Test Blu-ray : Network

Fiche Technique :

Network (1976) réalisé par Sidney Lumet
Avec : William Holden, Faye Dunaway, Peter Finch, Robert Duvall, Ned Beatty, Wesley Addy, Beatrice Straight, Arthur Burghardt
Durée : 121 min
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français (optionnels)
Format d’image : 1.85:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

Synopsis :

Howard Beale est présentateur du journal télévisé sur UBS depuis quinze ans. Devant une forte baisse d’audience, et malgré les protestations du responsable de l’information Max Schumacher, la chaîne décide de se passer de ses services. Désespéré, Howard Beale annonce son suicide en direct à la télévision. Dès lors, sa cote de popularité explose et Diana Christensen, responsable de la programmation, lui donne carte blanche pour animer sa propre émission…

Le film :

Réalisé par l’éminent Sidney Lumet, Network a pour scénariste le multi récompensé Paddy Chayefsky (notamment deux Oscars pour les scénarios de Marty de Delbert Mann et L’Hopital d’Arthur Hiller, et qui recevra d’ailleurs son troisième et ultime Oscar avec ce film). Chayefsky s’attaque au milieu de la télévision, puissant microcosme qu’il connaît très bien car ses désillusions et sa rage procèdent de son travail pour le petit écran. Pourtant, Network est bien plus qu’une satire du monde télévisuel, la critique sociétale qui y résonne avec virulence dépasse le carcan du poste alors cathodique, c’est toute une logique économique, toute la machine capitaliste et mondialiste qui affiche son venin et sa vanité, le péril encouru par l’espèce humaine, à la fois esclave et moteur d’une dérive colossale. Ce long métrage, réalisé en 1976, ne pouvait pas encore imaginer les ravages des chaînes d’information en continue et encore moins la nocivité d’internet, et malgré tout, le film reste profondément d’actualité : le monde qui y est dépeint, avec ses transformations émergentes ou annoncées, est le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Visionnaire, tristement visionnaire !

L’action se déroule au cœur d’une chaîne américaine, UBS, dont le présentateur des informations, Howard Beale (Peter Finch), est licencié après plusieurs années de bons et loyaux services. Récemment achetée par le groupe CCA, UBS doit répondre aux actionnaires, avoir un audimat plus attractif, y compris sur l’info. Nuit d’alcool pour Howard avec Max Schumacher (William Holden), directeur du service information qui ne peut rien pour sauver le poste de son ami : on aperçoit déjà la fin d’un monde. Le lendemain, à l’antenne, Howard annonce qu’à l’issue de sa dernière semaine, il se suicidera en direct, n’ayant que la télévision dans sa vie. Stupeur et tremblements. Max parvient à lui offrir toutefois la possibilité de faire ses adieux à l’antenne et nouveau dérapage : Howard vocifère dans un langage grossier, déballant toute une bile qui provoque un sursaut d’audience. A la programmation des divertissements douteux, l’ambitieuse Diana Christensen (Faye Dunaway) voit là l’occasion de créer un nouveau type de programme, avec Howard en prophète qui pourrait déblatérer tout et n’importe quoi puisque c’est ce que recherche les téléspectateurs. A deux doigts du chômage, Howard se retrouve avec une nouvelle émission, et personne ne saisit sa détresse, la folie qui le contamine et l’anime : tant que les chiffres sont favorables tout va bien, jusqu’à un nouveau dérapage, cette fois à l’encontre de la maison mère, CCA, qui devait vendre des actions à l’Arabie Saoudite. Nouveau tumulte aux conséquences encore surprenantes… Avec des acteurs possédés, Network expose et dénonce toute la folie du capitalisme et de la mondialisation par le prisme de la télévision, l’avènement de la superficialité, écrasant toutes les valeurs humaines, en perdition. Sur ce versant, l’évolution de la relation entre Max Schumacher et Diana Christensen se montre tout aussi éloquente que les monologues géniaux de Howard, ou les coups de colère des différents personnages, de l’arriviste et assoiffé Frank Hackett (Robert Duvall) en passant par le magnat de CCA, Arthur Jensen (Ned Beatty), aux déclarations géniales, telle que « C’est le système international des devises qui détermine la totalité de la vie sur cette planète. »
Dans le gouffre écologique et social dans lequel nous sommes aujourd’hui, on peut être amer d’avoir regardé des chefs d’oeuvre au cynisme prophétique comme Network sans les avoir écouté. Triste monde.

 

Le Blu-ray

– Image :

L’image offerte par cette édition blu-ray de Network oscille entre l’excellence et la perfection. Le film se déroule principalement dans les locaux d’UBS, bureaux, plateaux et salles de régie, et les personnages n’évoluent que rarement dans les rues de New-York : appartements, restaurants et conférences constituent les autres cadres, à la profondeur d’image moyenne. En gros plan, voilà un modèle de précision et de détail, avec des couleurs naturelles, sans saturation excessive, et l’on perd naturellement un peu en détail en s’éloignant des comédiens. Quelques points blancs restent présents ça et là, seuls témoins du temps écoulé pour ce film conservant un beau grain 35 mm. Si les scènes contrastées et nocturnes n’affichent pas de défaut particulier, on notera du fourmillement dans les basses lumières des scènes à ambiance tamisée. Les noirs manquent aussi parfois de profondeur dans ces situations, mais rien de véritablement dégradant.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Mixage mono original en DTS-HD Master Audio : pourquoi demander autre chose puisque le film se concentre sur ses échanges verbaux, monologues prodigieux et joutes colériques ? Les voix sont parfaitement intelligibles d’un bout à l’autre du film, toujours détachées des atmosphères se limitant à des ambiances de bureau ou de plateau. Il n’y a pas de musique dans ce film, le dynamisme s’exprimant lors des quelques jingles télévisés. On notera toutefois une légère diminution du niveau de sortie après une demi heure de film environ, mais ce n’est pas une chute vertigineuse non plus ! Très bonne piste.

– Bonus :

By Sidney Lumet, documentaire de Nancy Buirski, réalisé en 2015, revenant sur la carrière de Sidney Lumet avec le réalisateur en personne. En HD, 110 min.
– Bande annonce du film

Annotations :


Network est la douzième édition ultra collector concoctée par Carlotta Films. Composée de trois disques, un Blu-ray avec le film et le documentaire ainsi que deux DVD, l’un avec le film et l’autre le documentaire, cette édition limitée est accompagnée d’un livre de 200 pages, avec photos d’archives, de Dave Itzkoff : « Fou de rage : la genèse de Network et la vision prophétique du type le plus furieux du cinéma. » Doté d’un nouveau visuel signé Joachim Roncin, le film sera aussi disponible en éditions Blu-ray et DVD simples mais sans comporter le documentaire de Nancy Buirski dans la section bonus.

 

Film :
5 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
4 étoiles
Bonus :
4 étoile
Avis Global :
5 étoiles
Article rédigé par Dom

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