Livre : Quentin Tarantino

Publié il y a quelques semaines aux éditions Gremese,  « Quentin Tarantino » d’Alberto Morsiani retrace toute la carrière du cinéaste américain, de ses débuts avec ses scénarios donnant naissance à True Romance et Tueurs nés jusqu’aux premières informations sur son prochain long métrage, Once upon a time in Hollywood. Un ouvrage relativement complet mais assez hétérogène dans la qualité de son regard analytique.

Quentin Tarantino est un des plus grands cinéastes ayant émergé dans les années 90. Son style, protéiforme, se reconnaît par un sens du dialogue affûté, un rythme, une véritable musicalité dans la mise en scène. Décrié par certains pour sa tendance à s’appuyer sur sa culture cinématographique pour composer ses films, Tarantino suscite surtout l’admiration par sa passion et sa maestria, sa capacité à exploiter et réunir les genres, les cinémas d’horizons variés, pour créer des œuvres uniques, puissantes. Alberto Morsiani, directeur de programmation de salles de cinéma, critique et auteur d’essais, s’attaque à la carrière du réalisateur de Pulp fiction dans un ouvrage sobrement intitulé,  « Quentin Tarantino ». S’ouvrant sur ses débuts ainsi qu’un abécédaire constitué à partir d’interviews – vraisemblablement –, ce livre dresse dès ses premières pages le portrait d’un cinéphile débordant d’énergie, affichant certains paradoxes mais aussi une grande assurance dans ses bottes de scénariste et réalisateur. Outre son dynamisme, le cinéma de Tarantino se caractérise aussi par sa violence, motif de vengeance ou simple donnée dans le quotidien de gangsters ou psychopathes, et d’un jeu sur la temporalité, la plupart de ses films se refusant à un récit purement linéaire.

Uma Thurman et Quentin Tarantino sur le plateau de « Kill Bill Vol. 1 »

Point très judicieux soulevé par Alberto Morsiani, la féminisation et la prise de position féministe de son œuvre à partir de Jackie Brown. Une direction toutefois abandonnée pour ses deux derniers films, les westerns Django Unchained et Les huit salopards, et qui ne se retrouvera vraisemblablement pas dans son troisième film du genre, Once upon a time in Hollywood. Il est plutôt regrettable que la réflexion adoptée par l’auteur soit aussi délaissée : si le livre permet de gratter le vernis de l’œuvre de Tarantino pour y déceler motifs et thématiques, il se dégage un manque de cohésion dans la grille de lecture. L’ouvrage, de 236 pages, est gonflé par la description de chaque scène des films de Tarantino. Un élément quelque peu pesant puisque ne menant pas systématiquement à une analyse de l’action ou du cadre. Enrichi par de nombreuses images, photogrammes et photos de plateau, en noir & blanc jusqu’à Kill Bill puis en couleur,  « Quentin Tarantino » a le mérite de passer en revue toutes les réalisations de son sujet, dont ses participations à Groom Service, Sin City mais aussi les séries Urgences et CSI. Quelques pages sont consacrées à la polémique qui agita le corps policier aux Etats-unis lors de la sortie du film Les huit salopards, ainsi que le scandale de l’affaire Harvey Weinstein – sans creuser les tenants et aboutissants. A noter quelques formulations étrangement alambiquées, probablement imputables à la traduction.
En somme,  « Quentin Tarantino » par Albert Morsiani s’adresse en premier lieu aux fanas du réalisateur de Knoxville qui souhaiteraient explorer la méthode et les pensées du cinéaste. On y trouve certaines pistes de réflexion intéressantes, mais la démonstration manque quelque peu de consistance.

« Quentin Tarantino » d’Alberto Morsiani, éditions Gremese.
236 pages – 26€ (prix éditeur)

Article rédigé par Dom

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