Le meilleur du cinéma 2015

Le cinéma en 2015 aura plus été composé de réussites attendues que de lourdes déceptions, et comme toujours, des productions plus confidentielles nous ont profondément marqué. C’est aussi l’année où Star Wars aura fait son retour, divisant pour mieux régner, l’année où, personnellement, je fis mon overdose de productions Marvel. On jette un dernier regard sur le meilleur de l’année écoulée, les ratés sont déjà de vagues souvenirs.

Top 20 cinéma 2015

Je commence à admirer les top 10 si restrictifs qui sont légion en fin d’année. J’ai énormément de mal à boucler un top 20, parce qu’il y a bien plus de 20 films que j’emporte avec un souvenir ému, qui me laissent une marque indélébile dans ma mémoire de cinéphile, des films que je vais adorer revoir un jour, au détour d’un achat ou d’une diffusion/projection quelconque. Non, je ne citerai pas les exclus de la liste, ce serait tricher. Par contre, chose inédite ici, je vais dresser la liste de ces films que j’ai raté : je voulais les voir et n’ai pas pu, ou bien on m’en a parlé trop tard, une fois retirés des salles. Vous, films inconnus, je vous traquerai dans les mois à venir, soyez-en certain !

Mes rendez-vous manqués de 2015

Listen Up Philipp, Two years at sea, Il est difficile d’être un dieu, La Sapienza, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, Kommunisten, A la folie (Wang Bing), La chambre du fils (Laurence Thrush), Life (Anton Corbijn), Les mille et une nuits, Phoenix (Christian Petzold), Chronic, Love & mercy, Fatima, La Chambre Interdite, Cosmos, Suburra, Francofonia, Les Deux amis, Béliers, Le Souffle, Beasts of No Nation, La Belle saison, Taj Mahal, El Club, Marguerite et Julien, Crazy Amy, Ni le ciel ni la terre, Magic Mike XXL

Deux actrices : Emma et Charlize

emma-stone-irrationnel

En 2015, nous avons eu la chance de voir la rayonnante Emma Stone dans trois films, tout d’abord Birdman où elle incarne la fille de l’acteur sur le retour Riggan (Michael Keaton). En gravitation autour de son père, elle sort le grand jeu dans une scène émouvante où, surprise à fumer de la marijuana, elle lui dit ses quatre vérités. C’est aussi au travers de son visage illuminé que s’achève le film. De passage à Cannes avec Woody Allen dans L’Homme irrationnel, elle confirme son statut de nouvelle muse du prolifique cinéaste new-yorkais. Même sa chevelure rousse influence la photographie du film, en conflit avec les scènes du ténébreux et manipulateur professeur de philosophie joué par Joaquin Phoenix – on évoque son cas ci-dessous. Une étudiante modèle, qui se laisse charmer mais jamais au prix de son éthique. Enfin, c’est en fin d’année et uniquement via Netflix qu’Emma Stone campe le capitaine Ng (non, aucune faute d’orthographe) pour Cameron Crowe, à Hawaï. Un personnage d’abord agaçant de tics, qui irrite en voulant plaire mais qui, révélant sa personnalité, finit par charmer et émouvoir. Chapeau ! On la verra prochainement face à Steve Carell pour une partie de tennis baptisée Battle of Sexes, la comédie musicale de Damien Chazelle La La Land, avec Ryan Gosling, et le nouveau long métrage du grec Yorgos Lanthimos, The Favourite.
charlize-theron-furiosaL’autre grande actrice de l’année 2015, c’est Charlize Theron. Certes, je n’ai pas vu Dark Places, mais Mad Max : Fury Road a suffi pour qu’elle marque mon année de son empreinte en donnant vie à l’imperator Furiosa. Un look atypique, post-punk, post-apocalyptique, post-ce-que-vous-voulez. Le crâne rasé, huile de moteur étalé sur le front, elle fonce à bord de son navire de guerre du désert, les deux mains, l’une de chair, l’autre mécanique, bien vissées sur son volant. Si Max (Tom Hardy) lui offre une aide précieuse au cours de cette fuite qui tourne à la révolution, c’est Furiosa qui reste la figure de proue de ce film d’action phénoménal, c’est elle qui arrache le visage du mal, elle qui retourne en héroïne à la citadelle. En 2015, Charlize Theron ajoute une corde à son arc : icône du cinéma d’action. On pourra la retrouver dans le nouveau Sean Penn, The Last Face, aux côtés de Javier Bardem et Adèle Exarchopoulos, Le Chasseur et la Reine de glaces avec Emily Blunt et Jessica Chastain, et le thriller The Coldest City.

