[Critique] Albert à l’Ouest, réalisé par Seth MacFarlane

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Fort du succès de Ted, Seth MacFarlane retourne derrière les caméras avec Albert à l’Ouest. Une comédie poussive, qui montre que certaines recettes applicables sur petit écran ne peuvent être exploitées sur le grand.

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Qu’il était sympathique le vulgaire et puéril Ted, avec sa superbe peluche intenable aux côtés de Mark Walhberg et Mila Kunis. Que pouvait-on attendre de Seth MacFarlane suite à cette petite réussite, si ce n’est de continuer dans la même veine ? Si le créateur de la série Les Griffin tente de garder le même cap, il échoue en minimisant l’importance du scénario au profit de gags souvent cartoonesques, qui auraient probablement pu être hilarants dans un de ses dessins animés mais qui prêtent ici tout juste à sourire, et encore. Cela provient de répliques qui n’atteignent pas leur cible, parfois la faute incombant à MacFarlane en personne, qui a souhaité camper le premier rôle, à des plans d’insert qui tombent à l’eau pour fermer le rideau sur une scène, ou encore de situations à l’humour trop enfantin. Bien sûr, on trouvera une poignée de moments hilarants dans ce western comique aux enjeux particulièrement pauvres, mais rien d’envergure suffisante pour donner du cachet à cette œuvre. Albert, Seth MacFarlane donc, est le loser du coin, non pas cowboy mais berger encore sous le toit de ses parents et fraîchement abandonné par sa copine. L’arrivée imminente en ville d’un gang mené par Clinch (Liam Neeson) va bouleverser son destin, grâce à la compagne de ce dernier, Anna (Charlize Theron). Ils formeront un faux couple qui permettra au garçon de mouton de se surpasser et de découvrir ses vraies qualités.

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Avec son rythme claudiquant, Albert à l’Ouest peine à conserver l’attention du spectateur, d’autant plus que les seconds rôles les plus amusants – le couple improbable et délirant de la chasteté avec la prostitution formé par Giovanni Ribisi et Sarah Silverman – se montrent absents pendant tout le cœur du film, concentré sur la relation entre Albert et Anna. De là à dire que Seth MacFarlane n’aurait réalisé ce long métrage que pour passer du temps avec la belle Charlize Theron, il n’y a qu’un pas. Cette dernière n’apporte guère plus que son charisme habituel, alors que son talent comique avait été révélé dans Young Adult de Jason Reitman. C’est peut-être le fil rouge du titre original qui se montre le plus mordant tout au long de cette histoire, A Million Ways to Die in the West. Albert déteste son époque où l’on peut mourir à chaque coin de rue, pour des raisons parfois stupides : c’est ainsi que l’on pourra voir des personnes trouver la mort de façon aussi horrible qu’inattendue, d’un photographe embrasé par son propre appareil à un pauvre homme écrasé par de la glace. Livrant un film esthétiquement fade, MacFarlane se creuse plus la tête sur les apparitions et clins d’oeil à insérer plutôt que sur des questions de mise en scène, agissant plus en créateur d’univers que de réalisateur. Au final, cette parodie de western expose toutes les lacunes dont fait preuve Seth MacFarlane pour devenir une référence en matière de comédie au cinéma. Espérons que la leçon soit retenue pour Ted 2, annoncé en 2015.

2.5 étoiles

 

Albert à l’Ouest

albert-ouest-afficheFilm américain
Réalisateur : Seth MacFarlane
Avec : Seth MacFarlane, Charlize Theron, Neil Patrick Harris, Amanda Seyfried, Giovanni Ribisi, Sarah Silverman, Liam Neeson
Titre original : A Million Ways to Die in the West
Scénario de :
Durée : 116 min
Genre : Western, Comédie
Date de sortie en France : 2 juillet 2014
Distributeur : Universal Pictures International France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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