Critique : Scream 3 (Wes Craven)

Scream 3 (2000), un film de Wes Craven
Scénario de Ehren Kurger
Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Liev Schreiber, Patrick Dempsey, Jamie Kennedy, Lance Heriksen, Emily Mortimer, Jenny McCarthy, Scott Foley, Jamie Kennedy, Parker Posey
Genre : Horreur, Crime, Mystère

 

 

 

 

 

On prend les mêmes et on recommence – ou presque ! Pour Scream 3, Kevin Williamson est remercié alors qu’il avait proposé un scénario complet. Ehren Kurger reprend le flambeau qui l’a probablement conduit à ruminer longtemps, en se brossant les dents, peut-être trois fois par jour si son hygiène est irréprochable. Comment pimenter le petit jeu rébarbatif de ghostface ?

Kurger importe un principe qui réhabilite le téléphone du premier opus pour une utilisation navrante. Désormais, le tueur possède un fantastique appareil qui lui permet d’imiter n’importe quelle voix pour duper son interlocuteur. Le spectateur un minimum vigilant remarquera facilement que, lors d’une conversation téléphonique, si l’un des personnages n’est pas montré à l’écran, c’est qu’il s’agit d’un piège tendu par le tueur. L’effet de surprise est inexistant et cette méthode permet d’éliminer des personnages à tout moment, sans que le scénariste se creuse trop les méninges…

Stab, le faux film du film dans le film – vous suivez ? –, est un filon aussi juteux que Scream puisque le tournage du 3ème opus est en cours dans Scream 3. Ghostface s’attaque aux acteurs de Stab dans le but de tirer Sidney Prescott hors de sa tanière, à l’adresse tenue secrète. Ironie du sort, Sidney, qui bosse à domicile, assiste par téléphone des femmes en détresse. La plus persécutée des femmes à la rescousse des autres, c’est d’une évidence ! Si seulement ce détail était le seul élément à blâmer dans Scream 3, tout irait pour le mieux, mais voilà, Kurger a abandonné un élément crucial qui faisait le charme du second volet : l’autodérision, totalement volatilisée. Ajoutez à cela un casting catastrophique, dirigé par un Wes Craven qui devait roupiller sur le plateau pour garder des prises aussi désolantes. Il aurait été intéressant que les acteurs de Stab soient de piètres interprètes dans le cadre du tournage, mais non, ils sont mauvais en toute situation. Emily Mortimer est d’une nullité sans nom. L’atout sexy du film, Jenny McCarthy, se fait trucider au début du métrage. Mais pourquoi tant de haine ?

On retrouve de nouvelles règles, s’appliquant – soit disant – aux trilogies horrifiques : le tueur est censé être surhumain et donc difficile à abattre ; tout le monde, y compris l’héroïne, peut mourir ; le passé va ressurgir pour s’attaquer aux protagonistes. Question passé, c’est la mère de Sidney Prescott qui revient d’outre-tombe ; sur chaque scène de crime, une photo de Prescott mère est retrouvée. L’introduction d’un mystère parallèle à l’enquête est une idée louable mais son exploitation est trop inconsistante pour ménager le suspense. Dewey, toujours aussi futé, reçoit sa dose épisodique de blessures dans un volet qui accuse également de meurtres moins élaborés. Scream 3, frêle variation des épisodes précédents, condense un maximum de lacunes, sur chaque plan. L’horreur tourne à la farce dans le dernier acte, dans un manoir où le mobile grotesque, enfin dévoilé, n’est même pas le coup de grâce : c’est sur une scène mielleuse, digne d’une série Z – ou d’un épisode des Bisounours en vacances aux Etats-Unis –, que Wes Craven conclue sa trilogie.
Si l’on fait abstraction de l’excellente apparition de Carrie Fisher – la princesse Leïa de Star Wars –, Scream 3 peut être résumé avec cette simple phrase : ça ne vaut pas le coup.

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La suite avec la critique de Scream 4

Article rédigé par Dom

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2 commentaires

  1. Sympa ta rétrospective de la saga Scream. J’ai vu les 3 mais j’avoue ne pas en avoir gardé un très bon souvenir… Le quatrième épisode attendra un éventuel passage à la télévision.

  2. Merci, les Scream, ce sont des souvenirs d’ados surtout et ça ne m’a pas déplu de replonger dans cet univers avant la sortie du quatrième opus. D’ailleurs, je n’avais pas gardé un mauvais souvenir du 3ème avant de le revoir récemment !

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