[Critique] World War Z (Marc Forster)

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Invasion planétaire de zombies pour un Brad Pitt omniprésent, c’est World War Z de Marc Forster. Un film pandémique qui possède le potentiel nécessaire pour briller mais passe bêtement à côté de la concrétisation.

Hécatombe tout public

A l’origine de ce film qui a connu de nombreux problèmes de production, qui auraient pu tuer le projet, World War Z est un roman à succès de Max Brooks – dont je ne suis pas familier. Le bouquin est réputé pour l’originalité du point de vue offert : il est mondial, au travers de plusieurs personnages. Ici, grâce à l’intervention de quatre scénaristes – eh oui, rien que ça ! -, le point de vue reste planétaire mais il ne tient que du regard d’un seul personnage, Gerry Lane, campé par Brad Pitt. Sur l’affiche du film, que ce soit la version américaine ou française, la star hollywoodienne nous tourne le dos, contemplant une ville dans le chaos. Il incarne directement le dernier espoir de l’humanité, un peu comme Will Smith dans Je suis une légende, à la différence que Brad Pitt traverse la pandémie en témoin héroïque, aux quatre coins du globe. C’est là que se trouve la première erreur du film, faire d’un ancien employé de l’ONU l’unique espoir de l’espèce humaine alors que chaque pays organise différemment la survie d’une partie de sa population. Le nouveau long métrage de Marc Forster a le mérite de débuter dans le feu de l’action, ou un embouteillage dans les rues de Philadelphie tourne au carnage. Un carnage qui a la particularité d’être étonnement propre pour un film de zombies. Les gouttes de sang versées tout au long d’une œuvre qui présente des milliers de morts vivants affamés ne pourraient pas remplir une canette de Pepsi – le placement de produit le plus rigolo du film ! Même l’amputation dans l’urgence d’une main ne tâchera pas les sapes des personnages. Evacué avec sa petite famille sur un porte-avion américain où l’on semble passer son temps à téléphoner un peu partout pour prendre des nouvelles, Gerry se voit confié, avec un jeune scientifique, la mission de trouver un moyen d’enrayer la pandémie en remontant à sa source, probablement en Corée du Sud. Débute alors un rocambolesque tour du monde.

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Maladroitement, World War Z tente de se dresser comme un film somme du genre, plongeant son protagoniste dans toutes les situations typiques avec pour leitmotiv de rester en mouvement, seule chance de survivre. Si l’on écarte l’avarice en chair meurtrie et effets gores, le film offre quelques scènes très réussies, haletantes, bénéficiant d’une réelle énergie à défaut d’une mise en scène séduisante. Depuis Quantum of Solace, Marc Forster semble dans la tourmente, son précédent film, Machine Gun, étant sorti directement en vidéo au début de l’année en France. Une chose se confirme à nouveau : ce n’est pas un réalisateur capable de porter à l’écran un film comportant des scènes d’action. La première partie, à Philadelphie, est catastrophique en terme de cadrage et de découpage. Ajoutez à cela une exploitation inutile en 3D et l’on obtient un tableau peu reluisant. Toutefois, au fil des minutes et des périls rencontrés par Gerry, la caméra de Forster se montre de plus en plus sage, permettant une meilleure lisibilité de l’action. Mais une sensation de gâchée subsiste, nul doute que d’autres réalisateurs auraient obtenu un bien meilleur résultat avec le même scénario. Ce dernier n’est pas dénué de nombreux défauts, que ce soit dans les grandes lignes – cet homme qui traverse la planète pour glaner des informations à l’ère des nouvelles technologies de communication – que de détails qui prêtent à sourire tant les scénaristes se soucient peu de la cohérence de certaines situations. C’est peut-être dans l’enceinte d’un état d’Israël entièrement fortifié que World War Z se montre le plus captivant. Espace qui ressemble un temps à un aride jardin d’Eden alors que les véloces morts vivants se massent contre les immenses parois dressées pour les arrêter.

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Dans sa dernière ligne droite, World War Z s’enfonce dans une conclusion qui brave la logique sans vergogne et érige Brad Pitt en papa messianique. Offrant une poignée de scènes réussies mais ne possédant pas l’essence des films de zombies, le film de Forster rentre tout simplement dans la catégorie des blockbusters formatés. Fade et stérile pour le genre, malgré les moyens déployés.

2 étoiles

 

World War Z

world-war-z-afficheFilm américain
Réalisateur : Marc Forster
Avec : Brad Pitt, Mireille Enos, Fana Mokoena, Daniella Kertesz, James Badge Dale, David Morse, Matthew Fox
Scénario de : Matthew Michael Carnahan, J. Michael Straczynski, Drew Goddard, Damon Lindelof, d’après le roman World War Z de Max Brooks
Durée : 116 min
Genre : Action, Fantastique, Epouvante
Date de sortie en France : 3 juillet 2013
Distributeur : Paramount Pictures France


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Article rédigé par Dom

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7 commentaires

  1. Dans la série ‘poncifs malheureux’ j’aimerais bien qu’un jour l’auteur de cette critique me montre les 4 coins d’un globe. Je crois que j’ai plus de chance de me faire bouffer par un zombie.

  2. C’est une image, bien sûr, et puis, je suis mauvaise langue : le cher Brad se contente de rester dans l’hémisphère Nord. J’espère aussi que vous ne finirez pas en repas pour morts-vivants.

  3. Je suis plutôt d’accord avec cette critique, le film est franchement moyen : moins original que le livre, moins nerveux que la plupart des autres films zombies… et surtout les personnages sont caricaturaux !

  4. Un peu moins dur pour ma part… Ce film ne réinvente pas le genre mais ça reste très efficace et bien foutu. La tension est bien rendue surtout dans la première moitié et même si ça s’essoufle dans la dernière partie… 2/4

  5. Certes, les raccourcis sont faciles, tous n’est pas forcément expliqué et cela reste dans un bon classique. Mais ce film n’en est pas forcément déplaisant, c’est un blockbuster grand spectacles qui permet le divertissement : n’est-ce pas là ce qu’on demande au cinéma ?

  6. Je rejoins l’avis général : ce film est divertissant, mais bourré de défauts qui gâchent le plaisir. Outre le fait qu’il soit édulcoré au possible (chose compréhensible vu le public visé), on ne peut que regretter l’énième vision archaïque de l’américain sauveur de l’humanité … Qu’il soit porteur d’espoir d’accord, de là à ce qu’il soit montré comme l’unique sauveur …
    Bref, je vous épargne un pavé, ceci étant, on voit que WWZ surfe sur la vague du zombie, et ne propose qu’une déclinaison tout public d’un genre qui ne l’est pas.

  7. Hé oui ce film est juste un divertissement un peu raté… Comment échapper à un Zombie?? le mieux est de mourir d’un affreux virus…
    Je ne connais pas le livre, mais le scénario a été écrit par un fainéant…
    Quelques belles séquences quand même, surtout dans la 1ère partie du film.
    Et puis, a quoi ça sert de trouver une solution pour ne pas se faire voir des zombies, si ces derniers représentent 99.999999999% des habitants de la Terre ????
    Le jeu de piste pour trouver la souche, le départ, est lui aussi ridicule, ainsi que toute la séquence en Israël (on se croirait dans « new-york 1997 » mais avec des gens joyeux !!
    Dommage car le film a une petite pâte visuelle intéressante.
    Quand a Brad, il trouve ici son plus mauvais rôle de sa carrière.
    Je retourne à l’excellent « The Walking dead » (la série et le jeux ) et va vraiment falloir arrêter de décimer la planète entière tous les 3 films.

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