Critique : Kingsman Le Cercle d’Or

Eggsy rempile pour une seconde aventure où il devra sauver l’humanité des conséquences de drogues condamnant ses consommateurs à une mort atroce. Si l’équipe est inchangée, avec Matthew Vaughn aux commandes de ce Kingsman : le cercle d’or, cette suite au casting XL donne dans le divertissement XS. On vous explique pourquoi dans cette critique.

Espions ronflants

Dans un univers héritier de James Bond mais à la sauce comic books, matériau originel, Kingsman : services secrets avait offert un divertissement relativement rafraîchissant bien qu’inégal. Cette suite creuse l’écart entre les séquences jouissives et la pénibilité d’un film au scénario poussif, incapable de générer des émotions même lorsqu’il sacrifie des personnages, simples kleenex autour d’Eggsy (Taron Egerton) et Harry Hart (Colin Firth), revenu d’entre les morts malgré une balle reçue en plein œil – le ton et l’esprit sont donnés. Attaqués en plein Londres par un ancien ennemi désormais doté d’un bras ultra technologique, Charlie (Edward Holcroft), Eggsy et Merlin (Mark Strong) mettent le cap sur les Etats-Unis lors de la destruction de leur QG. Ils devront demander de l’aide aux Statesman afin de rebondir et empêcher la patronne d’un puissant cartel de trafic de drogue, Poppy (Julianne Moore), de régner sur la planète avec son plan incompréhensible : la légalisation de la vente de substances illicites afin qu’elle puisse jouir d’une vie en totale liberté et profiter de ses milliards de dollars sans se cacher. Voilà un problème majeur dans Kingsman : le cercle d’or, une figure du mal campée par une grande actrice mais avec des intentions stupides, et, de plus, séparée de nos protagonistes puisque réfugiée dans son univers cartoonesque de Poppy Land où elle profite du talent musical d’une star kidnappée, Elton John en personne.

Dès sa scène d’action d’ouverture, Kingsman : le cercle d’or affiche les pires travers de la domination des effets numériques. Dans sa volonté d’impressionner en plan séquence, Matthew Vaughn renie l’esthétisme et le « réel » : le résultat est laid et peine à booster le taux d’adrénaline du spectateur. Suit une heure des plus laborieuses dans laquelle on tergiverse avec la promise d’Eggsy, s’attelle à la mémoire défaillante de Harry Hart et rencontre les Statesman, avec un brillant mais si peu présent Channing Tatum – mais qui devrait prendre de l’ampleur dans le 3ème volet. Jeff Bridges et Halle Berry sont transparents tandis que l’agent Whiskey (Pedro Pascal) assurera le show avec ses revolvers et son lasso dans la seconde partie du film. Car c’est une fois doté d’un Harry Hart presque au meilleur de ses capacités que le long métrage décolle enfin, faisant une étape par l’Italie alpine avant une baston orgiaque à Poppy Land. C’est dans l’action exubérante et avec son duo de protagonistes que Matthew Vaughn se montre inspiré, et c’est là aussi qu’il procure du plaisir. Seulement, son film est si déséquilibré avec son scénario indolent, son humour trop rare et ces belles scènes d’action pointant leur nez plus d’une heure après le logo de la Twentieth Century Fox qu’on peut difficilement recommander cette suite. Autre désagrément, le manque de maîtrise du second degré, qui positionne le film entre la comédie d’action déjantée et le film d’espionnage au sérieux glaçant. Espérons que la future trilogie trouve une conclusion plus scintillante que ce rollercoaster bancal.

2.5 étoiles

 

Kingsman : le Cercle d’Or

Film britannique, américain
Réalisateur : Matthew Vaughn
Avec : Taron Egerton, Colin Firth, Julianne Moore, Mark Strong, Jeff Bridges, Channing Tatum, Halle Berry, Edward Holcroft, Pedro Pascal, Poppy Delevingne
Titre original : Kingsman : The Golden Circle
Scénario de : Jane Goldman, Matthew Vaughn, d’après un comic book de Mark Millar et Dave Gibbons
Durée : 141 min
Genre : Action, Comédie, Espionnnage
Date de sortie en France : 2017
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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