[Critique] Un Jour (Lone Scherfig)

Un Jour est un roman à succès de David Nicholls, suivant, au fil des années, l’évolution de la relation d’Emma et Dexter, deux êtres sous le joug d’un amour qui manque de se concrétiser malgré l’attraction mutuelle. C’est la danoise Lone Scherfig, réalisatrice d’Une Education, qui dirige le couple formé par Anne Hathaway et Jim Sturgess dans cette romance sans relief.

Une chronique ordinaire

Le fameux jour, c’est le 15 juillet, Saint Swithin en Angleterre, dont la légende veut qu’il pleuve durant 40 jours si la pluie s’est invitée en cette fatidique journée ou bien, au contraire, que le beau temps règne 40 jours si les parapluies sont restés sous les toits. Mais peu importe pour le spectateur et Dexter (Jim Sturgess), qui a oublié la nature de cette croyance, puisque le nouveau long-métrage de Lone Scherfig progresse de façon elliptique, d’un 15 juillet au suivant, à partir de 1988, année où Emma (Anne Hathaway) et Dexter, fraichement diplômés, manquent de coucher ensemble. Entre ces deux êtres, tenus à distance par la timidité de l’un et la frivolité de l’autre, il y a pourtant un lien fort, une complicité qui nait dans les contrastes. Leurs routes se séparent, momentanément, mais une profonde amitié démarre pour les réunir au fil de leur vie.

Le problème de cette fresque sentimentale, qui ne tranche jamais entre la comédie et le drame, émaillée de références à la culture populaire, est de raconter, en parallèle, des parcours ordinaires. Premier job détestable, voyage en France, relations amoureuses plates, mariages, disputes conjugales, succès et déchéance, les destins des deux protagonistes d’Un Jour sont tout à fait triviaux. Ni le jeu des comédiens, ni la réalisation propre de Lone Scherfig permettent à cette romance de quitter les sentiers battus. Il manque un angle d’approche, une direction nette qui aurait pu soulever des problématiques, ou bien, plus simplement, de rendre l’ensemble vibrant. En l’état, le film flirte avec la mièvrerie lorsque Dexter et Emma sont ensembles, lors des rapprochements possibles, et Un Jour se montre plus intéressant au niveau individuel, lorsque ces deux personnages font face à leur vie loin de l’être aimé (inconsciemment). Au cours d’un épilogue fantomatique, on s’interroge sur le message que voulait faire passer David Nicholls, qui a adapté lui-même son roman pour le cinéma. Faut-il profiter de chaque jour comme s’il s’agissait du dernier ? Ou bien nos destins tiennent-ils du hasard ? Quoi qu’il en soit, l’éventuelle morale d’Un Jour ne s’écarte pas de la banalité du film.

2.5 étoiles

 

Un Jour

Film américain
Réalisatrice : Lone Scherfig
Avec : Anne Hathaway, Jim Sturgess, Patricia Clarkson, Romola Garai, Ken Stott
Titre original : One Day
Scénario de : David Nicholls
Durée : 108 min
Genre : Drame, Romance
Date de sortie en France : 24 août 2011
Distributeur : SND


Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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5 commentaires

  1. Tu vas au cinéma tout les jours ? Tu as un abonnement illimités j’espère, sinon bonjour les frais n_n

    J’avais tellement aimé Love & Autres drogues, que j’ai du mal à imaginer Hathaway avec quelqu’un d’autre que Gyllenhaal maintenant.

    De plus en voyant la bande d’annonce je crains une sorte de remake americain de « jeux d’enfants »

    Il faudrait que je le regarde pour en juger.

  2. J’aimerais bien aller au cinéma tous les jours 😉 Disons qu’il m’arrive d’en voir parfois 2 ou 3 dans la même journée, et souvent en avant-première. Aussi, cette année, j’ai eu la chance d’aller à Cannes, j’ai donc beaucoup de chroniques sous le coude ! Mais dans le cas présent, il s’agissait d’une avant-première, il y a environ 3 semaines, mais avec un embargo jusqu’à aujourd’hui.

    Alors je n’ai ni vu Love & Autres drogues, ni Jeux d’enfants. Je ne pourrais donc pas comparer. Je suppose que les personnes friandes en romance devraient trouver leur compte, mais il n’y a vraiment rien d’original ici.

  3. Tu es trop doux. Ce film est raté. On ne tombe pas sous leur charme, on ne se sent concernés ni par leur galères professionnelles ni leurs foirages affectifs; bref, c’est un film à éviter si on n’est pas des admirateurs aveugles des interprètes principaux.
    Sur ce, je repars faire ma troll ailleurs!

  4. @Aurore : oh c’est sympa, c’est la première fois qu’on me dit que je suis trop doux avec un film 😉 Pourtant, je n’ai pas d’atomes crochus avec Hathaway ou Sturgess.

  5. Le film est un cliché de bout en bout, seules les reconstitutions des différentes époques valent le coup.

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