Deux acteurs : Joaquin et Steve

phoenix-sportello

Il y a une cohérence géniale, probablement fortuite, dans les deux rôles de Joaquin Phoenix en 2015 : de Doc Sportello dans la Californie des années 1970 dans Inherent Vice au contemporain professeur de philosophie Abe dans L’homme irrationnel, le comédien nous donne l’impression de camper un unique personnage qui aurait évolué au cours d’une dizaine d’années. Pour Paul Thomas Anderson, il se dresse comme un sublime cousin du mythique Lebowski joué par Jeff Bridges, détecteur privé complètement stone, profondément affecté par la séparation avec sa copine et qui, malgré tout, mènera son enquête jusqu’au bout. Pour Woody Allen, il campe un cynique professeur en pleine dépression, alcoolique notoire qui retrouve goût à la vie dans le meurtre et les bras d’Emma Stone. Une année avec deux visions du désœuvrement, un brin mélancolique, en décalage avec son époque pour notre plus grand plaisir. Prochaine aventure devant la caméra de Casey Affleck pour Far Bright Star.
steve-carell-dupontEn 2015, Steve Carell est devenu bien plus que « ce mec drôle » que l’on voit dans certaines comédies potaches, de 40 ans toujours puceau à Crazy Night, sans même évoquer sa carrière à la télévision avec la série The Office. Transfiguré dans Foxcatcher, Steve Carell s’est glissé dans un corps aussi fascinant que repoussant, celui d’un multimillionnaire gangrené par des troubles qui le conduiront à une explosion de violence glaçante. Malaise et admiration. Pour Adam Mckay dans The Big Short, il exploite sa substance comique dans un contexte tout autre : son personnage est drôle face à notre système financier totalement détraqué. L’idéaliste, homme de l’intérieur, se confronte à un monde absurde et destructeur, sans aucune éthique. Ironie et agitation. A l’affiche du drame Free Love, dans nos salles en février, Steve Carell sera aussi dans la comédie Battle of Sexes et le prochain Woody Allen.

Une bande originale : Mad Max Fury Road

tom-holkenborg-junkie-xl

Alors que les bandes originales des superproductions se sont figées dans un triste moule consistant simplement à taper sur le système nerveux du spectateur, Tom Holkenborg (plus connu sous le pseudo de Junkie XL) renverse la tendance en l’embrassant. Pour Mad Max : Fury Road, il livre deux heures de musique que n’aurait pas renié un Hans Zimmer, où les cuivres et violons exhortent l’action dans une partition marquée par la fureur et le chaos. Seulement, Holkenborg offre aussi une place de choix à des sections dont la mélodie emballe la séquence, comme l’incroyable scène dans la tempête de sable ou lorsque Furiosa s’effondre de douleur sur une dune. Mais c’est surtout un aspect tribal qui distingue la bande originale du film de George Miller, l’emploi de tambours qui, grâce à leur dimension diégétique, amplifient le rôle de la musique dans le film : elle est aussi le moteur d’une armada de véhicules. C’est une bande originale parfaitement en phase avec l’œuvre pour laquelle elle fut composée, elle n’accompagne pas le film, c’est un composant même de son ADN. Epique.
En 2015 Tom Helkenborg composa aussi la musique des films Night Run et Kill your friends et on pourra le retrouver cette année sur le remake de Point Break, Brimstone, Deadpool et Batman v Superman : l’aube de la justice.

Article rédigé par Dom

Partagez cet article avec vos amis ou votre communauté :

Twitter Facebook Google Plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *