[Critique] Radiostars (Romain Levy)

La comédie française est devenue un commerce qui ne respecte ni le public, ni le cinéma en tant qu’art : les mêmes têtes d’affiche, les mêmes scénarios indigents se succèdent tout au long de l’année. Las de cette situation, Romain Levy, qui signe son premier long-métrage, tente d’offrir au public la comédie qu’il aimerait voir en salle. Un paramètre simple qui change radicalement la donne pour Radiostars.

Objectif fun

Imbu de leur succès, un groupe d’animateurs d’une émission de radio matinale va se retrouver en dehors du confortable studio dans lequel les vannes pleuvent sur les microphones. Si au cours de leur tournée en France, en compagnie de Ben (Douglas Attal), le petit nouveau, l’équipe du Breakfast club ne parvient pas à reprendre la première place du podium, tous prendront la porte…
Une réelle alchimie opère parmi la bande, dans laquelle on trouve un Clovis Cornillac impétueux et un Manu Payet électrique, toujours animée par des railleries dévastatrices. Croisement du film de potes et du road-movie, Radiostars joue la carte de la légèreté ; il n’est pas question ici d’étudier le pouvoir des ondes radiophoniques comme dans le Talk Radio d’Oliver Stone, mais plutôt d’envoyer une bande originale dynamique et de bousculer sa galerie de personnages charismatiques autour du micro, à la façon de Good Morning England.

Exploitant savoureusement certains stéréotypes – comme celle de la star du rap jouée par Jacky Ido – et références de la culture pop, cette comédie offre, à défaut d’un récit profond, de nombreuses séquences particulièrement drôles. Outre le torrent de vannes souvent salaces, les situations cocasses s’enchainent à un rythme soutenu qui permet au film d’assurer sur le front du pur divertissement. Dommage toutefois qu’au bout de l’aventure, il n’y ait pas plus de substance, car si le voyage se montre poilant, le final, trop long et sirupeux, manque de donner une réelle conclusion au destin des protagonistes en tant que groupe. Un léger sentiment d’inachevé qui ne parasite pas les effets des ondes humoristiques bombardant le spectateur tout au long du film.
Quelque part entre Presque célèbre et Good Morning England, Radiostars se revendique comme fun et léger : aucune arnaque sur la marchandise n’est à signaler, c’est bien le principal. Un feel good movie à la française plutôt réussi.

Remerciements : Allocine

3.5 étoiles

 

Radiostars

Film français
Réalisateur :
Avec : Manu Payet, Douglas Attal, Clovis Cornillac, Pascal Demolon, Benjamin Lavernhe, Côme Levin, Zita Hanrot
Scénario de : Romain Levy, Mathieu Oullion
Durée : 100 min
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 11 avril 2012
Distributeur : Mars distribution

Bande Annonce :

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2 commentaires sur “[Critique] Radiostars (Romain Levy)”

  1. Squizzz dit :

    En complément de ton introduction (très juste) sur la comédie française, je rajouterai que Romain Levy a bien eu du mal à financer son film, ayant essuyé des refus de la part de toutes les chaînes de télé…
    Et sinon complétement d’accord avec ta critique

  2. Je trouve que Radiostars est un film humoristique très bien produit. Les touches d’humour, sont illustrées magnifiquement, les personnages quant à eux conviennent parfaitement avec l’acteur qui l’incarne : Cornillac est le mec dur qui finalement est attachant, Payet quant à lui est le déconneur totalement extraverti qui peut pas s’empêcher de faire l’idiot ! Douglas Attal joue moins bien je trouve, ses comédies sont trop surjouées.

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