Souvenirs de l’année cinéma 2014

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Avec les tragiques événements survenus la semaine dernière, l’envie de se réfugier une dernière fois en 2014 était forte. Voici donc un tardif bilan de l’année cinématographique écoulée, au travers d’une sélection des meilleurs films et de quelques noms qui auront marqué le 7ème art cette année-là.

Pour changer des listings et profiter pleinement du format web, le Top 20 cinéma est une vidéo qui reprend quelques scènes de tous ces beaux films :

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Scarlett Johansson, actrice de l’année 2014

L’américaine installée à Paris est apparue dans cinq films, ou plutôt, a participé a cinq films puisque dans Her de Spike Jonze, c’est par sa voix qu’elle marque sa belle présence. En système d’exploitation futuriste, offrant une étrange relation avec son possesseur (joué par Joaquin Phoenix), Scarlett Johansson développe son jeu au travers d’intonations, d’un timbre, de rires et de susurrements. L’intimité naît dans ses mots, et si sa présence peut se manifester avec des appareils électroniques, c’est bien dans le silence que surgit l’absence et le manque affectif. Dans Under the skin de Jonathan Glazer, c’est avec une économie de mots que l’actrice traque les hommes et tombe dans la fosse des sentiments humains. En extraterrestre froide et mutique, elle participe à l’un des films les plus novateurs de ces derniers années, troublant les frontières de la fiction et du réel. Un rôle génial, une mise à nue littérale, audacieuse, qui prouve que Scarlett Johansson ne se contente pas seulement des blockbusters, dont Lucy, phénoménal succès au box-office pour Luc Besson – pour l’un de ses plus mauvais films ! -, et Captain America : le soldat de l’hiver où elle campe toujours la sexy et pugnace Veuve noire. Et dans l’univers Marvel, il y a Jon Favreau, qui livrait une comédie relativement sympathique sur l’univers de la restauration et des food trucks, #Chef. Scarlett, brune, y apparaît radieuse. Pour leur prochaine collaboration, sur le film d’animation Le Livre de la Jungle, elle prêtera sa voix à Kaa. Mais d’ici là, c’est encore dans le costume de la Veuve noire que nous la retrouverons avec Avengers : l’ère d’Ultron, en salle le 29 avril 2015. La prochaine surprise nous attend probablement avec sa collaboration avec les frères Coen pour Hail, Caesar !, mais 2016 est encore loin.

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Matthew McConaughey, acteur de l’année 2014

Matthew McConaughey a réalisé bien plus qu’un comeback : la constance dont il fait preuve, qu’il s’agisse de son jeu ou des rôles vers lesquels il se tourne, nous prouve qu’il fait partie des grands acteurs américains. Un grand que l’on aura vu en salle et à la télévision. Omniprésent. D’abord poignant aux côtés de Jared Leto dans Dallas Buyers Club, magnifique film de Jean-Marc Vallée qui traite avec intelligence et émotion du sida en retraçant le parcours de Ron Woodrof. Amaigri pour interpréter le malade transfiguré par sa condamnation, sous son chapeau de cow-boy, Matthew brille dans chaque plan. Dans la première saison de la série True Detective, il campe un fascinant enquêteur aux multiples visages, grâce à la temporalité atypique d’une sinistre affaire. Avec et contre son coéquipier joué par Woody Harrelson, tenant têtes à de nouveaux policiers ou bien au cœur du danger, Matthew hypnotise la caméra comme un charmeur de serpent si bien qu’il sera difficile de faire oublier Rust Cohle, son personnage, pour la saison 2. La balle est dans le camp du nouveau trio de policiers, formé par Rachel McAdams, Taylor Kitsch et Colin Farrel. L’année 2014 se sera conclue par un choc inouï provoqué par Christopher Nolan. Dans Interstellar, Matthew McConaughey joue un fermier, un pilote, un explorateur, mais surtout, un père qui promet à sa fille de revenir. Le voyage émotionnel du film n’aurait sûrement pas atteint ces sommets sans cet acteur capable d’obtenir nos larmes d’une simple expression (le départ du foyer, la découverte des messages de ses enfants), ou d’une simple décision (la scène du détachement). Au-delà des inoubliables plans spatiaux, c’est le visage de Matthew que l’on retient, véritable héro capable de transcender l’espace et le temps, bravant toutes les situations critiques avec le courage d’un homme qui veut revoir les siens. Sa prochaine épreuve ? La forêt du Mont Fuji dans The Sea of Trees de Gus Van Sant, que l’on espère découvrir cette année.

