5. @Arnaud : je pense pouvoir avoir saisi la place du personnage campé par Philipp Seymour Hoffman, je dis simplement que cet acteur se retrouve dans un univers où il lui est difficile d’exprimer son talent.

    Au final, je me sens désormais pris au piège des studios et d’aller voir les deux prochains films pour connaitre le fin mot de cette histoire mais j’espère que le prochain se montrera plus solide dans sa narration, ses enjeux et aussi sa mise en scène – j’en demande déjà trop, probablement !

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