Critique : Captain America Civil War

Après Batman et Superman, c’est aux tours des Avengers de s’affronter entre eux avec le troisième volet du super-héros au bouclier, Captain America : Civil War. Réalisé par Anthony et Joe Russo comme le précédent film, Le Soldat de l’hiver, ce nouveau Marvel offre quelques séquences d’action impressionnantes dans un blockbuster qui tient de la mascarade.

Mascarade numérique

L’édifice Marvel s’effrite encore un peu : suite à un Avengers : l’ère d’Ultron plutôt décevant, le groupe de justiciers continue sa chute dans l’euphorie la plus complète des fans, qui pourraient s’extasier de voir leurs super-héros préférés dans n’importe quelle situation. Et là situation ici est au conflit ridicule : soudain, une prise de conscience générale montre que lors de leurs interventions face aux forces du mal, les Avengers provoquent des dommages collatéraux qui ne se limitent pas aux dégâts matériels mais s’étendent à des pertes civiles – pour ceux qui ont manqué les précédents épisodes, pas de soucis puisque un petit best-of est même présenté aux intéressés, probablement à partir des blu-ray des films dans un délire méta. La solution imposée ici est de mettre les super-héros sous la tutelle de l’ONU qui validerait leurs interventions. Si la solution convient à Iron Man (Robert Downey Jr.), son nouveau pote Vision (Paul Bettany), James Rhodes (Don Cheadle), la Veuve Noire (Scarlett Johansson) et leur nouvel acolyte qui pleure la mort de son père Black Panther (Chadwick Boseman), Captain America (Chris Evans) n’est pas du même avis. Avec son pote Bucky (Sebastian Stan) revenu à la raison, l’aide de Falcon (Anthony Mackie), Scarlet Witch (Elisabeth Olsen) et de Hawkeye (Jeremy Renner), ils vont s’opposer à la résolution d’Iron Man dans un combat qui les éloigneront du véritable danger de cet épisode, personnage aberrant par ses motivations vindicatives que joue Daniel Brühl.

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La guerre civile du titre se limite plus à un affrontement entre les super-héros divisés qu’à un monde à feu et à sang. Le point culminant se trouve dans une baston au coeur du film, à l’aéroport de Berlin, dans laquelle chaque groupe est épaulé par des personnages venus prêter main forte, Spider Man (désormais joué par Tom Holland) pour l’équipe Iron Man et Ant-man (Paul Rudd) du côté du Captain. Déluge d’effets spéciaux pour une séquence aussi impressionnante que drôle, mais qui tient plus de la démonstration technique qu’autre chose. Mais ce combat plutôt factice renvoie avant tout à cette rupture entre ces personnages littéralement hauts en couleur et le réel, cette inscription embarrassante dans notre contexte géopolitique alors qu’il serait plus acceptable de voir ces super-héros évoluer dans un monde fantasmé ou bien dans une sphère plus réduite, voire intimiste. Captain America : Civil War ressemble à un affrontement d’écoliers le jour de mardi gras plus qu’à une confrontation épique – qui a eu lieu auparavant, dans Iron Man et Avengers. Au-delà de ses quelques prouesses numériques, qui