[Critique] Silent Hill Révélation 3D (Michael J. Bassett)

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Six ans après le succès de Silent Hill, honnête adaptation du célèbre jeu vidéo de survival-horror réalisé par Christophe Gans, le cinéma replonge dans cette saga avec une nouvelle équipe technique. Un second opus tout simplement catastrophique.

Jeu profané

Silent Hill : Révélation 3D est le projet de suite voué à l’échec par excellence : le réalisateur du premier épisode n’est plus de la partie (Christophe Gans) et les scénaristes ne sont pas conviés à poursuivre leur travail d’adaptation (Gans et Roger Avary). Ces derniers n’avaient pas réalisé une œuvre exceptionnelle avec Silent Hill, mais le travail d’adaptation rendait un bel hommage à l’œuvre créée par Keiichiro Toyama, notamment dans une première partie qui retranscrivait avec brio le climat d’angoisse et d’horreur habitant un genre vidéo-ludique n’ayant jamais été saisi ou compris par les cinéastes auparavant – comme les Resident Evil par Paul W.S. Anderson. Un jeu vidéo à l’essence cinématographique, l’excellent et terrifiant L’Echelle de Jacob d’Adrian Lyne ayant fortement influencé la saga. Mais trêve d’aparté, cette fois, tout est entre les mains de Michael J. Bassett, ne s’attaquant pas une adaptation du jeu Silent Hill 2 mais à un remaniement plutôt confus et bancal du premier et du troisième épisode. Un retour dans la bourgade fantomatique de Silent Hill avec les poches trouées : bénéficiant d’un budget de 20 millions de dollars (le premier épisode disposait de 50 millions), le film de Bassett se montre dans l’impossibilité de renouer avec les impressionnants décors du premier film. Les effets numériques, nombreux, participent à envoyer le film dans la catégorie des séries Z cherchant à viser trop haut.

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Evidemment, ce n’est pas simplement sur des lacunes plastiques que Silent Hill : Révélation 3D constitue un lourd raté. Le scénario, qui conduit Heather Mason (Adelaide Clemens) à retourner à Silent Hill pour sauver son père des griffes d’une secte use de nombreux détours inutiles. Jamais une atmosphère oppressante ne vient s’installer parmi l’épais brouillard caractéristique de la ville, et le bestiaire tient plus de la simple curiosité que de l’horreur pure et dure. Bassett oublie que l’angoisse d’un survival-horror tient de l’isolation du joueur, un fait qui devrait se traduire par l’isolation du protagoniste au cinéma. Il trace alors un parcours profondément pauvre sur tous les plans, où sont venus se perdre Malcom McDowell et une méconnaissable Carrie-Anne Moss. Il y a ici un prolongement des errances de la seconde partie de Silent Hill, où la présence humaine et les dialogues s’avéraient trop présents, allant à l’encontre de l’épouvantable solitude qui devrait habiter le film d’un bout à l’autre. La révélation du titre n’est qu’un mirage et ce triste navet laisse sans surprise les éléments nécessaires à la production d’un autre long métrage. Dans cette optique, il faut espérer que Silent Hill ne devienne pas l’officine de cinéastes en manque d’idée.

0.5 étoile

 

Silent Hill Révélation 3D

silent-hill-revelation-3D-afficheFilm français, canadien
Réalisateur : Michael J. Bassett
Avec : Adelaide Clemens, Kit Harington, Carrie-Anne Moss, Sean Bean, Radha Mitchell, Malcolm McDowell, Martin Donovan
Scénario de : Michael J. Bassett, Laurent Hadida, d’après un jeu vidéo de Konami
Durée : 94 min
Genre : Epouvante, Horreur
Date de sortie en France : 28 novembre 2012
Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 28 mars 2013
Distributeur : Metropolitan FilmExport


Bande Annonce (VO) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Rien a dire, j’ai regardé les 3 premières minutes, et j’ai effacé le film….
    Ce qui rend le 1er inestimable, mais surtout confirme que Silent Hill 2 le jeu est un véritable chef-d’œuvre.

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