Test Blu-ray : The House that Jack built

Fiche Technique :

That House that Jack built (2018) réalisé par Lars Von Trier
Avec : Matt Dillon, Bruno Ganz, Riley Keough, Uma Thurman, Siobhan Fallon Hogan, David Bailie
Durée : 152 min
Genre : Drame, Thriller
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 & 2.0
Sous-titres : Français (optionnels)
Format d’image : 2.39:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Potemkine Films

Synopsis :

Interdit aux moins de 16 ans
États-Unis, années 70.
Nous suivons le très brillant Jack à travers cinq incidents et découvrons les meurtres qui vont marquer son parcours de tueur en série. L’histoire est vécue du point de vue de Jack. Il considère chaque meurtre comme une œuvre d’art en soi. Alors que l’ultime et inévitable intervention de la police ne cesse de se rapprocher (ce qui exaspère Jack et lui met la pression) il décide – contrairement à toute logique – de prendre de plus en plus de risques. Tout au long du film, nous découvrons les descriptions de Jack sur sa situation personnelle, ses problèmes et ses pensées à travers sa conversation avec un inconnu, Verge. Un mélange grotesque de sophismes, d’apitoiement presque enfantin sur soi et d’explications détaillées sur les manœuvres dangereuses et difficiles de Jack.

Le film :

Vous pouvez retrouver le récit de la découverte du film à Cannes 2018.

Il n’y a rien de plus plaisant qu’un film qui parvient à tenir toutes ses promesses et qui préserve toute sa force après avoir été revu à plusieurs reprises. The House that Jack built nous plonge dans la psyché d’un tueur en série, sévissant aux Etats-Unis à la fin des années 1970, et interprété avec brio par Matt Dillon, névrosé et doté d’ahurissantes capacités de transformation et d’adaptation face à ces futures victimes. C’est le récit d’une descente en enfer, en compagnie d’un certain M. Verge (Bruno Ganz), dans une projection de Virgile conduisant Dante aux enfers. Il y a d’ailleurs une référence directe à l’Enéide et des visions univoques dans l’ultime segment du film, où Lars Von Trier met en scène le tableau La Barque de Dante d’Eugène Delacroix. Mais avant cet épilogue à couper le souffle esthétiquement, il y a le récit des meurtres atroces commis par M. Sophistication, pseudonyme que s’est attribué Jack afin de se faire connaître par la police et dans la presse. Il détaille cinq incidents, cinq meurtres (et quelques dommages collatéraux) d’une longue liste où le sadisme et la perversité recherchent un écœurant paroxysme. Si Dante est présent, on peut aussi penser que Lars Von Trier a quelque part dans une bibliothèque De L’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts de Thomas de Quincey. Car Jack disserte et digresse en compagnie de Verge, sur sa vision du monde, du crime, et de l’art pouvant surgir de la destruction.

Profondément malsain par son personnage principal ne trouvant aucun antagoniste, The House that Jack built sonde les tréfonds de l’âme humaine la plus pervertie avec un triste constat : personne ne vient à l’aide de l’agneau dans les griffes du tigre, vision dichotomique du monde qu’étaye Jack. Lars Von Trier fait toutefois preuve d’humour et de second degré dans ce film majeur de sa filmographie, s’inscrivant parfaitement dans la lignée de l’étude de caractère effectué avec Nymphomaniac.

 

Le Blu-ray

– Image :

The House that Jack built marque la quatrième collaboration entre le directeur de la photographie Manuel Alberto Claro et Lars Von Trier, travail qui a donc débuté en 2011 avec Melancholia. Fidèle au style qu’il peaufine depuis des années, Lars Von Trier suit son protagoniste en caméra épaule, découpant la continuité de certaines actions et dialogues pour obtenir une forme de spontanéité très forte. On retrouve également des plans extrêmements léchés, véritables tableaux dans l’épilogue du film, d’une beauté fantastique après les horreurs traversées. Et le film se compose également de sources diverses, peintures, images documentaires et d’archive. Dans l’ensemble, ce blu-ray affiche une belle image haute définition, très détaillée et avec un piqué conforme aux normes. Toutefois, on notera quelques traces de compression dans certaines scènes nocturnes, scènes où les noirs tendent parfois vers le bleu. C’est un défaut mineur, tout comme le bruit numérique présent sur quelques rares plans. Très satisfaisant.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Doté de deux pistes en anglais en DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0, ce blu-ray demandera de pousser un peu plus le volume de sortie de son installation audio pour s’immerger au cœur de The House that Jack built, et ce, pour présenter un mix très équilibré, capable de monter très haut en matière de dynamisme lorsqu’il emploie le morceau Fame de David Bowie à plusieurs reprises. A ses côtés, musicalement, ce sont des orchestrations de Wagner et Bach, dont une interprétation par Glenn Gould, figure récurrente de cette étude de caractère, qui sont employées par Lars Von Trier. Le canal des voix, fortement sollicité, s’avère tout simplement parfait et la spatialisation permet de développer des atmosphère parfois horrifiques, comme dans la catabase, avec « le son de l’enfer. » On pourrait attendre parfois plus de punch sur certains effets, comme avec les armes à feu, mais cela reste un très bon mixage, restitué avec toutes ses qualités.

– Bonus :

Trois interviews, en HD, nous éclairent sur le film sur presque 1h30. C’est très bien, mais on aurait aimé entendre Matt Dillon, et pourquoi pas faire un tour sur le plateau du film, que ce soit pour les scènes « classiques » que les visions impressionnantes de l’épilogue. Le mystère demeure !
– Entretien avec Lars Von Trier au travers de neuf questions (33 min)
– Interview de Pacôme Thiellement, écrivain (31 min)
– Interview de Stéphane du Mesnildot (21 min)

 

Film :
4 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
4.5 étoiles
Bonus :
3 étoiles
Avis Global :
4.5 étoiles

Photos Copyright Concorde Filmverleih GmbH/Zentropa-Christian Geisnaes

Article rédigé par Dom

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