[Critique] Les Combattants, réalisé par Thomas Cailley

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Premier film de Thomas Cailley, très remarqué à Cannes où il était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Les Combattants nous mène dans un stage de préparation militaire avec Adèle Haenel et Kévin Azaïs. Une comédie rafraîchissante.

La Grande prépa

C’est une histoire qui se déroule sur la côte landaise, sous le soleil estival. Arnaud (Kévin Azaïs) vient de perdre son père et va aider son frère aîné à garder en vie l’entreprise familiale. Seulement, lors de la construction d’un cabanon de piscine, il retrouve l’intrigante Madeleine (Adèle Haenel), une fille qu’il avait affronté (lâchement) sur la plage lors d’un exercice de self-defense. Pas de coup de foudre, seulement un plaquage et une morsure, et bien que ce soit Arnaud qui ait sorti les dents, c’est bien lui qui en pince pour la jeune femme qui suit une préparation et un entraînement rigoureux, à la façon d’une survivaliste en devenir. Si cela est déjà très drôle, cela tient au talent d’Adèle Haenel pour faire de toutes ses actions une sorte d’évidence, affichant toujours un regard ahuri ou furieux, poussée par une pugnacité parfois effrayante. Madeleine se prépare pour la fin du monde et compte bien y survivre, elle veut rejoindre le régiment des parachutistes le plus difficile d’accès et prépare son corps à un nouveau mode de vie intense. Par son discours et son charme, elle entraînera Arnaud, bien plus fluet et flegmatique, à la rejoindre pour un stage de quinze jours de préparation dans un régiment de parachutistes. Ainsi débute le parcours de ces drôles de combattants.

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La fraîcheur de ce premier long métrage s’explique simplement. Il y a d’abord le cadre inhabituel offert par les Landes, la comédie française contemporaine s’étant abonnée aux métropoles – lorsqu’il ne s’agit pas de la capitale. Un cadre exploité habilement, par le récit et jusque dans la photographie soignée de David Cailley, frère du réalisateur. Magnifiques sont les scènes nocturnes où évoluent les futurs soldats ou encore tout le dernier pan du film baignant dans une lumière orangée lorsque la végétation s’écarte des protagonistes. Des protagonistes auxquels on s’attache aisément, Adèle Haenel et Kévin Azaïs formant ici un duo aussi drôle que charmant. Si Les Combattants pose un beau regard amusé sur la peur de la fin et l’engagement militaire, c’est parce que Thomas Cailley sait naviguer entre deux tonalités opposées, une alarmiste et l’autre laxiste, si bien que chaque situation peut-être évaluée sous plusieurs angles. Sans tourner en ridicule l’armée, le cinéaste parvient à nous faire rire de l’austérité et de la rigidité militaires grâce à sa combattante déçue par un stage qu’elle avait probablement idéalisé. Pourtant, Madeleine trouvera ses limites là où Kévin démontrera ses propres capacités. Entre survie de l’espèce et recherche de complémentarité, Les Combattants retrace peut-être deux grandes valeurs nécessaires à la formation d’un couple, car ce n’est peut-être pas au pire que se préparent ces deux jeunes êtres lumineux, mais à l’amour. Une belle comédie, originale, socle d’une carrière prometteuse pour Thomas Cailley.

3.5 étoiles

 

Les Combattants

les-combattants-afficheFilm français
Réalisateur : Thomas Cailley
Avec : Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Antoine Laurent, William Lebghil, Brigitte Roüan
Scénario de : , Claude Le Pape
Durée : 98 min
Genre : Comédie, Romance
Date de sortie en France : 20 août 2014
Distributeur : Haut et Court

Bande Annonce :

Article rédigé par Dom

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