Un regard sur Spider Baby

Spider Baby fait partie de ces petits films au pouvoir immense. Parmi les métrages qu’il a influencé, on peut citer La Famille Addams, Evil Dead, et même y voir dans Blue Velvet un clin d’oeil – en l’occurrence, un clin d’oreille – direct. Réalisé par Jack Hill en l’espace d’une dizaine de jours avec un budget réduit, le film affichait néanmoins une star (déchue) du cinéma d’épouvante : Lon Chaney Jr., qui avait les crocs les nuits de pleine Lune bien avant Benicio Del Toro et qui connaissait des jours peu glorieux avec l’alcool à l’époque du tournage.

Le film, débutant sur un excellent générique chanté par Lon Chaney Jr., présente une famille frappée par un étrange syndrome portant leur nom, le syndrome de Merrye, qui affecte les individus atteignant l’âge de 10 ans pour les faire régresser mentalement, sans connaître de limite, dépassant alors le stade prénatal, ce qui résulte dans un comportement sauvage et cannibale. Les Merrye vivent dans un manoir retiré où la seule personne normalement constituée est le chauffeur familial, Bruno (Lon Chaney Jr.), qui a juré au père Merrye, disparu, de s’occuper de ses dangereux rejetons coûte que coûte. Et il ne fait pas bon d’approcher la demeure retirée, un pauvre facteur qui rencontre Virginia (Jill Banner), une fille obsédée par les araignées et habile dans la manipulation de couteaux de cuisine, le démontre en ouverture du film. Et Miss Araignée n’est pas la seule à sévir, il y a sa soeur Elizabeth (Beverly Washburn), en apparence plus calme mais tout aussi siphonnée, et le frère « chien », Ralph (Sid Haig, qui a bien la côte avec Rob Zombie), qui ne s’exprime qu’en aboyant ou en souriant et au tempérament très compulsif ! Quatre personnes vont investir les lieux pour régler une affaire légale, un couple de cousins, un avocat et son assistante ; de quoi pimenter les jeux macabres des Merrye – et en matière de jeu, il vaut mieux s’en tenir au Royal Vegas jeux de casino en ligne !

Spider Baby dégage une singulière atmosphère qui tend les bras à l’épouvante et à la comédie. Le lugubre manoir, non entretenu et filmé habilement, regorge de pièces étranges recouvertes par les toiles d’araignée et les agissements des personnages prêtent plus à sourire qu’à frémir par l’humour noir qui habite de nombreuses séquences. Un soupçon de sensualité est même introduit par le personnage d’Emily – Carol Ohmart distinguée du titre de Miss Utah en 1946 ! – essayant une garde-robe découverte dans une chambre tandis que Ralph, accroché à la fenêtre, montre un intérêt certain pour les courbes féminines malgré son apparence d’enfant attardé. Spider Baby gagne en cachet grâce à l’implication des acteurs y évoluant, avec en tête Chaney Jr., presque émouvant lors d’une séquence intimiste avec les filles. On peut cependant reprocher au film son rythme claudicant, nuisant à l’atmosphère générale et qui pourra assommer les spectateurs réfractaires à certaines longueurs et errances. Un montage plus court d’une poignée de minutes aurait été assez bénéfique. Néanmoins, pour tous les curieux, Spider Baby reste un film à découvrir, disponible en DVD chez Wild Side, dans une édition sobre sans bonus.

Article rédigé par Dom

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