[Critique] 21 Jump street (Lord/Miller)

Pour leur premier long-métrage (hors animation), le duo Phil Lord/Chris Miller revisite à l’aide de Jonah Hill et Michael Bacall la série TV où officiait Johnny Depp à la fin des années 1980 sous un mode parodique. Une comédie souvent vulgaire, parfois stupide, mais tellement réjouissante !

Les infiltrés

Jadis, l’un fut le gros loser du bahut, aux bulletins de notes brillants comme l’éclat de ses bagues dentaires ; l’autre était l’athlète sculpté comme un apollon, abonné aux interrogations ratées. Réunis à la police academy, Schmidt (Jonah Hill) et Jenko (Channing Tatum) vont alors construire une solide amitié, basée sur leur complémentarité. Mais leur rêve de courses poursuites palpitantes ne s’exaucera pas : les patrouilles à vélo pour réprimander clochards et gamins farceurs sont leur triste quotidien, jusqu’au jour où une mission d’infiltration change leur destin. Ainsi 21 Jump street retrouve la trame principale de la série TV, en plongeant des agents aux visages d’éphèbes parmi des lycéens pour remonter tout un réseau de trafic de dangereux stupéfiants. Jouant sur le classique mais toujours efficace duo de personnages antagonistes, cette comédie s’inscrit directement dans la lignée d’un Superbad ou d’un Frangins malgré eux : acteurs charismatiques plongés dans des situations absurdes ou burlesques, enchaînant des logorrhées d’obscénités d’une drôlerie parfois insoutenable, sans toutefois négliger la part d’émotion et de bon fond qui s’arrête à l’amitié fraternelle. Une amitié fraternelle qui est explicitement jouée ici : Schmidt et Jenko doivent prétendre être frères mais, suite à un quiproquo, leurs fausses identités se sont retrouvées inversées. Pour ce retour à l’école, Schmidt est donc confronté au sport et au théâtre tandis que Jenko bouillonne en chimie appliquée.

Si Jonah Hill n’a plus rien à prouver de son potentiel comique – ayant même démontré au fil des années qu’il n’est pas simplement le gros rigolo des comédies Apatow, notamment dans Cyrus et Le Stratège –, c’est Channing Tatum qui réserve une véritable surprise en intégrant parfaitement cet univers grivois qui ne connaît aucune limite dans son étalage de sottise. Que faire face à son personnage, défoncé, débarquant aux répétitions de l’orchestre du lycée pour le voir se jeter tête première sur un gong en hurlant « Fuck you Miles Davis » ? Rire – ou regretter sa séance de cinéma ! Car si l’humour déployé est loin d’être fin, un violent plaisir procède de l’accumulation de gaffes et de vannes qui constitue ce film non dénué d’une jolie morale sociale, derrière l’histoire d’amitié : en revisitant le lycée sous le mode de l’inversion des rôles, 21 Jump street donne également à ses protagonistes une seconde chance, là où ils ont échoué durant leur scolarité, car engoncés dans leur propres stéréotypes. Tout est question de volonté, de persévérance, et d’acceptation des différences. Si Phil Lord et Chris Miller ne se montrent pas aussi à l’aise derrière la caméra qu’un Judd Apatow ou Adam McKay, ils livrent là une parodie qui réussit où les comédies américaines de l’an passé échouaient : s’assumer comme un divertissement fun et puéril, sans morale conformiste ennuyeuse, annihilant tous les écarts entrevus au cours du film – comme Echange standard ou Comment tuer son boss ? Une surprise délicieuse, avec son quota d’originalités et de bévues qui en font tout son charme.

4 étoiles

 

21 Jump street

Film américain
Réalisateur : Phil Lord, Chris Miller
Avec : Jonah Hill, Channing Tatum, Brie Larson, Dave Franco, Ice Cube, Rob Riggle
Scénario de : Michael Bacall et Jonah Hill, d’après la série TV de Patrick Hasburgh et Stephen J. Cannell
Durée : 109 min
Genre : Comédie, Policier
Date de sortie en France : 6 juin 2012
Distributeur : Sony Pictures Releasing France


Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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3 commentaires

  1. Enième adaptation irrespectueuse ! Pourquoi reprendre un titre culte si c’est pour ça ?! Autant créer un nouveau film… Pognon est la seule excuse. Car qu’est-ce d’autre que American Pie+ Police academy ?!… Bref pas folichon malgré un tatum qui s’ens ort merveilleusement bien… 2/4

  2. Je ne sais pas si le pognon est la motivation principale : aujourd’hui, à qui parle un titre comme « 21 jump street » ? Pas les moins de 24 ans, ni les plus 40 ans ? Quant à l’esprit, à mon humble avis, on est plus dans la lignée des Apatow et films où apparait Will Ferrell qu’un croisement American Pie + Police Academy.

  3. C’ets marrant je sentais que ce film pouvait etre une bonne surprise , et bien écoute dom ta chronique ma convaincu 🙂

    Romain

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