Critique : Relic

Premier long métrage de Natalie Erika James, Relic raconte un drame familial en empruntant le chemin du film d’épouvante. Réalisé avec un véritable sérieux, le film n’a pourtant aucun impact, la faute à des personnages creux et une narration indigente.

Déclin nonchalant

Dans l’Etat de Victoria en Australie, Kay (Emily Mortimer) est prévenue par les forces de police que sa mère, vivant dans une maison isolée dans une zone forestière, a disparu depuis plusieurs jours. Elle se rend sur place avec sa fille Sam (Bella Heathcote) et les recherches avec la police locale se montrent vaines, jusqu’à ce qu’Edna (Robyn Nevin) réapparaisse subitement, avec d’étranges tâches noires sur le corps mais visiblement aucun traumatisme ni séquelle. Elle présente seulement des signes de trouble de la mémoire avec ces post-it disséminés un peu partout, parfois pour des tâches simples. Des phénomènes étranges vont se produire alors que Sam envisage de vivre auprès de sa grand-mère esseulée. Problème majeur d’emblée, le premier quart d’heure du film dévoile toute la trajectoire du film : la scène d’introduction ôte une grande part de mystère et le sort des aïeux, enclins aux maladies, habite le film de Natalie Erika James sans jamais dépasser la simple illustration d’un phénomène de société. Il est même difficile d’avoir de l’empathie pour ces personnages qui manquent cruellement de caractérisation, subissant les changements d’humeur brutaux de la matriarche. Les éléments horrifiques, ces présences fantomatiques et tâches noires qui envahissent les murs restent des effets sans portée : Relic se montre inabouti dans ses séquences d’épouvante, qui s’appuient sur des poncifs du genre.

Si les efforts fournis par les comédiennes et les différents pôles artistiques sont à souligner, ils s’avèrent malheureusement vains tant ce long métrage ne parvient jamais à transcender son sujet – et qui, ainsi, aurait pu se limiter au format court. Sans véritable suspense, dénué de rebondissements et développant une atmosphère banale, Relic ne parvient jamais à dynamiser son électrocardiogramme plat, même dans ses ultimes séquences où l’illustration de la solitude et de la vieillesse inéluctable atteint son paroxysme. Relique anémique du sort de nombreux de nos ancêtres, le film de Natalie Erika James n’apporte aucun argument sur la table des débats – ni de coup de fouet au cinéma d’épouvante. Un vague sentiment d’errance.

1.5 étoiles

 

Relic

Film américain, australien
Réalisatrice : Natalie Erika James
Avec : Emily Mortimer, Bella Heathcote, Robyn Nevin, Chris Bunton, Jeremy Stanford
Scénario de : Natalie Erika James, Christian White
Durée : 89 min
Genre : Drame, Epouvante
Date de sortie en France : 7 octobre 2020
Distributeur : Star Invest Films France

 

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. J’ai bien aimé, je trouve au contraire que le suspense est distillé sur la durée, et surtout le scénario est malin. Une bonne surprise pour ma part

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