Test Blu-ray : Sátántangó

Fiche Technique :

Sátántangó – Le Tango de Satan (1994) réalisé par Béla Tarr
Avec : Mihály Vig, Putyi Horváth, László feLugossy, Éva Almássy Albert, János Derzsi, Erika Bók
Titre original : Sátántangó
Durée : 439 min
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Hongrois DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Format d’image : 1.66:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

Synopsis :

Dans un village perdu au coeur de la plaine hongroise, les habitants luttent quotidiennement contre le vent et l’incessante pluie d’automne. Dans la ferme collective démantelée et livrée à l’abandon, les complots vont bon train lorsqu’une rumeur annonce le retour de deux hommes passés pour morts. Bouleversés par cette nouvelle, certains habitants y voient l’arrivée d’un messie, d’autres celle de Satan…

Le film :

Œuvre légendaire du cinéma hongrois, la réputation de Sátántangó tient en partie de sa durée exceptionnelle puisque le film, scindé en trois parties, s’étend sur 7 heures et 19 minutes – et pour rester dans son atmosphère, il est plus que recommandé de voir les trois parties à la suite. On ne saura que conseiller aux néophytes de Béla Tarr de commencer par des œuvres plus courtes, comme Damnation ou Les Harmonies Werckmeister, qui permettront de pénétrer en douceur au cœur de ce style cinématographique, exploration de la désolation au travers de plans longs, extrêmement soignés, dans un noir et blanc détaillé, qui lie les éléments par ses différentes profondeurs de noir.

Adaptation du roman éponyme de László Krasznahorkai, Sátántangó n’est pas un film avec une narration conventionnelle : se penchant sur les membres d’une communauté agricole isolée, comme hors du monde et du temps dans la grande plaine hongroise, le film commence par nous montrer une même journée au travers de différents personnages, avec pour nœud central une scène de tango, dans l’ivresse d’un bistrot qui introduit du burlesque au cœur des ténèbres. En glissant dans la boue, les bâtiments délabrés et parmi les êtres cabossés, Béla Tarr compose un univers rural unique, texturé, marqué par le temps, battu par la pluie. Si les chapitres sont distendus, chaque scène refuse l’ellipse et montre les actions des personnages dans toute leur durée. Hypnotique et énigmatique, le film se montre parfois sentencieux – et s’il se veut contemplatif, ce long métrage connaît aussi quelques soliloques et logorrhées – mais souvent merveilleux : certains plans ou plus précisément certains plans-séquences semblent avoir été composés grâce aux outils qui forgent les songes. Si les grilles de lecture du film sont multiples, qu’on l’approche avec des perspectives politiques, sociales ou religieuses, ou en piochant dans tous ces domaines, Sátántangó se referme avec de nombreux mystères. Une seule certitude : pour les spectateurs qui ont le courage de s’y consacrer, les voilà assurés de vivre une expérience de cinéma unique, aussi exigeante que gratifiante.

 

Le Blu-ray

– Image :

Suite à une restauration en 4K, ce transfert blu-ray salue parfaitement le travail si soigné du chef opérateur Gábor Medvigy : ce noir et blanc en 35 mm est absolument fabuleux de détails, jouant sur des nuances de noir peu contrastées. Il en ressort un sentiment permanent d’apocalypse, avec ces travellings qui pourraient ne jamais s’arrêter, ces mouvements circulaires d’une extrême souplesse, sans le moindre signe d’hésitation. Réparti sur deux disques (les parties 1 & 2 sont sur un même disque), Sátántangó expose toute la profondeur de ses qualités formelles, des gros plans ultra détaillés sur ces êtres perdus à leur cheminement dans les steppes où l’infini de l’horizon apparaît comme un châtiment. Les plans nocturnes sont à couper le souffle tant les sujets ressortent des abysses avec précision : le cheminement de la petite Estike, le travelling dans le manoir vers un animal ailé sont autant de plans dont la composition et la beauté peuvent hanter longuement après le film ! Sans trace du temps ni de défaut notable, le film titanesque de Béla Tarr présente son plus beau visage.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Le mixage mono original a été conservé et s’il est vrai qu’une piste audio spatialisée aurait pu rendre le vent et les cloches encore plus inquiétantes, on peut se montrer satisfait de voir le film présenté comme il fut pensé et travaillé dans les années 1990. La voix-off se détache parfaitement tandis que les musiques inquiétantes et baroques de Mihály Vig occupent l’espace central avec les dialogues. Si certains effets sonores sont datés, ils sont restitués sans souci. Modeste mais irréprochable.

– Bonus :

Chaque partie du film peut être lancée avec une préface de Damien Marguet, maitre de conférences au département Cinéma de l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Ces préfaces durent de 4 à 5 min.
– Entrez dans la danse (30 min, en HD) : genèse et analyse du film par Damien Marguet.

 

Film :
4 étoiles
Image:
5 étoiles
Son :
5 étoiles
Bonus :
2.5 étoile
Avis Global :
4 étoiles
Article rédigé par Dom

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