Critique : Kubo et l’armure magique

Quatrième long métrage d’animation des studios Laïka et première réalisation de Travis Knight, Kubo et l’armure magique nous conduit dans le Japon féodal pour une odyssée fantastique. Une belle aventure familiale, avant tout pour ses qualités plastiques.

Odyssée de pâte et de papier

Mariant l’animation en stop-motion aux effets numériques les plus sophistiqués sur fond vert, Kubo et l’armure magique défie la pesanteur pour livrer un film d’animation énergique et aérien, où la magie de quelques notes jouées au shamisen par le jeune héros permettent à des origamis de prendre vie. C’est l’histoire d’un petit garçon qui vit reclus dans une grotte avec sa mère, après avoir fui les leurs. Le grand-père, le Roi Lune, est à l’origine de l’œil gauche perdu de Kubo, ainsi qu’à la disparition de son père. La journée, Kubo se rend au village avec son instrument et ses papiers pour conter une histoire qu’il ne termine jamais, mais au crépuscule, il doit rejoindre au plus vite sa mère car le danger le guette la nuit tombée. Désobéissant un soir, il est retrouvé par ses tantes maléfiques et ainsi débute sa grande aventure, en compagnie d’un singe protecteur et futé, et d’un scarabée amnésique mais loin d’être maladroit avec un arc. Pour vaincre le roi Lune, il faudra réunir les trois pièces de l’armure magique que le père de Kubo a recherché auparavant, et affronter de terribles dangers comme un gigantesque squelette aux yeux flamboyants ou encore une étrange créature sous-marine. Outre l’impressionnant travail d’animation titanesque, le film de Travis Knight charme par ses lumières et décors, qui confèrent à cette œuvre une richesse visuelle exceptionnelle. Les compositions de Dario Marianelli se montrent aussi fantastiques lorsque leurs inspirations viennent de mélodies japonaises – un peu moins lors de passages plus occidentaux et communs.

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Entre Jason et les argonautes et les jeux vidéo Zelda, Kubo et l’armure magique se déploie comme un voyage initiatique dans lequel le garçon et ses compagnons affrontent un impressionnant bestiaire et les terribles membres de sa famille. Et c’est sur l’art de conter des histoires que se porte le film, un art permettant de transmettre valeurs et de toucher à l’éternel, en ravivant la mémoire des êtres chers disparus. Un discours qui s’avère quelque peu redondant, une redondance qui affecte également la progression du film, assez rudimentaire, à l’inverse des séquences d’action. Toutefois, difficile de bouder son plaisir, notamment grâce à quelques traits d’humour et une excellente distribution pour les voix originales : Kubo trouve la parole grâce à Art Parkinson (Rickon de Game of Thrones), le Singe est assuré par Charlize Theron, le Scarabée par Matthew McConaughey, et du côté du mal, on trouve Rooney Mara et Ralph Fiennes. Emouvante et soignée, l’aventure que propose Kubo et l’amure magique s’adresse aux petits comme aux grands en mélangeant subtilement les techniques d’animation traditionnelles aux prouesses technologiques. Il ne serait pas étonnant également que cette œuvre, odyssée de pâte à modeler et de papier, fasse naître des passions pour l’art de l’origami.

3.5 étoiles

 

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Kubo et l’armure magique

Film américain
Réalisateur : Travis Knight
Avec les voix de : Art Parkinson, Charlize Theron, Matthew McConaughey, Rooney Mara, Ralph Fiennes
Titre original : Kubo and the Two Strings
Scénario de : Marc Haimes, Chris Butler
Durée : 101 min
Genre : Animation, Aventure
Date de sortie en France : 21 septembre 2016
Distributeur : Universal Pictures International France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Décidément on entend beaucoup de bien de cet animé !
    Personnellement tout l’univers me donne énormément envie et j’espere que je me laisserai charmé par ce film.
    En tout cas merci de ta chronique constructive.
    Bonne semaine

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