Critique : Radin !

Fred Cavayé passe du thriller à la comédie populaire avec Radin ! Si le cinéaste rennais apporte un brin de mise en scène au genre, le film s’avère épouvantable de clichés et pourvu d’un humour aussi lourd que foireux. Une chronique pour économiser le prix d’un ticket de cinéma, et sauver quelques minutes de sa vie : soyez radins, soyez malins !

Gredin

Dany Boon peut être particulièrement fendard lorsque son personnage se déjoue des clichés, un peu comme l’informaticien qu’il campait pour Julie Delpy dans Lolo l’année dernière. Dans Radin !, le principe est inversé : le cliché, embrassé en long et en travers, est poussé à l’excès, évidemment dans un but comique, mais le personnage ne prend jamais vie, et ce n’est pas en lui ajoutant la qualité de premier violoniste dans un orchestre régional qui alimentera son capital sympathie, inexistant. Autour de Boon, des personnages transparents de collègues et voisins, gravitant autour de lui dans l’unique but de dénoncer sa radinerie hallucinante. Mais nul besoin d’un manuel de scénariste pour savoir qu’il faut pousser le personnage à la transformation. Restons basiques : qui se trouve à l’opposé du radin ? Le généreux bienfaiteur, dont le credo est de donner pour recevoir. Un soir, François Gautier, notre radin en chef, reçoit la visite d’une adolescente qui clame être sa fille, Laura (Noémie Schmidt). Et la jeune fille a eu pour portrait de son père celui d’un homme généreux qui s’occupe d’orphelins mexicains. Inversion des ressorts comiques par la stupidité des personnages satellites, le radin n’est pas une pince, mais un homme proche de ses sous pour mieux les donner. Encore, si les vannes et gags étaient drôles, on pourrait l’accepter sans mal, mais Radin !, qui ne trouve pas plus de deux ou trois situations réussies, dont un rendez-vous romantique au restaurant qui vire au cauchemar, agresse le moral par son niveau désolant.

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Autre problème, le manque de rythme de cette comédie s’érigeant en nouvelle référence de beaufitude qui débouche sur un dernier acte sentimentaliste, pirouette navrante qui vient achever le spectateur dont le cerveau n’a pas été totalement ravagé suite au raz-de-marée de sottise indigne d’une cour d’école primaire. C’est la recette la plus punitive qui soit, et qui pourrait devenir une spécialité française en matière de comédie. Quand on prend un peu de recul en matière de distribution, il y a de quoi déprimer : alors que Radin ! envahit les salles sur tout le territoire, le désopilant Get Hard (renommé de façon stupide En taule mode d’emploi) avec Will Ferrell et Kevin Hart a dû se contenter d’une sortie DVD début janvier. Mais le box office de Radin ! donnera sûrement raison aux producteurs, calibrant parfaitement leur produit pour une France de lobotomisés. De L’Avare de Molière à Radin ! de Cavayé, il y a toute une théorie sur l’évolution à revoir à l’échelle de l’hexagone.

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Radin !

Film français
Réalisateur : Fred Cavayé
Avec : Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt, Patrick Ridremont
Scénario de : Laurent Turner, Nicolas Cuche, Fred Cavayé
Durée : 89 min
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 28 septembre 2016
Distributeur : Mars Films

Bande Annonce :

Article rédigé par Dom

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