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Stacy Martin et Damien Chazelle, les découvertes de 2014

La première apparaît telle une naïade chez Lars Von Trier pour son sulfureux Nymphomaniac, se partageant la vie de Joe avec Charlotte Gainsbourg. Du haut de ses 22 ans (lors du tournage), l’actrice franco-britannique déborde d’une cinégénie rare et montre déjà de grandes qualités dans l’art de donner la réplique. Mannequin, Stacy Martin connaît les objectifs, auxquels elle offre un visage dont la beauté s’accorde avec une fragilité exquise. Et ce nouveau visage au cinéma, les réalisateurs se l’arrachent déjà, Stacy Martin est déjà attachée à six projets de longs métrages : Winter de Heidi Grimsmith, Taj Mahaal de Nicolas Saada, La Dame dans l’auto avec un fusil et des lunettes de Joan Sfar, Il racconto dei racconti de Matteo Garrone, High-Rise de Ben Wheatley et enfin The Childhood of a leader de Brady Corbet. Nous pourrions probablement découvrir tous ces films cette année. Que du bonheur.
Ce n’est pas pour être chauvin mais il se trouve que Damien Chazelle a aussi des origines françaises… Le jeune réalisateur franco-américain signe avec Whiplash son premier long métrage (suite à un court du même nom lui ayant permit de trouver les fonds pour le long). Tonitruant et explosif, le duel entre un batteur de jazz et un terrible professeur du conservatoire montre que Damien Chazelle possède un beau langage filmique, doublé d’un sens du montage remarquable. Une oreille musicale et un regard aiguisé, deux atouts plutôt utiles pour jouer dans la cour des grands. Prochaine étape avec du jazz encore, pour une comédie musicale avec Miles Teller et Emma Watson : La La Land. En pré-production, nous pourrions découvrir le film cette année.

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Mica Levi, la bande originale de l’année 2014

Des compositions de Joe Haishi pour Le Vent se lève au renouvellement de Hans Zimmer pour Interstellar, sans oublier la troisième collaboration de Trent Reznor et Atticus Ross avec David Fincher pour Gone Girl, 2014 aura été marquée par des bandes originales fantastiques. Mais il y en a une qui s’est positionnée sans mal au-dessus des meilleures, par son ambition, sa profonde singularité. C’est la musique du film Under the skin, que l’on doit à londonienne Mica Levi – aussi connue sous le pseudonyme Micachu. Susciter le malaise, l’inconfort, allier drones et violons, charger la tension du film avec une simple rythmique pesante, un thème effrayant et hypnotisant, voilà à quoi est parvenue Mica Levi pour magnifier le parcours de la créature de Jonathan Glazer et décupler la puissance des images. Espérons que cette touche à tout mettra à nouveau sa verve musicale au service du cinéma, pour nous emmener là où nous n’étions jamais allés encore. Vous n’avez pas vu le film ? Voici 135 secondes pour vous convaincre :



Article rédigé par Dom

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2 commentaires

  1. Totalement en phase. L’expérience Under the skin continue également de me hanter… Oui Scarlett Johansson y est bouleversante d’abandon. Loin, très loin des sentiers battus… Idem McConaughey, après Killer Joe et Mud, il a signé une flamboyante année 2014 avec cette cathédrale du serial Polar qu’est True Detective et son rôle à l’écorché dans le puissant Dallas Buyers Club… Dans ce début d’année terrible et écrasant, l’Art joue pleinement son rôle de phare. Merci pour ce bel article.

  2. C’est vrai que Matthew McConaughey a fait de belles choses cette année. Je l’aimais déjà bien avant ça, mais avec True detective (quelle belle série, et quel dommage qu’il ne soit plus présent dans la saison 2) et dans le film Interstellar qui m’a foutu une belle claque ! Bref un acteur comme j’aime avec cet accent texan comme j’aime ! C’est l’acteur de l’année !

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