Test Blu-ray : Sorry we missed you

Fiche Technique :

Sorry we missed you (2019) réalisé par Ken Loach
Avec : Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor, Ross Brewster, Charlie Richmond
Durée : 101 min
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais, Français DTS-HD Master Audio 5.1 ; Audiodescription en français
Sous-titres : Français (forcés avec la VO)
Format d’image : 1.85:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Le Pacte

Synopsis :

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Le film :

Pour retrouver la découverte du film à Cannes, c’est par ici.

Ken Loach et son fidèle scénariste Paul Laverty s’attaquent à un nouveau fléau dans la société, l’uberisation du travail, conduisant des hommes et des femmes à souffrir encore plus à la tâche, condamnés à pratiquer des horaires absurdes dans des jobs cadencés pour joindre les deux bouts. Et de quels bouts parle-t-on ? De ce qu’il reste d’une vie de famille après des journées débutant à l’aube pour s’achever au mieux peu avant 22 heures ? Dans Sorry we missed you, les Turner représentent ces familles blousées par les banques, multipliant les heures de travail pour offrir un toit à leurs enfants, qu’ils ne voient presque plus. Ricky (Kris Hitchen) décide d’arrêter les nombreux travaux manuels qu’il a enchaîné comme un damné pour devenir livreur de colis « franchisé » : attention à l’emploi de cette notion, le voilà simplement à la merci d’une société qui peut se débarrasser de lui à tout moment, avec tout bonnement aucun avantage, aucune sécurité. Le moindre souci lui coûte de l’argent, et le boulot est loin d’être reluisant : conduire d’un bout à l’autre de Newcastle en respectant parfois des créneaux de livraison idiots, en se confrontant parfois à des clients profondément méprisables – ou parfois drôles, comme cet échange fleuri avec un autre fana de football.

Sa femme Abbie (Debbie Honeywood) travaille comme auxiliaire de vie. Afin que son mari s’offre une camionnette pour se lancer dans la livraison de colis, elle renonce à sa propre voiture pour emprunter le réseau de bus. Face à des personnes handicapées ou des retraités, Abbie met du cœur à l’ouvrage, bien qu’elle soit obligée de respecter des créneaux horaires pouvant priver certains de l’attention dont ils ont besoin : la seule solution, prendre sur ses pauses, risquer un retard pour la personne suivante, faire des heures supplémentaires qui ne seront en aucun cas rémunérées. Avec ces parents si peu présents, les enfants souffrent, en premier Sebastian (Rhys Stone), lycéen qui s’adonne au graffiti avec les copains tout en perdant pied en cours. Liza Jane (Katie Proctor), plus jeune, parvient à maintenir le cap, et lorsqu’elle partage une journée de travail avec son père, l’illuminant par son énergie et son sourire, Ricky se voit réprimandé et invité à ne jamais recommencer ce genre de fantaisies. Au fil des semaines, la cellule familiale flirte avec l’implosion. Dans cette chronique poignante et révoltante, Ken Loach montre toujours les méfaits du capitalisme si destructeur, d’une politique néo-libérale qui broie les êtres sans la moindre pitié. Une société vouer à détruire toujours de plus en plus, jusqu’à trouver sa propre fin. Sorry we missed you tient de ces œuvres qui invitent à repenser notre société, réalisée avec un savoir-faire impeccable, de la direction d’acteur à cette mise en scène si réaliste, se privant pourtant de toute caméra épaule – employée à tort à travers par des soit-disant naturalistes !

 

Le Blu-ray

– Image :

Sorry we missed you marque la quatrième collaboration entre Ken Loach et le chef opérateur Robbie Ryan, une collaboration qui a débuté en 2012 avec La part des anges. La méthode Loach reste inchangée : se concentrer sur l’humain sans jamais se montrer intrusif avec la caméra. Le quotidien des personnages est souvent capté en longue focale quand le cadre le permet, et les gros plans s’imposent par certaines situations – l’habitacle d’une voiture. Mais avec ses plans moyens, Loach saisit l’essentiel, l’émotion sans pathos, dans un 16 mm de caractère. La profondeur de champ est rarement étendue et ce sont principalement des plans moyens en intérieur qui constituent ce film. Le grain est bel et bien présent, et le film affiche un excellent piqué, tout comme le niveau de détails. L’image affiche de moindre qualités dans les quelques plans nocturnes, bénéficiant de noirs profonds. Les couleurs sont naturelles, stables. Un très bon transfert.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Tout le monde sera satisfait sur la partie audio et sous-titrage – bien que les sous titres anglais soient imposés sur la VO : l’anglais et le français sont en DTS-HD Master Audio 5.1, complétés par une piste en audiodescription et des sous-titres destinés aux sourds et malentendants. Sorry we missed you voit sa partie audio concentrée sur les voix, et donc un canal central au rendu parfait – les moindres variations lors de la prise de son et la réverbération des différentes pièces, comme le hangar, sont perceptibles. Pour les effets, on trouve de discrètes ambiance urbaines, ainsi que des bruits de la vie quotidienne. Comme souvent chez Loach, la musique est employée avec une extrême parcimonie, ne troublant pas l’équilibre du mixage.

– Bonus :

Les bonus sont en haute définition.
– Making of (5 min)
– Entretien avec Ken Loach (19 min)
Bonus exclusifs à l’édition Fnac :
– Entretien avec Paul Laverty (22 min)
– Entretien avec les acteurs (28 min)
– Bande annonce

 

Film :
4 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
5 étoiles
Bonus :
3 étoile
Avis Global :
4 étoiles
Article rédigé par Dom

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